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Jacques Despierre, le peintre architecte (1912-1995)

Les peintres du XXe siècle : la chronique de Lydia Harambourg, correspondant de l’Académie des beaux-arts

Il n’a jamais partagé le pessimisme des voix qui proclamaient au nom des jeunes talents : « Picasso a ouvert toutes les portes et les a toutes refermées derrière lui ! Il n’y a plus rien à dire, plus rien à inventer. » Jacques Despierre croyait à sa peinture, il se sentait prêt à lui consacrer sa vie. Telle est l’évocation de Jacques Despierre par le peintre ChuTeh-Chun, son successeur à l’Académie des beaux-arts en 1999. Pour l’heure, écoutez la chronique de Lydia Harambourg consacrée à Jacques Despierre, "le peintre architecte" comme elle le nomme si justement, élu à l’Académie des beaux-arts en 1969.


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Jacques Despierre, né à Saint-Etienne en 1912, s’inscrit, tout comme son confrère et ami Georges Rohner, dans la lignée des peintres de tradition française. Son esprit d’indépendance, un sens naturel de l’harmonie, l’éloquence du regard et un humanisme chaleureux n’ont cessé d’animer celui qui pensait architecture et couleur.

Le peintre architecte

Prédisposé à l’étude de l’art par son père, le peintre Céria, homme cultivé, artiste aussi doué pour la peinture que pour la musique, qui encourage ses prédispositions précoces, il est très jeune confronté aux chefs-d’œuvre du musée du Louvre : Chardin, Corot et Delacroix qui restera un modèle. Inscrit en 1927-1928 à l’Académie Colarossi, dont l’enseignement libre va à l’encontre de l’art officiel, il a pour disciple Charles Dufresne. Il reconnaît devoir sa vocation à cette rencontre et être entré sur ses conseils à l’école des Beaux-arts dans l’atelier de Lucien Simon en 1929. Il y fait la connaissance de Rohner. L’amitié, celle de Gruber, Tailleux, Tal Coat, Brayer, Lasne et surtout celle de Rohner, de Humblot et de Gromaire avec lequel il entretint une correspondance féconde et auquel il succèdera en 1962 au poste de chef d’atelier d’art mural à l’Ecole des Arts Décoratifs, joue un rôle insigne pour cette génération. Acquise aux grands principes de l’art classique, au retour du sujet, elle vit dans « un climat de liberté qui m’a toujours hanté » a confié Despierre. Dans les galeries, il découvre Cézanne, et toujours dans la continuité d’un art construit Picasso, Braque, Derain, mais aussi Bonnard. Jacques Villon qu’il rencontre dans son atelier le marque tout particulièrement. Héritier du cubisme, le maître de la Section d’Or lui en révèle « la divine harmonie » dans une géométrie sensible des formes sans réfréner l’émotion.








Recréer la nature par la construction



Sa préoccupation d’un travail solide l’oriente immédiatement vers une recherche d’équilibre alliée à une discipline indéfectible. Son intérêt plastique et visuel est retenu par les principes d’organisation de surface. Grâce à l’architecte Jean-Charles Moreux, il découvre que « la surface est à la fois un phénomène(...)


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