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L’Essentiel avec... Jacques de Larosière, de l’Académie des sciences morales et politiques

L’académicien répond aux sept questions essentielles de Jacques Paugam

Jacques de Larosière, élu en 1993 à l’Académie des Sciences morales et politiques, a mené une brillante carrière dans le monde monétaire et financier. Tour à tour Directeur général du Fonds monétaire international pendant 9 ans, de (1978 à 1987), Gouverneur de la Banque de France (de 1987 à 1993) et enfin Président de la banque européenne pour la reconstruction et le développement (de 1993 à 1998), il revient sur les moments forts de sa vie, nous rappelle l’histoire d’autres crises, et nous fait aussi partager quelques unes de ses convictions éthiques.


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1- Dans votre itinéraire professionnel, dans votre carrière, quel a été à vos yeux le moment essentiel ?


- Jacques de Larosière : Sans doute le 4 Août 1982. J’étais alors le Directeur Général du Fonds Monétaire International (FMI) et ce jour-là, le ministre des finances du Mexique est venu me voir pour me déclarer qu’il allait annoncer le lendemain un moratoire sur le paiement de la dette mexicaine. Les banques internationales étaient à l’époque très largement exposées sur le risque mexicain et aussi sur le risque brésilien et argentin. Les engagements de ces grandes banques internationales représentaient, sur ces quelques pays, à peu près huit fois leurs fonds propres, leur capital et donc une chute de ces pays pouvait entraîner le défaut des grandes banques qui assuraient le fonctionnement du système monétaire international. C’était donc une crise systémique qui était devant nous, à certains égards encore plus systémique que celle que nous connaissons aujourd’hui. La stratégie que j’ai élaborée avec Paul Volcker, qui était à l’époque Président de la Federal Reserve des Etats Unis, était très simple : elle consistait à dire qu’un pays trop endetté comme le Mexique comportait par définition des créanciers trop engagés de la même manière et que pour résoudre le problème, il fallait mettre ensemble le débiteur et les créanciers. Il fallait donner au créancier le sentiment -et la réalité du sentiment- que le débiteur allait remettre ses affaires en ordre, réduire son déficit budgétaire, faire un certain nombre de mesures qui accroissaient son potentiel futur de développement, et démontrer au débiteur, le Mexique, que les créanciers étaient suffisamment flexibles pour accorder du temps.


- Jacques Paugam : Rafraichissez notre mémoire : que s’est-il passé ?


- J. de L. : On a mis en place ce que j’ai appelé la stratégie coopérative de la dette c'est-à-dire que j’ai réuni les créanciers (qui étaient les grandes banques internationales), le Mexique bien entendu, et on a organisé un programme de redressement du Mexique, que le pays a lui-même conçu mais avec l’aide du Fonds Monétaire International. Les banques ont été obligées de restructurer leurs créances sur le(...)


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