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Eugène Sue, Gabriel Aubaret : l’écrivain et le diplomate, marins avant de redevenir terriens...

Portraits proposés par Françoise Thibaut, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques

En apparence ces deux figures de proue de notre culture n’ont rien à faire ensemble ; ils ne se sont sans doute jamais rencontrés et n’ont jamais évoqué amicalement leurs souvenirs maritimes. Pourtant ils ont en commun d’avoir connu une première partie de vie vouée à la mer pour l’abandonner ensuite lui préférant une vie toute continentale que la mer continuera à imprégner, malgré eux.


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Sue et Aubaret ont aussi en commun d’être des hommes de la première moitié du XIXe siècle, l’un né en 1804, l’autre en 1825, à la charnière de deux mondes, de deux époques, dans une Europe où « tout fut créé » (du moins pour les Européens ) et où, dans un essor économique sans précédent, l'ascension sociale et la notoriété étaient relativement accessibles. Éduqués sur fond d’Ancien Régime et d’aventure révolutionnaire puis impériale, ils quittèrent ce monde dans les balbutiements de la grande industrialisation, de l’énergique vapeur, des spectaculaires progrès de la connaissance hygiénique et médicale, des maladroites pétarades du moteur à explosion.


Marie-Joseph SUE - qui, plus tard se fit prénommer « Eugène » en hommage à son parrain - naquit en janvier 1804 à Paris, au sein d’une très aisée dynastie de médecins et de chirurgiens. Deux des trois témoins de l’établissement de son acte de naissance sont Eugène de Beauharnais, colonel, commandant de la garde des Consuls et sa mère Joséphine, « épouse du citoyen Bonaparte, Premier Consul de la République. » Son enfance est « dorée », comme l'écriront ses biographes, et se déroule dans le quartier de la Madeleine à Paris. Il est le fils du médecin-chef la Garde Impériale que les changements successifs de régimes politiques n’affecteront guère. Vif, intelligent mais dissipé et frondeur, il fait de médiocres études, puis, à peine adolescent, mène joyeuse vie, fait la noce et accumule les dettes. La vie parisienne l’enchante. Nous sommes sous la Restauration ; son père lui enjoint de poursuivre péniblement, et sans éclat, des études de médecine et le fait nommer « chirurgien-surnuméraire à l’hôpital de la Maison militaire du Roi », puis, excédé par son comportement, lui obtient un poste « d’auxiliaire médical » dans les troupes royales chargées de veiller sur l’Espagne où les libéraux se rebellent contre l’absolutisme de Ferdinand VII. Eugène Sue parcourt ainsi l’Espagne jusqu’à Cadix, mais il n’a aucune chance de devenir médecin, perd son temps et est affecté à l’hôpital militaire de(...)


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