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Jean Cocteau - Lucien Clergue dans l’actualité photographique : Paris, Menton, New-York et Miami

L’œil et le témoignage du photographe Lucien Clergue sur Jean Cocteau, de l’Académie française
Lucien Clergue évoque ses souvenirs personnels avec Jean Cocteau, figure mythique des lettres françaises et des arts, membre de l’Académie française. Le photographe a eu la grande chance de rencontrer Jean Cocteau que Picasso lui présenta en 1956. De cette relation de confiance naîtra un lien fort entre les deux hommes : un merveilleux échange entre artistes selon les mots de Lucien Clergue. De Paris, Menton à New-York et Miami, Clergue et Cocteau sont au cœur de l’actualité avec l’ouverture du musée Jean Cocteau à Menton et dans plusieurs expositions du côté de deux rives de l’Atlantique.


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Émission proposée par : Marianne Durand-Lacaze
Référence : CARR839
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/carr839.mp3
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Date de mise en ligne : 27 novembre 2011
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Lucien Clergue évoque la passion de Cocteau pour Menton où le poète aimait passer ses vacances, un lieu et une région à laquelle Lucien Clergue comme Jean Cocteau ont été indéniablement attachés. La municipalité a inauguré le 6 novembre 2011, le musée Jean Cocteau Collection Séverin Wunderman grâce à l’exceptionnelle donation de Séverin Wunderman. La première et la plus importante ressource publique mondiale de l’œuvre de Jean Cocteau, a donc vu le jour à Menton avec le label « Musée de France ».

Lucien Clergue, 2 novembre 2011, Galerie Patrice Trigano
Lucien Clergue, 2 novembre 2011, Galerie Patrice Trigano
© MDL/Canal Académie

La donation de Séverin Wunderman compte 1800 œuvres dont 990 œuvres de Jean Cocteau présentant toutes les périodes de l’artiste et les différentes facettes de son génie, depuis les premiers autoportraits des années 1910 jusqu’à la période « méditerranéenne » de la fin de sa vie, moins connue.
Le musée présente ainsi des tableaux, dessins, céramiques, tapisseries, bijoux, photographies, documents sonores, extraits de films, mais également 450 œuvres de grands maîtres de la peinture proches de Jean Cocteau : Picasso, Modigliani, De Chirico, Miro, Foujita... Le fameux paravent de Sacha Guitry est exposé, des céramiques de Cocteau, ses dessins : un moyen de faire découvrir un autre Cocteau à ceux qui ne le connaissent que par le cinéma. Si Cocteau a attendu 50 ans pour avoir un musée, Lucien Clergue, assez bouleversé, remarque qu’il a, de son vivant, une salle portant son nom dans ledit musée. Il annonce qu’il complètera ce fonds photographique par d’autres photos ou d’autres documents en sa possession, au fur et à mesure.

Affiche à l'occasion de l'ouverture du Musée Jean Cocteau Collection Séverin Wunderman, Menton 2011
Affiche à l’occasion de l’ouverture du Musée Jean Cocteau Collection Séverin Wunderman, Menton 2011

La collection révèle donc en plus de l’œuvre, l’homme Jean Cocteau, grâce à de très nombreux portraits et témoignages de ses amis artistes. Dans ce cadre, un mécène qui souhaite gardé l’anonymat, a offert 200 photographies du tournage du Testament d’Orphée prises par Lucien Clergue au cours duquel le poète cinéaste lui avait laissé carte blanche. L’expérience inoubliable de ce moment exceptionnel, la découverte de la phénixologie, un mot inventé par Dali, lui permit d’explorer ses talents au-delà du travail de l’habituel photographe de plateau, de quitter l’usine où il travaillait depuis dix ans, et de choisir la photographie d’art pour avenir : 3000 photos en six semaines... qui lui ont ouvert la voie.

Ce film toucha très fortement les jeunes cinéastes de la Nouvelle Vague et surtout François Truffaut qui, bouleversé d’apprendre que Cocteau n’arrivait pas à boucler le budget, lui apporta spontanément les premières recettes de son film Les Quatre Cents Coups. Dans Phénixologie, photographies de Lucien Clergue, Tournage du film Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau (Actes Sud 2003), à côté d’un cliché de Lucien Clergue représentant Jean Cocteau et François Truffaut sur le tournage, happés, concentrés sur un ailleurs, dérobé au regard du spectateur celui du film en marche, en regard sur la page d’à côté, reproduit de manière manuscrite, l’écriture de Cocteau : Me voici avec François Truffaut, le jeune cinéaste des "Quatre cent coups". apprenant que, par sa singularité inopportune, mon film trouvait péniblement la modeste somme indispensable à sa mise en marche, il me donne les premières recettes de mon film, en m’écrivant : "je voudrais être le financier d’un tel chantier".

Hubert Nyssen, d’Actes Sud, en 1989 publia la correspondance de Jean Cocteau et de Lucien Clergue. Elle montre les étapes de leur amitié et un Jean Cocteau généreux, inquiet, assailli d’obligations.

De 1956 à 1963, Lucien Clergue avait échangé des photos, des lettres avec Jean Cocteau qui l’a beaucoup aidé, reconnaît-il. Il lui avait envoyé des photographies de Gitans qui aidèrent Cocteau à réaliser les fresques de la chapelle Saint-Pierre à Villefranche. Puis il se rendit en sa compagnie aux corridas d’Arles, ainsi débuta leur lien de confiance. Jean Cocteau souhaitait que Lucien Clergue l’aide pour la partie gitane de son film. C’est ainsi qu’il proposa de photographier le tournage d’abord dans les carrières des Baux-de-Provence puis sur la Côte d’Azur, au studio Victorine à Nice, en toute liberté. C’était inimaginable ! raconte-t-il. Moi j’avais la chance de prendre un verre ou de manger avec Minerve, avec le sphinx, avec Œdipe, avec un homme cheval qui enlevait sa tête de carton pâte pour boire un coup. J’avais 25 ans et une chose est de lire la poésie, autre chose est de la vivre : je me suis dit : je ne veux pas retourner à l’usine, je veux vivre dans la poésie.

Lucien Clergue, Homme Cheval, tournage du film Le Testament d'Orphée de Jean Cocteau, 1959, tirage argentique
Lucien Clergue, Homme Cheval, tournage du film Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau, 1959, tirage argentique
© Lucien Clergue

C’est bien le chemin qu’il choisit et dont témoigne l’exposition de ses photos à la Galerie Patrice Trigano, à Paris, rue des beaux-arts, du 3 novembre au 31 décembre Lucien Clergue et les poètes. Paul Eluard, Fédérico Garcia Lorca, Saint-John Perse, Jean Cocteau, Plutarque ... et plus proche de nous dans le temps, Fernando Arrabal et Patrick de Carolis, lui ont inspiré de magnifiques photographies.

Aux Etats-Unis, Cocteau est considéré comme un evergreen, nous dit Lucien Clergue qui nous apprend que pendant 20 ans, un cinéma new-yorkais projeta son premier film Le sang d’un poète. Il y eut le même intérêt pour lui qu’en France. La Bibliothèque d’Austin au Texas possède des manuscrits exceptionnels de Cocteau, tout comme la Bibliothèque Morgan de New-York.

La Galerie Westwood à Manhattan présente l’exposition Lucien Clergue, Jean CocteauTestament of Orpheus, Photographs from 1959, (commissaire James Cawello) du 18 novembre au 30 décembre 2011 et la foire d’Art Miami présente également des photographies de Clergue sur Cocteau. L’Alliance française à New-York accueille et présente l’exposition Clergue in America du 10 novembre au 21 décembre 2011, déjà présentée en France.

Lucien Clergue, Cocteau et le Sphinx, tournage du film Le Testament d'Orphée de Jean Cocteau, 1959, tirage argentique
Lucien Clergue, Cocteau et le Sphinx, tournage du film Le Testament d’Orphée de Jean Cocteau, 1959, tirage argentique
© Lucien Clergue
Lucien Clergue, 2 novembre 2011, Galerie Patrice Trigano
Lucien Clergue, 2 novembre 2011, Galerie Patrice Trigano
© Canal Académie

Pour en savoir plus

- Lucien Clergue sur le site de l’Académie des beaux-arts
- La page Lucien Clergue sur le site de sa fille commissaire d’exposition Anne Clergue
- Cocteau à l’Académie française
- Lucien Clergue et les poètes, exposition du 3 novembre au 31 décembre, Galerie Trigano à Paris
- Musée Jean Cocteau à Menton
MUSÉE JEAN COCTEAU COLLECTION SÉVERIN WUNDERMAN
2, quai Monléon - 06500 Menton
HORAIRES D’OUVERTURE :
Ouvert tous les jours de 10h à 18h sauf le mardi et les jours fériés (1er janvier, 1er mai, 1er novembre et 25 décembre).
Nocturne tous les vendredis des mois de juillet et août jusqu’à 22h.

Un académicien vu par un autre académicien : Jean Cocteau, de l’Académie française par Lucien Clergue, de l’Académie des beaux-arts
Un académicien vu par un autre académicien : Jean Cocteau, de l’Académie française par Lucien Clergue, de l’Académie des beaux-arts
© Lucien Clergue





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