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La compétitivité, clef de l’avenir ?

L’économiste Philippe Jurgensen livre quelques pistes pour dynamiser la performance française

Dans cette chronique, Philippe Jurgensen, après un constat rapide parce que facile à établir, donne des pistes pour dynamiser la compétitivité de notre pays. Cette dernière, sérieusement entamée, ne se regagnera pas en un jour ni par quelques mesures isolées. Elle a besoin d’une action volontaire et cohérente de tous. Les candidats à la Présidence de la République ont bien raison de placer ce souci au premier rang des préoccupations. Une réflexion indispensable au moment où la perte des AAA inquiètent les Français.


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La compétitivité de notre pays, sujet essentiel mais bien oublié depuis des années, est revenue au cœur du débat public en cette période pré-électorale. De multiples rapports, dont dernièrement celui de la Conférence nationale de l’Industrie, se sont penchés sur les causes de notre moindre performance sur les marchés mondiaux -hélas indéniable - et sur les remèdes à y apporter. Les professions de foi et propositions des candidats à la Présidence de la République placent ce souci au premier rang. A juste titre, car c’est de notre compétitivité que dépendent nos possibilités de croissance et d’emploi, les moyens de faire face à nos dettes – et plus largement, le rang de la France. Quelle voix pourrait faire entendre une nation appauvrie, enfoncée dans le surendettement et surclassée ?


Le constat n’est hélas que trop facile à établir…

1. La France perd continûment des parts de marchés, à l’exportation comme sur son marché intérieur, de plus en plus envahi par des produits étrangers faute de produits français suffisamment compétitifs. Notre pays représentait encore il y a dix ans près de 6% des exportations mondiales en valeur ; ce chiffre est tombé à 3,5% et continue à baisser ; nous avons ainsi perdu plus du tiers de nos parts de marché mondiales. Certains seront tentés d’incriminer l’«euro fort» ; il est loin d’être la cause essentielle, puisque notre part dans les exportations des pays de la zone euro, dotés de la même monnaie, a reculé de cinq points en dix ans (13% en 2009 contre 18% en 1999) ; l’Allemagne, dans le même temps, accroissait ses parts de marché en Europe, tandis qu’elles ne reculaient que légèrement à l’échelle mondiale. Nos autres voisins font mieux que nous – certains, comme les Pays-Bas, l’Espagne, la Belgique, accroissent même leur part dans les exportations de la zone euro. Hors Euroland, un seul pays européen a une performance à peu près aussi mauvaise que la nôtre : la Grande-Bretagne, qui n’a donc aucunement bénéficié d’avoir laissé le cours de la livre sterling se dévaluer.

2. Notre commerce extérieur est en déséquilibre de plus en plus marqué : le déficit extérieur a atteint 75 Mds d’euros en 2011, soit près de 4% du PIB, chiffre largement supérieur aux précédents records du début des années 1980. L’écart entre les soldes commerciaux extérieurs(...)


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