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Les maisons régionales pour la science : un lieu de développement pour les enseignants, un avenir pour les enfants

Pierre Léna, de l’Académie des sciences, Béatrice Salviat et David Jasmin, de La main à la pâte présentent ce projet ambitieux
Dès la rentrée 2012, des enseignants disposeront de maisons régionales pour la science. C’est un projet d’envergure, dans la continuité de "La Main à la pâte, qui vise à donner les outils nécessaires aux enseignants dans le cadre de leur développement professionnel, pour nouer ou renouer des liens avec la science vivante. Détails en compagnie de Pierre Léna, de l’Académie des sciences, Béatrice Salviat et David Jasmin de "La Main à la pâte".


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Référence : FOC669
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Date de mise en ligne : 30 octobre 2011


Les enseignants du primaire ont pour obligation de dispenser deux heures de sciences par semaine, mais avec le plus souvent un profil littéraire, ils n’osent pas forcément s’aventurer en terre inconnue. C’est la raison pour laquelle La main à la pâte a vu le jour en 1996, à l’initiative de trois académiciens : Georges Charpak aujourd’hui disparu, Yves Quéré et Pierre Léna. La main à la pâte promeut l’apprentissage des sciences par l’expérimentation à l’école primaire et au collège. Et le dispositif ravit les élèves comme les professeurs. Preuve en est : seulement 5% des professeurs des écoles enseignait la science à l’école primaire avant les débuts de La main à la pâte. En 2010, ils étaient 40%.

Après 15 ans de succès, La main à la pâte grandit et se dote de «  Maisons régionales pour la science » pour être encore plus présente sur l’ensemble du territoire et répondre encore mieux aux attentes des enseignants du primaire et du secondaire.

Les maisons régionales pour la science s’adressent aux enseignants uniquement. Car « près de 80% des enseignants du primaire n’ont pas de formation scientifique et cela dans beaucoup de pays de l’UE. La réflexion montre qu’un des leviers principaux pour engager les enseignants dans une pratique des sciences expérimentales, est le développement professionnel, d’où la création de ces maisons régionales des sciences en les mettant en contact avec la communauté scientifique » précise David Jasmin, directeur de La main à la pâte. Pierre Léna précise : « Ces professeurs, excellents, sont souvent mal à l’aise avec la transmission non pas tant de connaissance des sciences qui sont importantes mais de la démarche même de la science, cette manière d’approcher le monde qui permet d’affirmer des choses avec un certain degré de solidité ».

C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle l’enseignement des sciences demeure aussi important. L’apprentissage du raisonnement scientifique permet d’acquérir une pensée rationnelle basée sur la preuve ; une démarche essentielle pour comprendre et participer aux débats scientifiques et technologiques actuels et à venir.

Formation ou développement professionnel ?

Avec les maisons régionales pour la science, il n’est plus question de formation continue des professeurs, « elle est train de disparaître » fait d’ailleurs remarquer Pierre Léna. On parle désormais de développement professionnel des professeurs. La différence entre les deux est majeure nous explique-t-il. « La « formation » sous-entend, dans notre langue, une pratique assez passive avec des formateurs qui savent et des formés qui apprennent. Or ce n’est pas le cas. Les professeurs qui viennent ont déjà été confrontés à des classes. Avec le développement professionnel, ils s’approprient des étapes de leur propre carrière. Dans le monde anglo-saxon, on parle de « Professional Development ». Nous avons repris ce terme. La clé de la qualité de l’enseignement, c’est un développement professionnel qui se poursuit tout au long de la carrière ».

Ces maisons régionales pour la science sont un nouveau modèle proposé par l’Académie des sciences en concertation avec l’Education nationale avec 50% de pédagogie, 50% de sciences. D’autres activités demeurent connexes aux sciences telles que les mathématiques, le langage, l’histoire ou encore les nouvelles technologies.

Le maître mot est aussi l’interdisciplinarité. Cette notion concerne tout spécialement les professeurs du secondaire auxquels les portes de ces maisons régionales sont également ouvertes. « Les professeurs qui enseignent les sciences et les technologies au collège sont des spécialistes de leur discipline. Or l’enjeu de l’interdisciplinarité dans la communauté scientifique comme dans l’enseignement porte largement ses fruits. Des collèges ont testé les cours qui mêlent à la fois physique-chimie, SVT, technologie. Pour cette année 2011-2012, le nombre de collège réalisant cette expérience a doublé. C’est un mouvement qui prend de l’ampleur car il apporte une grande satisfaction aux élèves comme aux professeurs » nous dit Béatrice Salviat.

Les maisons régionales pour la science vont voir le jour dès la rentrée 2012 grâce à l’investissement d’avenir (grand emprunt) avec un budget de 8 millions d’euros et d’éventuels apports extérieurs. « Nous nous lançons dans deux maisons qui seront deux modèles pour lancer une seconde vague de maisons d’ici deux ans » ; des maisons qui seront implantées au sein des universités « car c’est là que les enseignants ont été formés » fait remarquer Pierre Léna. Et puis des diplômes universitaires et des masters pourront être délivrés dans ces maisons régionales des sciences.

Quant aux noms des universités accueillant prochainement les deux premières maisons, il faudra attendre la fin de l’année 2011... Patience !

Béatrice Salviat est biologiste, chargée de mission à l’Académie des sciences, auteur d’ouvrages de vulgarisation scientifique, elle réalise une partie du contenu pédagogique de La main à la pâte.

David Jasmin
David Jasmin
© A.Ceccaldi

David Jasmin directeur de La main à la pâte, physicien de formation et auteur d’ouvrages de vulgarisation scientifique.

© DR

Pierre Léna est co-fondateur de la Main à la pâte, membre de l’Académie des sciences, et à l’initiative des Maisons régionales pour la science.

En savoir plus :

- Maisons régionales pour la science : site de l’Académie des sciences
- La main à la pâte
- Pierre Léna de l’Académie des sciences






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