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Les musées sont des mondes par Jean-Marie Le Clézio, invité du Louvre

Une chronique de Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Académie des Beaux-Arts

Le musée du Louvre invite cette année Le Clézio à poser son regard sur les collections du musée jusqu’au 6 février 2012. Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Académie des beaux-arts, vous fait découvrir la diversité des œuvres retenues par le prix Nobel de littérature 2008. Les époques, les civilisations, les styles, les sensibilités se mélangent pour créer un « musée monde »...


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« Haine de la peinture, écrivait, en 1971, dans Haï, le futur prix Nobel de littérature, ces effigies glacées sans relief, sans mouvement, sans odeur, sans chaleur, ces monceaux de cadavres de femmes nues, de fruits et de fleurs, de visages, de paysages, à quoi servent-ils ? Que veulent-ils ? Ils ne sont là que pour témoigner de l’impuissance de l’individu, de son désir de dominer et de sa peur de la mort.» Mais il faut pousser plus loin la lecture de Haï : une quarantaine de pages plus loin, le même J-M.G Le Clézio, lui, « l’Indien », reprenait, modifiait son credo esthétique au contact des minorités des Îles, d’Amérique ou d’Afrique : « Art pour guérir, pour sauver les hommes, pour restituer aux seules forces terrestres et cosmiques les seules formes émouvantes, les seules silhouettes qui soient compréhensibles : celles de l’homme ;(…) Art sans relâche, qui travaille, découpe, incise, écrit autour de lui les formes nécessaires en vue de la fête magique. »
C’était le même art qu’en 1989 Jean-Hubert Martin exposait au Centre Georges-Pompidou, dans Les Magiciens de la terre »
.


En 1993, J-M.G Le Cleizo écrit trois cents pages sur le couple Frida Kahlo et Diego Rivera. Il crée aussi, chez Gallimard, avec Jean Grosjean, la collection « L’aube des peuples ». Cette année, quarante ans après les contradictions de Haï, Henri Loyrette (directeur du Louvre et membre de l'Académie des beaux-arts) et Marie-Laure Bernadac se devaient de relever le défi et de choisir, comme grand invité du Louvre, J.M.G Le Clezio.



« Objets flottants, écrit Le Clezio, réunis par la vague, et poussés par le flux sur le rivage, au gré des conquêtes, des pillages, des legs et des échanges. (…) Des écueils dans un océan inconnu. Ils sont lointains, mystérieux, ils nous regardent mieux que nous les regardons. »

La vue ne suffit(...)


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