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Notice sur la vie et les travaux de Pierre Messmer par Jean-Claude Trichet
Séance de l’Académie des sciences morales et politiques du lundi 5 décembre 2011
Jean-Claude Trichet, élu le 22 février 2010 au fauteuil précédemment occupé par Pierre Messmer, a prononcé, comme il est d’usage, un discours en forme d’hommage à son prédécesseur. Il a retracé le parcours et l’oeuvre de Pierre Messmer en quatre points : le combattant, l’homme d’Etat, l’académicien et l’écrivain, mais a surtout dressé un portrait intellectuel et moral d’un homme dont la vie a été marquée par l’engagement et le courage.
Jean-Claude Trichet a tout d'abord rappelé combien la mémoire de Pierre Messmer reste vibrante à l'Institut de France dont il fut Chancelier : "Dans ce Palais de l’Institut, il suffit de prononcer le nom de Pierre Messmer pour éveiller une profonde émotion. Il est au premier rang dans la mémoire de ses confrères, premier rang où tous ses contemporains l’avaient placé."
Puis, devant ses confrères de l'Académie des sciences morales et politiques mais aussi devant de nombreuses personnalités invitées, il a précisé la manière dont il allait tracer ce portrait de Pierre Messmer : "en quatre temps" : "Voici un homme qui a été secrétaire perpétuel de notre Académie et chancelier de l’Institut. Un homme qui a été ministre et Premier ministre. Un homme qui a été gouverneur des colonies. Un homme qui avant d’être gouverneur, Premier ministre et chancelier avait livré « tant de batailles » sur tant de fronts pour que la France soit libre. Évoquer les quatre vies de Pierre Messmer, celle du héros combattant, celle du gouverneur outre-mer, celle de l’homme d’État et celle de l’académicien, chancelier de l’Institut est un défi en soi. C’est dire que j’ai besoin de toute votre indulgence au moment où je commence, selon la formule réglementaire, à donner « lecture de la notice sur la vie et les travaux » de Pierre Messmer".
Un mot cependant sur l'enfance : "Au commencement était, déjà, la patrie. Le grand père de Pierre Messmer, paysan du Bas-Rhin, avait quitté sa terre pour continuer de vivre sur le sol de la France après la défaite de 1870 : il devint cocher des omnibus hippomobiles de Paris. À la génération suivante, le père de Pierre Messmer est devenu « un bourgeois », par une ascension sociale dans l’industrie « à force de travail et d’intelligence ». Pierre naît à Vincennes en 1916. Jeune adolescent déjà, il est attiré par des horizons plus lointains. « J’aimais, écrira-t-il, la mer et je rêvais de l’outre-mer. .."
Et quand la guerre éclate :(...)
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