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La matière et l’esprit dans « l’univers figuré » du peintre Jean Bertholle, de l’Académie des beaux-arts

Les peintres du XXe siècle : la chronique de Lydia Harambourg, correspondant de l’Académie des beaux-arts

La peinture de Jean Bertholle (1909-1996) procède de la tangible révélation d’une lumière dans l’obscurité. Ainsi, vers la fin des années soixante, alors que l’on cite son nom parmi les peintres abstraits de la Nouvelle École de Paris, à côté de ceux de Bazaine, Estève, Le Moal, Manessier ou Singier, choisit-il contre toute attente de revenir à des formes figurées. L’histoire de ce peintre, membre de l’Académie des beaux-arts et de son retour paradoxal à la figuration, par Lydia Harambourg.


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Figure majeure de la Nouvelle Ecole de Paris qui se cristallise avant la guerre, Jean Bertholle a vécu la peinture comme une aventure spirituelle. Le verbe et l’image scellent un monde où la nature demeure le fondement de la création.

« Je regarde la nature, mais le sujet (du tableau) est à l’intérieur de moi-même...Les forces de l’ombre y combattent sans merci celles de la lumière...Je ne peins pas des idées, mais la vérité des émotions que je ressens ...La lumière est toujours mon but ».

La lumière, un mot-clef pour entrer dans l’œuvre de Bertholle.
Né à Dijon en 1909, il est attiré très jeune vers la peinture sous l’influence de son père, peintre amateur. Les Beaux-Arts de Dijon puis de Lyon où il passe deux années (1928-30) lui donnent la conscience du métier dont il parfait toutes les connaissances à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris dans l’atelier de Paul-Albert Laurens. Rigueur, discipline, participent de son engagement, vécu comme le combat de Tobie et l’ange de Delacroix qu’il admire, dans la chapelle des Saints-Anges à Saint-Sulpice, dans une indépendance jamais relâchée pour une croisade intérieure comme l’écrit Pierre Dehaye.

L’académisme de ses débuts est bousculé par sa découverte de Manet qu’il découvre lors d’une rétrospective du peintre de la modernité à l’Orangerie en 1932. Ingres est l’autre référence pour celui qui pratiquera le dessin toute sa vie comme expression la plus probante de son art, mais aussi les Vénitiens, et plus particulièrement Le Tintoret dont il copie les peintures du cycle de Saint Marc.





C’est par son ami Etienne-Martin rencontré à Lyon que Bertholle entre en relation avec Roger Bissière, responsable d’un cours de peinture à l’Académie Ranson. En 1934, Bissière y ouvre un atelier de fresque. Bertholle expose à l’Académie Ranson où il poursuit son initiation sous l’attention confraternelle de Bissière qui lui révèle ce qu’il pressentait intuitivement : « le noir est une couleur ». Entre les deux hommes naît une amitié profonde qui ne se démentira pas.

La conquête de son langage passe par des étapes, non(...)


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