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Séance solennelle de remise des Prix de l’Académie des sciences 2011 (1/2)

avec Alain Carpentier, Jean-François Bach, Catherine Bréchignac et Philippe Taquet membres de l’Académie des sciences
Canal Académie retransmet l’intégralité de la séance solennelle de remise de prix de l’Académie des sciences qui s’est déroulée le 12 octobre 2011. Retrouvez l’allocution du président de l’Académie des sciences Alain Carpentier, l’intervention du prix Nobel de médecine Jules Hoffmann présentant ses travaux sur l’immunité, et l’énoncé des prix de l’Académie des sciences par Jean-François Bach, Catherine Bréchignac Secrétaires perpétuels et par Philippe Taquet. Retrouvez aussi l’énoncé des lauréats des Olympiades nationales et internationales de mathématiques et de chimie. Et dans un dernier temps, écoutez les allocutions de 5 académiciens présentant leurs domaines de recherches.


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Référence : COU574
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/cou574.mp3
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Date de mise en ligne : 16 octobre 2011


Le président de l’Académie des sciences a ouvert comme de coutume la séance solennelle de l’Académie des sciences.
Alain Carpentier a ainsi débuté par deux hommages. Le premier est adressé à Jules Hoffmann, membre de l’Académie des sciences et récemment co-lauréat du prix Nobel de médecine 2011 avec Bruce Beutler et Ralph Steinman, pour ses travaux sur le fonctionnement du système immunitaire.

Alain Carpentier
Alain Carpentier

Le second hommage est adressé à l’équipe de chercheur du CNRS de Lyon qui a observé lors d’une expérience au CERN à Genève des neutrinos dépassant la vitesse de la lumière.
« Mon hommage ne concerne pas la nature de la découverte, car elle demande à être vérifiée, mais la manière dont a été annoncée l’information. Conscients de l’impact de leurs découvertes car elles remettaient en cause toute la physique actuelle, ils ont conservé l’information secrète pendant 6 mois pour refaire l’expérience. Mais lorsque l’information a commencé à filtrer, ils ont décidé de communiquer pour demander aux laboratoires indépendants de reproduire l’expérience. Car, est vrai en science, ce qui est vérifiable ».

Alain Carpentier a ensuite évoqué les avancées de la chimie et de la biologie et leur place dans notre vie quotidienne (retrouvez la version écrite de son allocution ici).

Jules Hoffmann de l’Académie des sciences, élu à l’Académie française le 1er mars 2012.
Jules Hoffmann de l’Académie des sciences, élu à l’Académie française le 1er mars 2012.
© Brigitte Eymann / Académie des sciences

Jules Hoffmann, récemment primé, a pris la parole sous la Coupole pour présenter l’objet de ses travaux. Ses recherches laissent espérer de nouveaux médicaments basés à partir de la stimulation immunitaire.
« Mon directeur de thèse, le professeur Joly, faisait de l’endocrinologie sur les criquets. Il avait constaté que les insectes en question n’étaient jamais victimes d’infections opportunistes. Cela laissait supposer qu’il devait exister des défenses anti-microbiennes ». Et c’est ainsi que Jules Hoffmann s’est penché sur les défenses immunitaires de la drosophile. « Mais pour les insectes précise-t-il, on ne parlait pas d’immunité mais de "réponse anti-microbienne ». Aujourd’hui, on l’appelle immunité innée ; une immunité que l’on observe chez la drosophile, mais aussi chez l’homme et chez l’anémone de mer, ce qui signifie que cette immunité existe depuis les débuts de l’évolution.
Chez l’homme, l’activation de cette immunité innée pourrait servir à développer des vaccins et à lutter contre les maladies infectieuses.

Dans un second temps, Catherine Bréchignac, Jean-François Bach et Philippe Taquet ont présenté les lauréats des prix 2011.

Retrouvez ci-dessous l’ordre des prix énoncés lors de cette première séance sous la Coupole. Une seconde séance solennelle aura lieu en novembre 2011 pour remettre les autres prix aux lauréats 2011.

(Consultez la liste complète de l’ensemble des lauréats 2011 sur le site de l’Académie des sciences)

PRIX ÉMILE JUNGFLEISCH
- Marat YUSUPOV, directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique, Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire de Strasbourg.

PRIX LAMONICA DE NEUROLOGIE (FONDATION POUR LA RECHERCHE BIOMEDICALE – P.C.L.)
- Alexis BRICE, PU-PH de génétique et cytogénétique à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière et coordonnateur de l’équipe de neurogénétique (Inserm 975-CNRS 7225) dans l’Institut du cerveau et de la moelle épininière (ICM).

PRIX LAMONICA DE CARDIOLOGIE (FONDATION POUR LA RECHERCHE BIOMEDICALE – P.C.L.)
- Pierre JAIS, professeur de cardiologie, Hôpital Haut Lévêque, Université Bordeaux II Victor Segalen.

BOURSE LOUIS GENTIL – JACQUES BOURCART
- Marie-Béatrice FOREL, Attachée temporaire à l’Enseignement et à la Recherche à l’Université Pierre et Marie Curie à Paris.

- PRIX AMPÈRE DE L’ÉLECTRICITÉ DE France Daniel MAYSTRE, directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique

PRIX FRANCE TÉLÉCOM
- Éric MOULINES, professeur et responsable projets à Télécom-Paris Tech à Paris.

PRIX MERGIER BOURDEIX
- Vincent ARTERO, chercheur au Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives, Laboratoire de Chimie et Biologie des Métaux de Grenoble.

PRIX LÉONID FRANK
- Jean-Michel CORON, professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, Laboratoire Jacques-Louis Lions, Paris.

PRIX LÉON VELLUZ
- Jean-Pierre MAFFRAND, chercheur à l’Université Paul Sabatier, ancien vice-Président de la recherche-Amont SANOFI-AVENTIS à Toulouse.

PRIX JACQUES HERBRAND
- Nalini ANANTHARAMAN, professeur à l’Université Paris-Sud (Orsay), département de mathématique.

PRIX DE CANCEROLOGIE DE LA FONDATION SIMONE ET CINO DEL DUCA FONDATION DE L’INSTITUT DE FRANCE
- Jérôme GALON, directeur de recherche à l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, directeur du Laboratoire d’Immunologie et de Cancérologie Intégratives au Centre de Recherche des Cordeliers à Paris.

PRIX DE L’INSTITUT FRANÇAIS DU PÉTROLE
- Satish SINGH, Professeur à l’Institut de Physique du Globe de Paris – Laboratoire de Géosciences Marines.

PRIX ALCAN
- Thomas PARDOEN, professeur à l’Université de Louvain la Neuve, Belgique.

PRIX IVAN PEYCHES
- Walter KOB, professeur à l’Université de Montpellier 2, Département de physique.

PRIX THÉRÈSE GAUTIER
- Ofer GABBER, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique à l’Institut des Hautes Études Scientifiques à Bures-sur-Yvette.

PRIX SOPHIE GERMAIN
- Yves LE JAN, professeur de mathématiques à l’université Paris-Sud, département de mathématique d’Orsay.

PRIX JAFFÉ (sciences mécaniques et informatiques)
- Olivier METAIS, directeur de l’Ecole Nationale Supérieure de l’Eau, de l’Energie et de l’Environnement, à Grenoble.

PRIX PIERRE FAURRE
- Laurent COGNET, directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique au Laboratoire Photonique, Numérique et Nanosciences à l’Institut d’Optique Graduate School à l’université de Bordeaux.

PRIX FONDÉ PAR L’ÉTAT
- Bernard HELFFER, professeur de mathématique à l’université Paris-Sud à Orsay.

PRIX ALEXANDRE JOANNIDÈS (Chimie)
- Francis SÉCHERESSE, professeur de chimie à l’université de Versailles Saint-Quentin, Institut Lavoisier de Versailles.

PRIX ÉTANCELIN
- Tora LASZLO, directeur de recherche au Centre National de la Recherche Scientifique à l’Institut de Génétique et de Biologie Moléculaire et Cellulaire à Illkirch.

PRIX ADRIEN CONSTANTIN DE MAGNY de la Fondation RHEIMS
- Bernard BOBÉE, professeur émérite à l’Institut National de la Recherche Scientifique à l’Université du Québec au Canada.

PRIX PAUL DOISTAU-ÉMILE BLUTET DE L’INFORMATION SCIENTIFIQUE
- Christine PROUST, professeur agrégé détaché à l’Institut méditerranéen de recherches avancées (ImeRA) à Marseille.

En clôture de cette séance, six Membres de l’Académie des sciences ont prononcé une allocution dans les disciplines qui les concernent :

Physique hors de l’équilibre : instabilité et régulation

Stephan Fauve, élu dans la discipline « Physique »

« La solennité de ces lieux se prête sans doute mal à parler d’instabilités et de chaos, mais c’est néanmoins ce que je me propose de faire en essayant d’en montrer les aspects positifs.
Il n’est peut-être pas nécessaire de définir le terme d’instabilité tant ce phénomène survient dans de nombreux événements de la vie courante. On n’en retient en général que l’aspect nuisible. C’est par exemple la turbulence engendrée par instabilité dans le sillage de nos véhicules qui est la source principale du coût énergétique. Les instabilités limitent aussi le rendement de nombreux processus industriels : le coût de la production d’aluminium par exemple implique pratiquement 50% d’électricité perdue en chaleur ; réduire ces pertes de façon substantielle s’est heurté depuis plus d’un siècle à une instabilité hydrodynamique se produisant lorsqu’on tente de le faire. Il n’est donc pas surprenant que le domaine des instabilités ait pendant longtemps été beaucoup plus connu des ingénieurs que des physiciens. Mais le pragmatisme des ingénieurs les a conduit le plus souvent à éviter les régimes instables quitte à en payer le coût, ou à les contrôler plutôt que d’en étudier le développement ». Lire la suite

L’inconnu et la démarche expérimentale

Claude Debru, élu dans la discipline « Biologie humaine et sciences médicales »

« C’est un rare honneur pour un philosophe de première formation d‘être élu à l’Académie des sciences, et j’en suis d’autant plus reconnaissant. On trouve déjà dans le projet de Compagnie des sciences et des arts de 1663, antérieur à la création de l’Académie des sciences en 1666, l’idée que les questions d‘ordre métaphysique, moral, historique ou grammatical, peuvent être évoquées mais seulement en liaison directe avec les objectifs scientifiques ou techniques de la Compagnie. Pour ma part, j’aime les sciences et les scientifiques, et j’ai collaboré avec eux depuis de longues années dans divers domaines des sciences de la vie, pour effectuer des travaux en histoire des sciences (ma discipline de prédilection) et en épistémologie. C’est de neurosciences que je vais parler maintenant, trente ans après mon entrée dans le laboratoire de Michel Jouvet à la Faculté de Médecine de Lyon, consacré à la physiologie du sommeil et du rêve. Michel Jouvet m’a appris de quelles manières le plus souvent paradoxales avance la démarche expérimentale dans son exploration de l’inconnu ». Lire la suite

Temps, fréquence, échelle

Patrick Flandrin, élue dans la discipline « Sciences mécaniques et informatiques »

"Nous vivons dans un monde de signaux et d’images. Les développements technologiques considérables de ces dernières décennies nous exposent quotidiennement à des quantités d’informations « multimédia » encore inimaginables il y a peu, et nous offrent des possibilités chaque jour plus grandes en matière de communication, de santé, de connaissance. Des sigles comme JPEG, MP3, 3G, GPS ou IRM nous sont devenus familiers, résultats tangibles de l’interaction entre la technologie et une science qui n’existait pas il y a une soixantaine d’années encore, et qui est celle du signal et de l’image. Historiquement, le « traitement du signal » est né dans l’immédiat après-guerre de problèmes de bruits en acoustique sous-marine. Formalisé avec les travaux pionniers d’André Blanc-Lapierre, qui fut Président de notre Compagnie, puis porté par des personnalités comme Bernard Picinbono et une école française particulièrement active, il a progressivement émergé comme discipline à part entière aux implications extrêmement variées. On pourrait presque dire, dans la mesure où l’une des raisons d’être du traitement du signal est l’extraction d’une information utile à partir de mesures souvent imparfaites, que « tout est signal »… Un peu plus précisément, le traitement du signal est une discipline d’interface, reposant sur trois appuis complémentaires : d’une part la physique au sens large pour l’origine de ses objets d’étude, d’autre part les mathématiques (l’analyse fonctionnelle, les statistiques, la géométrie) pour la formalisation de ses méthodes et l’évaluation de leurs performances, et enfin l’informatique avec le développement d’algorithmes efficaces ». Lire la suite

L’ARN, des séquences à l’architecture

Eric Westhof, élu dans la discipline « Biologie moléculaire et cellulaire, génomique »

"Permettez-moi d’abord de vous exprimer mes vifs remerciements pour l’honneur que vous m’avez fait et la confiance que vous m’avez témoignée en m’élisant membre de l’Académie des sciences. Depuis mon élection comme Correspondant en 1999, j’ai pu apprécier l’extraordinaire chance de pouvoir côtoyer et enrichir ma pensée auprès des chercheurs dont j’admirais les articles et les ouvrages. Louis Leprince-Ringuet, lors de sa leçon terminale au Collège de France, a dit en parlant des chercheurs : « On n’a rien à montrer à nos amis ». Les amitiés et rencontres scientifiques sont donc particulièrement précieuses.
La biologie moléculaire s’est construite autour d’un concept central : la transcription de l’information génétique contenue dans l’ADN génomique en molécules intermédiaires, les ARN messagers, qui sont ensuite traduits en protéines. Les protéines mobilisent l’ensemble des rôles structuraux, enzymatiques, et régulent également l’expression des gènes en assemblant les différents composants de la machinerie cellulaire et en interagissant avec eux. Cependant, déjà dans les années 80, la découverte par Thomas Cech et Sidney Altman des propriétés catalytiques de l’ARN avait ébranlé cette vision des mécanismes cellulaires centrée sur les protéines. Ces ARN catalytiques, appelés ribozymes, ont clairement démontré que les molécules d’ARN étaient capables de se replier dans l’espace et de former des architectures aussi complexes que celles des protéines et qu’elles étaient également capables d’action catalytique sur d’autres molécules. » Lire la suite

Transport mésoscopique : intrusion de la mécanique quantique dans les circuits électroniques

Hélène Bouchiat, élue dans la discipline « Physique »

« Les propriétés d’un circuit électrique au niveau le plus élémentaire comme la loi d’Ohm, font parti de notre réalité quotidienne. Toutefois lorsqu’on s’intéresse au transport électronique à des échelles de plus en plus petites les lois physiques qui décrivent les circuits électriques macroscopiques usuels cessent d’être valable. Cela se produit dès que l’on considère des systèmes d’une taille telle que se manifeste le caractère quantique ondulatoire des électrons. Ces électrons ne peuvent alors plus être décrits par des particules classiques mais par des fonctions d’onde cohérentes sur l’ensemble du circuit électronique considéré. L’existence d’interférences entre ces ondes électroniques obéissant à la mécanique quantique modifie profondément les lois de l’électricité telles qu’on les connaît dans les systèmes classiques ». Lire la suite

Communication neuronale : de la contrainte structurale à la dynamique moléculaire

Antoine Triller, élu dans la discipline « Biologie intégrative »

« Le nombre total de neurones dans le cerveau humain est estimé à 100 milliards, ce qui est du même ordre que le nombre d’étoiles dans notre galaxie, le tout dans un volume de 1.5 litre, avec un niveau de connectivité considérable, chaque neurone est à moins de 5 liens de n’importe quelle autre. Ceci est rendu possible par un très grand nombre de contacts qui peuvent aller jusqu’à 100 000 pour certains neurones. Ramon-Y-Cajal, dans sa conférence Nobel en 1906, résume un certain nombre de principes qu’il considère comme fondamentaux pour le fonctionnent du système nerveux. Deux sont particulièrement importants. Le premier est celui de la spécificité de la connectivité neuronale : tout n’est pas connecté avec n’importe quoi. Le second au plus près de ce dont je vais vous parler aujourd’hui est celui de la discontinuité de la connectivité entre cellules nerveuses ou neurones. Les neurones avec de très longs prolongements leur permettant de se connecter spécifiquement, communiquent entre eux par des jonctions spécialisées à leurs zones de contacts que l’on appelle des synapses. Le principe général de fonctionnement de la synapse dont les bases modernes ont été établies dans les années 1960 par Bernard Katz et Ricardo Miledi, est encore l’objet d’études. Brièvement, le potentiel d’action, l’activité électrique, arrive au niveau de la terminaison de l’axone, celle-ci provoque la libération du neurotransmetteur au niveau de la « zone active » telle qu’elle a été découverte et nommée dans les années 70 par René Couteau. Le neurotransmetteur ainsi libéré va diffuser dans un espace étroit d’environ 30 nm (1nm = 1 milliardième mètre) pour aller se fixer sur des récepteurs qui à leur tour induisent ou modulent un signal électrique. Tout ce passe dans un laps de temps de l’ordre de la milliseconde ». lire la suite

En savoir plus :

Consultez la page consacrée aux prix 2011 sur le site de l’Académie des sciences






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