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Jacques de Larosière : quelques décisions pour rassurer les marchés sur l’euro

Si la crise semble s’aggraver, les inquiétudes ne doivent pas être exagérées...des solutions existent !

Pour cette chronique, Jacques de Larosière se propose de nous éclairer sur l’aggravation de la crise qui frappe la zone euro depuis quelques mois. En rappelant ses origines : les difficultés générées par la crise grecque qui n’ont pas été traitées assez tôt, les expositions très fortes au risque souverain, les craintes d’une sous-capitalisation des banques. Mais sur chacun de ces points, il porte son regard d’expert et son analyse s’appuie sur des chiffres et des comparaisons de situation tout à fait éclairants et parfois contraires à ce que l’on entend dire un peu hâtivement...


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Jacques de Larosière de l’Académie des sciences morales et politiques occupa -et occupe encore- d’importantes fonctions dans le monde des finances, ayant été, et pour ne citer que quelques uns des postes qu’il a occupés, Directeur du Trésor, Directeur général du FMI, Gouverneur de la Banque de France.

Le texte ci-dessous retranscrit les propos de Jacques de Larosière enregistrés le 13 octobre 2011.

"Je crois que la crise vient de ce que les autorités ont eu à faire face à un problème très spécifique, celui de la dette grecque, qui est une dette publique très élevée en terme de pourcentage de produit intérieur brut de ce pays, à peut près 160% avant détérioration toute récente de la situation économique en Grèce. Et ces autorités n’ont pas traité ce problème suffisamment tôt. Je pense qu’il aurait fallu le traiter dès le printemps de l’année 2010. Et on a fini par considérer qu’il y avait nécessité de restructurer en partie cette dette au mois de juillet 2011 mais c’était tardif. Et c’était probablement insuffisant, c’est un élément qui a déstabilisé les marchés ; parce que les marchés sont toujours inquiets quand ils voient qu’une situation que eux jugent relativement simple à analyser et à décider n’est en fait que traitée de manière imparfaite. Voilà un premier point.

Un deuxième point, c’est que dans la foulée de cette incertitude sur la dette grecque, les marchés ont commencé à faire leurs additions concernant les expositions, comme on dit, d’un certain nombre de banques européennes à des risques souverains de pays dits périphériques : la Grèce, l’Irlande, le Portugal, etc. Et ils se sont demandé si toutes ces créances qu’avaient les institutions financières européennes sur ces Etats n’étaient pas en partie vulnérables, du fait de la difficulté d’un certain nombre de pays à mettre de l’ordre dans leurs finances publiques. Et petit à petit s’est instaurée la notion que, du fait de cette forte exposition au risque souverain comme on l’appelle, les banques européennes étaient sous capitalisées.

Je crois que cela répond à la question de l’origine de cette espèce d’aggravation de la crise depuis quelques mois. J'ai évidemment un point de vue à exprimer sur ces points qui sont à l’origine de ces évènements.


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