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L’essentiel avec... Jean d’Ormesson, de l’Académie française

L’académicien répond aux sept questions essentielles de Jacques Paugam
Jean d’Ormesson, de l’Académie française depuis 1973, répond aux sept questions "essentielles" de Jacques Paugam avec la délectation d’un amateur de cabinet de curiosités. Passé maître dans l’art de la conversation, il évoque quelques grands moments de sa vie, ses aspirations et ses craintes tout en portant un regard amusé et bienveillant sur le monde qui l’entoure.


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Émission proposée par : Jacques Paugam
Référence : hab661
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/hab661.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida8009-L-essentiel-avec-Jean-d-Ormesson.html
Date de mise en ligne : 20 novembre 2011

Notre invité, aujourd’hui, est Jean d’Ormesson, il se prêtera avec sa culture et son intelligence coutumières au jeu des questions et des réponses de notre série l’Essentiel. Après nous avoir accordé un entretien, disponible sur Canal Académie, à chacune des sorties de ses trois derniers ouvrages : Saveur du temps, publié aux éditions Héloïse d’Ormesson, C’est une chose étrange à la fin que le monde, paru chez Robert Laffont, et le tout récent, La conversation, chez Héloïse d’Ormesson.

1- Dans votre itinéraire professionnel, dans votre carrière, quel a été le moment essentiel ?

Jean d’Ormesson : Je ne dirais pas qu’il y a eu un moment essentiel mais trois ou quatre : mon entrée sous la coupole, en 1973, est tout de même un évènement majeur, l’entrée au comité de lecture de Gallimard a été important pour moi car c’était une sorte de reconnaissance du milieu littéraire et la réception de Marguerite Yourcenar à l’Académie. Il s’agissait d’un pas décisif de l’entrée des femmes dans le monde moderne.


- Jacques Paugam : Et la fin d’un long combat que vous aviez mené…

J.d’O. : Oui ça a été un combat et et je l’ai remporté, j’en ai perdu d’autres. Je voulais faire rentrer Raymond Aron et Aragon. Je peux raconter brièvement ce qui s’était passé avec Raymond Aron. Il n’était pas très chaud pour rentrer à l’Académie. C’était un homme merveilleux, je l’admirais énormément, mais il avait un caractère difficile. Il était très orgueilleux et l’idée d’un échec lui semblait insupportable. Un beau jour, il avait un peu vieilli comme tout le monde, et il m’a dit : «  écoutez, explorez cela, peut-être que je viendrais mais je voudrais que vous me fassiez un rapport sur l’état des lieux et les chances que j’ai. » Je suis revenu le voir en lui disant : « il ne faut pas vous présenter pour cinq raisons. » Il y avait encore à cette époque là, quelques antisémites à l’Académie. Ils étaient plutôt hostiles à son entrée. Et quelques confrères juifs trouvaient que c’était suffisant, qu’il n’en fallait pas trop. Il avait contre lui les antisémites et les juifs de l’académie. Il avait contre lui les antigaullistes. Il restait, parmi nous, encore des confrères marqués par l’Action française, la droite traditionnelle. Il avait aussi contre lui les gaullistes. Il y avait une histoire célèbre racontée par Maurice Schumann alors ministre du général de Gaulle. Il lui fait signer un document et pour engager la conversation, il lui dit : « Mon général avez-vous vu ce matin dans Le Figaro l’article de Raymond Aron ? il ne vous est pas très favorable. » De Gaulle ne répond pas. Schumann prend son dossier sort, et en sortant, il entend le général soliloquer et dire : « Aron, Aron, est-ce personnage qui est journaliste au Collège de France et professeur au Figaro ? »Donc les rapports étaient un peu difficiles. Et je croyais savoir que Maurice Schumann, que Peyrefitte, peut être même Maurice Druon, n’étaient pas très chauds pour l’accueillir. J’ai dit à Aron : « ces quatre catégories, tout cela peut être surmonté mais il y a une catégorie qui est insurmontable, c’est ceux à qui vous avez fait comprendre un jour où l’autre que vous étiez plus intelligent qu’eux ! » Il ne s’est pas présenté et je pense qu’il aurait été battu.
L’autre histoire maintenant. Un jour j’avais diné avec Aragon, il m’avait dit : « tu sais, je suis snob. » Moi je le vouvoyais tandis qu’il me tutoyait. Et donc je lui ai répondu : « Vous êtes snob, venez à l’Académie ! ». Il ne m’a pas dit non. Je suis allé vers mes confrères et leur ai dit : « nous pouvons avoir Aragon. » Et ils m’ont répondu : « qu’il fasse ses visites et qu’il envoie sa lettre de candidature. ».Évidemment pour Aragon, il fallait déployer le tapis rouge, se jeter à ses genoux et le supplier de venir. L’image de l’Académie en aurait été modifiée.

Oui ces déceptions sont mes véritables échecs, -je parle trop vite de mes échecs ! Un moment important pour moi ça a été mon premier livre publié : le bonheur !

2- Quel est pour vous, l’essentiel dans votre domaine d’activité aujourd’hui ? vos préoccupations d’écrivain et d’intellectuel ?

J.d’O. : Une question très difficile est de savoir si nous sommes dans une période de décadence.


- J.P. :Pour vous le clivage semble être l’année 1940...

J.d’O. : Marc Fumaroli a écrit des pages merveilleuses sur le règne du français et nous voyons bien les dates importantes de son évolution : en 1539, l’Édit de Villers-Cotterêt, les actes publics, baptêmes, actes notariés, ne seront plus rédigés en latin mais en français. Les grands créateurs de la langue française : Malesherbes, le précurseur, Corneille et Pascal, deux grands génies, forgent la langue française tant sur un plan poétique qu’en prose. En politique, la date clef est 1648 : les traités de Westphalie, traités européens, sont rédigés en français. De la fin du XVIIe, pendant tout le XVIIIe, tout le XIXe, jusqu’au début duXXe, la langue française prédomine mais le 10 Mai 1940 signe la chute du français, Hitler nous attaque et la France tombe en onze jours. Evidemment elle a eu beaucoup de mal à se relever. La grandeur du général de Gaulle c’est d’avoir donné à notre pays le sentiment de s’être relevé. Hélas ! sa place sur le plan international était ébranlée.


- J.P. : Quant à vos préoccupations d’aujourd’hui : Est-il exact, comme le disent certains de vos proches, que vous êtes aujourd’hui plus intéressé par l’univers scientifique que par l’univers littéraire ?

J.d’O. : J’étais très nul en sciences. Au bac, il y avait une matière introduite par le gouvernement de Vichy, la cosmologie. Comme c’était imposé par Vichy je ne voulais pas l’étudier et j’ai eu 2 au bac. Mais je me suis rattrapé car j’ai eu le Brésil en géographie. J’avais habité ce pays pendant trois ans étant enfant. J’ai eu 19 ce qui a rattrapé mon 2. Depuis vingt ans la cosmologie me fascine absolument. De fil en aiguille, la physique mathématique m’a également passionné.

Jean d’Ormesson, de l’Académie française
Jean d’Ormesson, de l’Académie française

- J.P. : Ces dernières années, on sent bien qu’il s’agit chez vous d’une préoccupation dominante relayée par une préoccupation métaphysique essentielle cependant il y a une question que vous laissez un peu de côté, celle du mal, de la souffrance.

J.d’O. : Oui j’ai fait l’impasse sur le mal. Ça m’a paru trop difficile. Vous me direz que le problème du temps est un problème difficile aussi.


- J.P. : Le temps vous donne, semble-t-il, le vertige car vous vous demandez souvent :« Pourrait-il ne rien avoir ? »

J.d’O. : Oui je suis partisan de Saint Augustin : Pour lui, Dieu créa le temps et le monde dans un un même mouvement. Je pense que le Big Bang, tous les savants sont d’accord pour dire, que le Big Bang a créé l’espace.


- J.P. : Mais il n’est pas certain qu’il ait créé le temps ?

J.d’O. : Il y a des savants qui le soutiennent comme Prigogine, bien qu’il soit un peu revenu dessus, mais il avançait que le Big Bang s’est produit dans le temps. Je suis persuadé pour ma part que le Big Bang a créé le temps.

- J.P. : Pas de Dieu non plus ?

J.d’O. : S’Il existe, Il est hors du temps.

- J.P. : Êtes-vous préoccupé par les questions concernant le bien et le mal ?

J.d’O. : Le problème du mal est presque incompréhensible. Le christianisme donne quelques éléments de réponse au mal que nous avons connu. Quand nous avons découvert les camps de concentration nazis, nous nous demandions si nous pouvions encore parler de Dieu après Auschwitz ? Peut être est-ce parce qu’il y a le mal que nous pouvons parler de Dieu. Là réside probablement une des forces du christianisme.


- J.P. : Dieu comme antidote ?

J.d’O. : Dieu est un antidote et également la liberté accordée aux hommes.

- J.P. : Mais en ce qui concerne la souffrance ? Elle est dans l’ordre naturel des choses depuis l’origine du monde. L’ordre animal est marqué par la douleur. Un lion se délectera toujours d’une antilope.

J.d’O. : Naturellement, la souffrance existait déjà mais le mal naît avec l’homme. Je dirai même que le mal naît avec la pensée.

3- Elargissons les perspectives à votre regard sur l’évolution du monde en général et l’évolution de notre société en particulier. Quelle idée essentielle aimeriez-vous faire passer à ce propos ?

J.d’O. : Je fais passer très peu d’idées sur le monde tel qu’il est d’aujourd’hui.


- J.P. : Par exemple, ce regret face à la difficulté de notre époque à mettre en perspective le temps et l’histoire.

J.d’O. : Oui bien sûr. Je suis un peu inquiet du traitement de l’histoire à l’école. Vous savez quand j’étais jeune, je me méfiais beaucoup des vieillards de quatre-vingts ans, surtout des académiciens, ils donnaient leur avis sur le monde, ils trouvaient que c’était épatant du temps de leur jeunesse et atroce maintenant qu’ils étaient vieux. Je me suis promis de ne jamais penser pareillement.

- J.P. : Et c’est d’ailleurs pour cela que les jeunes vous aiment bien !

J.d’O. : C’est vrai. Mais le fait que l’histoire ne soit presque plus enseignée dans certaines branches du cursus scolaire me paraît affolant. J’ai entendu dans des jeux télévisés la question :« Jules Ferry était-il ministre au 18eme siècle, au 19ème siècle ou au 20ème siècle ? » Et la réponse n’a pas été donnée ! Il y a une absence de mise en perspective qui me paraît redoutable.

- J.P. : Sur l’histoire vous avez dit quelque chose d’assez étonnant ; « l’histoire est toujours un mystère mais il y a une chose que je sais, les plus forts finissent toujours par perdre ! ».

J.d’O. : Oui, c’est très chrétien.

- J.P. : Vous êtes un agnostique possédé par l’envie de croire !

J.d’O. : Oui je suis un homme de droite qui croit beaucoup à l’égalité entre les gens. Je suis un gaulliste très européen. J’ai été élevé dans la religion catholique. Je ne l’ai pas quittée, je mourrai dans la religion catholique si l’Eglise veut de moi.

- J.P. : Tout en étant confronté à beaucoup d’incertitudes quand même !

J.d’O. : Oui. Est-ce que Dieu existe ? Je ne sais pas.

- J.P. : Vous parlez toujours d’une folle espérance. C’est une forme de croyance.

J.d’O. : Ce n’est même pas une croyance, c’est une espérance en la folle espérance. Il y a deux formules que j’ai beaucoup aimées. L’une est une formule juive, deux rabbins discutent ensemble et l’un dit à l’autre : « Ce qu’il y a de plus important c’est Dieu, qu’il existe ou qu’il n’existe pas. » L’autre est chrétienne, un Père de l’Eglise affirme : «  ma foi est la forme de mon espérance . »

4- Pour vous quelle est la plus grande hypocrisie de notre temps ?

J.d’O. : Notre temps est marqué au sceau de l’imposture. L’imposture a toujours régné. Mais chez nous elle est multipliée par les moyens de communication de masse. Je ne suis pas sûr qu’une grande partie de l’art moderne ne soit pas de l’imposture. Ne suis-je pas moi-même une forme d’imposture ? Je ne suis pas persuadé que les jeunes gens dans trente ans sauront encore qui je suis.

5- Quel est l’évènement, ou la tendance, de ces dernières années qui vous inspire le plus d’espoir ?

J.d’O. : J’ai eu deux grands bonheurs dans la vie : la chute d’Hitler et la chute du mur de Berlin en 89.


- J.P. : N’avez-vous pas l’impression que nous avons échoué dans notre appréhension de "l’après mur de Berlin" ?

J.d’O. : Là où on nous étions attendus avec la culture, nous sommes arrivés avec l’argent. C’est un succès l’euro mais Fukuyama annonce la fin de l’histoire. On aurait mieux fait de faire une Europe plus resserrée. L’erreur a été de prendre vingt-sept pays. Il fallait faire d’abord une Europe très solide, avec cinq ou six pays, reposant sur une autorité politique et une politique culturelle.

- J.P. : A propos de l’Europe vous avez écrit, il y a à peu près un an et demi, dans l’une de vos chroniques : « L’origine du drame que nous venons de vivre, la crise de 2010, est que le succès de l’euro, par définition, était purement économique. Il n’était ni intellectuel, ni moral ni politique. » Donc, au sujet de la refondation de l’Europe aujourd’hui, vous pourriez dire la même chose.
J.d’O. : Oui. Je pense que tout le monde serait d’accord. Je vais même plus loin, je dirais volontiers que la crise que nous vivons, et nous roulons d’ailleurs de crises en crises, est intellectuelle et morale. On nous a expliqué que c’était une crise économique, financière, sociale. Je crois profondément que c’est une crise de civilisation.

- J.P. : Sans croire au choc de civilisations...

J.d’O. : Non je ne crois absolument pas au choc des civilisations. Je le répète, je crois qu’il s’agit d’une crise morale et intellectuelle.

- J.P. : Votre refus de croire au choc des civilisations, tiendrait-il à votre croyance en une chaîne humaine ? Je reprends l’une de vos formules : «  nous sommes tous des Africains modifiés par le temps. »

J.d’O. : La chute des puissants n’est peut-être pas très lointaine : l’Europe a été très influente, l’Amérique aussi et nous assistons pourtant aux prémices de son déclin. La Chine ne durera pas très longtemps non plus, elle va rencontre des problèmes très difficiles. Le tour de l’Afrique, j’en suis sûr, viendra. Concernant le choc des civilisations, je dois vous préciser ma pensée : l’islam est une très grande, une très belle religion. Parfois quand je dis cela je reçois des lettres d’insultes. Naturellement je suis contre l’intégrisme islamique, mais je ne suis pas contre l’islam. Je suis contre tous les intégrismes : catholique, financier, national.

6- Quel a été le plus grand échec de votre vie ? Comment l’avez-vous surmonté ou tenté de le surmonter ?

J.d’O. : J’aurais voulu écrire un livre qui soit un "monument" comme un ouvrage de Chateaubriand ou comme Les Essais de Montaigne. Ecrire un grand livre en somme.

- J.P. :Si en deux mots vous deviez définir votre trajectoire ?

J.d’O. : J’ai fait ce que j’ai pu. Je me suis beaucoup amusé. La vie a été d’une indulgence extrême à mon égard. Ce mois de novembre est béni pour moi : «  La Conversation » va probablement être portée au théâtre. Et j’ai réalisé un rêve de toujours : je suis devenu un acteur de cinéma. Mais si on me proposait de recommencer, je refuserais. C’est une bénédiction de mourir. C’est comme le travail, trouvez-vous drôle de travailler ! Moi je trouve ça très dur. Et il y a pire que travailler, c’est ne pas avoir de travail. Il y a pire que mourir, ne pas mourir serait catastrophique. Donc la vie est très belle et heureusement elle s’achève.

7- Quelle est aujourd’hui votre motivation dans la vie ?

- J.P. : J’ai très peur que ce soit très égoïste.

- J.P. : Vous avez toujours affirmé être«  un égoïste qui va vers les autres », vous vous êtes promené dans la vie avec bonheur, les mains dans les poches. Amoureux, presque fusionnel, des voyages en Méditerranée, des femmes, de vos amis et de l’écriture. Pourtant on sent chez vous une sorte de crainte à dépasser « les commencements ». Don Juan n’a-t-il pas été rongé par la même peur ?

J.d’O. : Je vous dirais que je suis un … je ne dirais pas un libertin ! Un amateur de la vie certes, nourri de l’Ecclésiaste. Tout ça n’est rien, tout ça passera ! Les honneurs, les postes, les fonctions, l’argent. Vous savez je n’ai jamais craché sur l’argent mais je l’ai toujours profondément méprisé. Je n’ai pas non plus renié les honneurs mais je ne les estime pas outre mesure.


- J.P. : Je me demande si la principale source de bonheur pour vous aujourd’hui ne serait pas ce dialogue permanent avec le mystère.

J.d’O. : Il y a une formule de Gaston Gallimard en réponse à la question, qu’avez-vous aimé dans la vie ? : «  Dans l’ordre les bains de mer, les femmes, les livres. » Eh bien il faut corriger cela avec une réflexion de Léon Bloy qui disait : «  il n y a qu’une tristesse c’est de ne pas être un saint ».


- J.P. :Nous avons de la marge.

J.d’O. : J’ai vécu dans cette marge ! Comment voulez vous que nous ne soyons pas dans une époque de changement, de mutation dont Michel Serres parle avec justesse. La mutation principale c’est quand même Darwin, Freud, Karl Marx et Nietzsche chantant la mort de Dieu. Eh bien la mort de Dieu ne peut pas ne pas apporter un grand trouble dans les esprits qui ont vécu de Dieu pendant trois mille ans.


- J.P. : N’êtes-vous pas une sorte d’Oscar Wilde français épargné par la vie ? Vous n’avez connu aucune des vicissitudes rencontrées par le poète anglais...

J.d’O. : C’est un bel hommage. J’ai une admiration sans borne pour Oscar Wilde, un homme tellement drôle, tellement amusant. Il a été intimement blessé par les préjugés de la société victorienne sourde à la beauté, à la simplicité de son style. Il disait par exemple : « Nous sommes tous dans le caniveau mais quelques uns d’entre nous regardent les étoiles. »

En savoir plus :

- La fiche de Jean d’Ormesson sur le site de l’Académie française

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- Retrouvez les autres émissions de la série "L’essentiel avec...", présentée par Jacques Paugam.






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