Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

La fin de la culture générale fait-elle disparaitre les discriminations ou, au contraire, la commune humanité ?

Entretien avec Chantal Delsol, de l’Académie des sciences morales et politiques, invitée de Damien Le Guay
Chantal Delsol et Jean-François Mattei ont signé, le 4 janvier 2012, une tribune dans Le Figaro intitulé « Sciences-po-Paris ou l’inculture générale ». Il se trouve que l’Institut d’études politiques de Paris a décidé, il y a peu, de supprimer, dans les examens d’entrée, l’épreuve presque mythique de culture générale - dite épreuve de « culture-gé ». Pourquoi ?


Télécharger le fichier sur votre ordinateur
Références émission afficher
Émission proposée par : Damien Le Guay
Référence : vue525
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/vue525.mp3
Adresse de cet article :
Date de mise en ligne : 19 février 2012

Par souci d’égalité alors même que cette épreuve, et les connaissances qu’elle requiert, sont considérés, par Richard Descoing, directeur de l’établissement, comme discriminatoires. Ceux qui viennent de milieux « bourgeois » auraient plus de facilités, plus d’aisance, plus d’habitude pour naviguer au milieu de références culturelles avec une sorte de désinvolture érudite. Alors il est préférable, pense-t-il, de miser sur « le dossier », les « engagements » du candidat ainsi que « sa personnalité ». Tout ceci reprend le thème développé depuis les années 1960 d’une « reproduction sociale » par l’éducation – pointée du doigt et dénoncée par Pierre Bourdieu.

Chantal Delsol, 21 mars 2011, Académie des sciences morales et politiques
Chantal Delsol, 21 mars 2011, Académie des sciences morales et politiques
© Canal Académie

Qu’en pense Chantal Delsol, philosophe, membre de l’Institut (Académie des sciences morales et politiques) professeur d’université, élève de Julien Freund, grande lectrice de Hannah Arendt et de Jan Patocka ? Elle qui sonde, de livres en livres, le désarroi de nos contemporains.

Pour elle, il y a là rétrécissement de l’horizon de pensée, limitation de ce que nous avons en commun, accent mis sur les expériences individuelles plus que sur sa capacité de réflexion. Réduire l’importance de la culture générale, c’est, pour elle, privilégier l’individu au détriment de l’héritage culturel reçu, héritage que nous devons reprendre à notre compte pour mieux nous inventer.

Damien Le Guay


- Consultez la fiche de Chantal Delsol, philosophe, membre de l’Académie des sciences morales et politiques

- Signalons que sur ce même sujet, l’académicien Jean-Claude Casanova -qui est président de la Fondation nationale de sciences politiques- a également publié son point de vue -totalement opposé à celui de Chantal Delsol- dans Le Figaro du 3 février 2012. Il juge le mot "culture générale" tellement vague qu’il préfère une sérieuse dissertation sur l’histoire plutôt qu’une dissertation "d’ordre général" pour apprécier le discernement, la clarté d’esprit et la qualité de l’expression du candidat.

- Retrouvez Chantal Delsol sur Canal Académie

- Suivez les débats entre les philosophes Jean-François Mattéi et Damien Le Guay sur Canal Académie






© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Commentaires