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Rentrée solennelle de l’Académie française 2011

Retransmission de la séance du 1er décembre, avec les discours d’Hélène Carrère d’Encausse, de Pierre Rosenberg et palmarès des prix par Angelo Rinaldi
La séance de rentrée solennelle de l’Académie française s’est tenue le jeudi 1er décembre 2011 sous la Coupole de l’Institut de France. Cette retransmission vous permet d’écouter le discours sur les Prix littéraires, par Angelo Rinaldi, directeur en exercice. Le Discours sur Chateaubriand élu à l’Académie française il y a deux siècles. "Chateaubriand et Napoléon" par Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel. Et le traditionnel discours sur la vertu, par Pierre Rosenberg, directeur de la séance.


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Référence : COU582
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Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida8112-Rentree-solennelle-de-l-Academie-francaise-2011.html
Date de mise en ligne : 2 décembre 2011

Angelo Rinaldi, directeur en exercice, a remis les différents prix décernés par l’Académie française.


Mesdames, Messieurs,
Au seuil d’une liste de noms qui pourrait à la fois sembler riche et longuette, comment ne pas penser à Oscar Wilde, notre voisin à deux rues d’ici, où, à l’hôtel d’Alsace, dans son exil il soupirait : « L’Angleterre a eu ma peau ; la France aura mes os. » Il avait effectué une tournée de conférences aux États-Unis. Son sujet ? Sa propre personne et son oeuvre. Mais on se lasse de tout, même de soi, bien que notre vie ne soit, au fond, qu’une rumination intérieure sans fin.

Angelo Rinaldi  de l’Académie française.
Angelo Rinaldi de l’Académie française.

Assez vite, Oscar Wilde substitua à son thème d’élection un inventaire de l’histoire des lettres dans son pays, indifférent à la chronologie, sautant sans le dire d’une époque à l’autre, les écrivains surtout saisis par l’aspect aventureux de leur vie ou par d’exemplaires malheurs. Car, vous le savez, souvent l’artiste ressemble au kamikaze qui saute avec sa bombe. Il n’était pas rare que dans quelque grange de l’Idaho ou du New-Jersey, devant un parterre de vachers – en français des coves-bois – un Lucky Luke de la localité, les pieds sur le dossier de la chaise de son voisin de devant, s’écriât avec transport : « Celui-là, pourquoi ne l’avez-vous pas emmené avec vous ? »[...]
Retrouvez ici l’intégralité de son discours


Grand Prix de la Francophonie : Abdellatif LAÂBI

Grande médaille de la Francophonie : Daryush SHAYEGAN

Grand Prix de Littérature : Jean-Bertrand PONTALIS, pour l’ensemble de son oeuvre

Grand Prix de Littérature Henri Gal (Prix de l’Institut de France) : Yasmina KHADRA, pour l’ensemble de son oeuvre

Prix Jacques de Fouchier : Francis HALLÉ, botaniste, pour ses essais

Grand Prix du Roman : Sorj CHALANDON, pour Retour à Killybegs

Prix de l’Académie française Maurice Genevoix : Alain BORER, Le Ciel et la Carte. Carnet de voyage dans les mers du Sud à bord de La Boudeuse

Prix Hervé Deluen : Moussa KONATÉ, qui oeuvre, par ses ouvrages et son travail d’éditeur, à la diffusion de la littérature francophone au Mali

Grand Prix de Poésie : Franck VENAILLE, pour l’ensemble de son oeuvre poétique

Grand Prix de Philosophie : François JULLIEN, pour l’ensemble de son oeuvre

Grand Prix Gobert : Michel WINOCK, pour Madame de Staël et l’ensemble de son oeuvre

Prix de la Biographie littéraire : Jean-Luc BARRÉ, pour François Mauriac. Biographie intime

Prix de la Biographie historique : Philippe PAQUET, pour Madame Chiang Kai-shek. Un siècle d’histoire de la Chine

Prix de la Critique : Tzvetan TODOROV, pour l’ensemble de son oeuvre critique

Prix de l’Essai : Sébastien ALLARD et Marie-Claude CHAUDONNERET, pour Le Suicide de Gros. Les peintres de l’Empire et de la génération romantique _
Prix de la Nouvelle : Thomas CLERC, pour L’Homme qui tua Roland Barthes




Prix d’Académie

- Albert BENSOUSSAN, pour l’ensemble de ses traductions

- Sue CARRELL, pour son édition de la correspondance de la comtesse de Sabran et du chevalier de Boufflers

- Alain LOTTIN, pour son édition de «  Chronique mémorial des choses mémorables par moy Pierre-Ignace Chavatte »

- Annette WIEVIORKA, pour Maurice et Jeannette. Biographie du couple Thorez _
Prix du Cardinal Grente : P. Bernard SESBOÜÉ, pour l’ensemble de son oeuvre

Prix du Théâtre : Denise CHALEM

Prix du Jeune Théâtre Béatrix Dussane-André Roussin : Alexandre de LA PATELLIÈRE et Matthieu DELAPORTE, pour Le Prénom

Prix du Cinéma René Clair : Danièle THOMPSON

La Grande Médaille de la Chanson française : David MCNEIL

Prix du Rayonnement de la Langue et de la Littérature françaises :

- Akira MIZUBAYASHI, pour Une langue venue d’ailleurs
- Association GALLICA
- Claudette HOULD, spécialiste d’histoire de l’art français
- Isabelle DAUNAIS, professeur de langue et de littérature françaises à l’université McGill de Montréal
- Rokaya Eugénie AW, directrice du Centre d’études des sciences et techniques de l’information à Dakar

PRIX DE POÉSIE



Prix Théophile Gautier : Jacques JOUET, pour L’Histoire poèmes

Médaille de bronze du Prix Théophile Gautier : Anise KOLTZ, pour Je renaîtrai

Prix Heredia : Lorand GASPAR, pour Derrière le dos de Dieu

Prix François Coppée : Jean-François LOPEZ, pour S’appuyer sur le vent. Poésies marines

Prix Paul Verlaine : Marie ÉTIENNE, pour Le Livre des recels et Haute lice

Prix Maïse Ploquin-Caunan : Jérôme LEROY, pour Un dernier verre en Atlantide

Prix Henri Mondor : Thierry ROGER, pour L’Archive du Coup de dés


PRIX DE LITTÉRATURE ET DE PHILOSOPHIE



Prix Montyon : Stéphane CHAUVIER, pour Le Sens du possible

Prix La Bruyère : Emmanuel HOUSSET, pour Husserl et l’idée de Dieu

Prix Jules Janin : Philippe BRUNET, pour sa traduction de l’Iliade

Prix Émile Faguet : Gilles PHILIPPE, pour Le français, dernière des langues. Histoire d’un procès littéraire

Prix Louis Barthou : Marc WEITZMANN, pour Quand j’étais normal

Médaille d’argent du Prix Louis Barthou : Marguerite MUTTERER, pour Le récit de Margh (1938-1945)

Prix Anna de Noailles : Colombe SCHNECK, pour Une femme célèbre

Prix François Mauriac : Thomas B. REVERDY, pour L’Envers du monde

Prix Georges Dumézil : Thora VAN MALE, pour Liaisons généreuses. L’apport du français à la langue anglaise

Prix Roland de Jouvenel : Jérôme PRIEUR, pour Rendez-vous dans une autre vie



Prix Biguet : Françoise WAQUET, pour Respublica academica. Rituels universitaires et genres du savoir (XVIIe – XXIe siècle)

Prix Ève Delacroix : Olivia ROSENTHAL, pour Que font les rennes après Noël ?

Médaille d’argent du Prix Ève Delacroix : Michel MEULDERS, pour William James

Prix Jacques Lacroix : Marc BOCHET, pour L’Âne, le Job des animaux et Carole FERRET, pour Une civilisation du cheval. Les usages de l’équidé de la steppe à la taïga

Prix Sivet : Christian SIGNOL, pour Une si belle école


PRIX D’HISTOIRE




Prix Guizot : Charles-Édouard LEVILLAIN, pour Vaincre Louis XIV. Angleterre-Hollande-France. Histoire d’une relation triangulaire 1665-1688

Médaille d’argent du Prix Guizot : Frank ATTAR, pour Aux armes citoyens ! Naissance et fonctions du bellicisme révolutionnaire

Prix Thiers : Gérard JORLAND, pour Une société à soigner. Hygiène et salubrité publiques en France au XIXe siècle

Prix Eugène Colas : Johann CHAPOUTOT, pour Le Meurtre de Weimar

Prix Eugène Carrière : Patrick MICHEL, pour Peinture et plaisir. Les goûts picturaux des collectionneurs parisiens au XVIIIe siècle

Prix Georges Goyau : Ludovic FROBERT, pour Les Canuts ou la démocratie turbulente. Lyon 1831-1834

Prix du maréchal Foch : Xavier RAUFER, pour Les Nouveaux Dangers planétaires. Chaos mondial, décèlement précoce

Prix Louis Castex : Vincent DEBAENE, pour L’Adieu au voyage. L’ethnologie française entre science et littérature et Alix DE SAINT-ANDRÉ, pour En avant, route !

Prix monseigneur Marcel : Anne-Marie LECOQ, pour Le Bouclier d’Achille. Un tableau qui bouge

Médaille d’argent du Prix monseigneur Marcel : Étienne VAUCHERET, pour Brantôme mémorialiste et conteur

Prix Diane Potier-Boès : Henri DE WAILLY, pour Liban, Syrie. Le mandat 1919-1940

Prix François Millepierres : Catherine BAROIN, pour Se souvenir à Rome. Formes, représentations et pratiques de la mémoire

Médaille d’argent du Prix François Millepierres : Nicolas LYON-CAEN, pour La Boîte à Perrette. Le jansénisme parisien au XVIIIe siècle

Médaille d’argent du Prix François Millepierres : Thierry SARMANT et Mathieu STOLL, pour Régner et gouverner. Louis XIV et ses ministres


PRIX DE SOUTIEN À LA CRÉATION LITTÉRAIRE



Prix Henri de Régnier : Guillaume MÉTAYER, après Anatole France et le nationalisme littéraire. Scepticisme et tradition
Prix Amic : Catherine ENJOLET, après Sous silence
Prix Mottart : Stéphane CORVISIER, après Reine de nuit



Hélène Carrère d'Encausse de l'Académie française, 3 décembre 2009, Coupole de l'Institut de France
Hélène Carrère d’Encausse de l’Académie française, 3 décembre 2009, Coupole de l’Institut de France
© Brigitte Eymann/Académie française

Suite à la remise de ces nombreux prix, Hélène Carrère d’Encausse, Secrétaire perpétuel, a prononcé un discours intitulé "Chateaubriand et Napoléon" qui relatait brillamment les relations de Chateaubriand et l’Académie française.

Mesdames, Messieurs de l’Académie,

En cette année 2011, il y a deux siècles tout juste, Chateaubriand était élu à l’Académie française. Élu, mais jamais reçu car son discours avait déplu à Napoléon. Tels sont dans leur sècheresse les faits qui semblent en définitive pouvoir se réduire à un simple incident. Mais en réalité, l’histoire académique de Chateaubriand est infiniment plus complexe car elle s’inscrit dans la relation singulière qui unit durablement l’Empereur et le poète, relations de fascination mutuelle et d’irritation mutuelle. Ce bicentenaire d’une élection en partie manquée nous offre l’occasion de nous pencher sur le couple inséparable et toujours en conflit que formèrent le grand Empereur, qui ressuscita les académies après leur suppression par la Révolution, et le premier des Romantiques ; il nous donne aussi la possibilité d’accueillir enfin, avec deux siècles de retard, Chateaubriand sous la Coupole[...].

Retrouvez ici l’intégralité de son discours


Pour cette année 2011, c’est Pierre Rosenberg, directeur de la séance, qui a tenu le traditionnel discours sur la vertu.

Mesdames et Messieurs de l’Académie,

Le 5 juillet 2011 disparaissait à Rome le grand peintre américain Cy Twombly. Ce jour là – pure coïncidence – j’étais à Dulwich pour voir l’exposition Twombly-Poussin.
Pourquoi la College Picture Gallery de Dulwich ? Dulwich est riche en oeuvres de Poussin, ses conservateurs avaient pu en emprunter plusieurs de grande qualité à d’importantes institutions européennes. Pourquoi Twombly ? À cette question, l’artiste a lui-même répondu : « J’aurais aimé avoir été Poussin si j’avais eu le choix en un autre temps… » Les titres de certaines de ses toiles – Arcadia, Venus + Adonis, Quattro Stagioni ou Narcissus – confirment cette vénération et cet amour pour notre plus grand peintre. Comme Poussin, Cy Twombly avait choisi l’exil à Rome. Comme lui, il rêvait, à l’aide de ses seuls pinceaux, de faire revivre un monde antique à jamais disparu. À l’image de celui de son modèle, le monde de Twombly est riche de références cryptées aux grands mythes de l’Antiquité, Mercure, Hersé et Aglaure, Apollon amoureux de Daphné, Bacchus et Ariane. J’avais pensé projeter sur les murs qui soutiennent notre vénérable Coupole, comme j’avais pu le faire à l’occasion des célébrations hugoliennes de 2002, des reproductions d’oeuvres de Cy Twombly. J’ai, à vrai dire, reculé et ai voulu éviter un sursaut à une partie de notre auditoire horrifié…


Pierre Rosenberg, de l'Académie française a prononcé, cette année 2011, le traditionnel discours sur la vertu
Pierre Rosenberg, de l’Académie française a prononcé, cette année 2011, le traditionnel discours sur la vertu
©Brigitte Eymann

Retrouvez ici l’intégralité de son discours

- Vous pouvez lire l’intégralité des discours sur le site de l’Académie française

- Consultez la fiche d’Angelo Rinaldi sur le site de l’Académie française

- d’Hélène Carrère d’Encausse

- de Pierre Rosenberg






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