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Paris brûle-t-il ? de René Clément en DVD

De l’Histoire, des comédiens immenses, des souvenirs et des témoignages essentiels : que demander de plus ?
René Clément (1913-1996) avait été élu en 1986 à l’Académie des beaux-arts. Gauthier Jurgensen salue la sortie en DVD de Paris brûle-t-il ?, l’un des chefs d’oeuvre du cinéaste. Des derniers jours de la Seconde Guerre mondiale jusqu’en août 1944, où Paris connaît la libération, il nous plonge au cœur d’une période essentielle de notre histoire. Ce DVD, qui devient enfin disponible en France, est donc un événement qui n’a pas échappé à notre jeune critique cinéma Gauthier Jurgensen.


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Émission proposée par : Gauthier Jurgensen
Référence : CARR822
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/carr822.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida7661-Paris-brule-t-il-de-Rene-Clement-enfin-en-DVD.html
Date de mise en ligne : 23 octobre 2011
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Depuis le 24 août 2011, vous pouvez vous procurer un film au casting étonnant. Voici, pêle-mêle une vingtaine de noms, vous verrez que ça en devient drôle tant ça n’en finit pas. Retrouvez (entre autres) Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Jean-Pierre Cassel, Pierre Vaneck, Bruno Cremer, Claude Rich, Kirk Douglas, Robert Stack, Charles Boyer, Leslie Caron, George Chakiris, Glenn Ford, Anthony Perkins, Yves Montand, Simone Signoret, Jean-Louis Trintignant, Daniel Gélin, Michel Piccoli, Gert Fröbe et Orson Welles dans un film de René Clément au scénario écrit par Gore Vidal et Francis Ford Coppola et à la musique composée par Maurice Jarre.

Vous l’aurez sans doute deviné : Paris Brûle-t-il ? sort enfin en DVD chez Paramount. Sorti dans les salles françaises en 1966, le film était déjà disponible en DVD depuis quelques années aux États-Unis et en Grande-Bretagne, mais pas chez nous. L’erreur est maintenant corrigée. Vous pourrez profiter de ce grand spectacle dans une belle copie restaurée numériquement en haute définition, avec presque trois heures de bonus : les souvenirs de Claude Rich et de Michael Wyn, l’assistant réalisateur de René Clément… un témoignage de Denitza Bantcheva, historienne du cinéma, qui replace le film dans la carrière du cinéaste… et beaucoup d’éclairages historiques, grâce à Dominique Lapierre, co-auteur du livre Paris Brûle-t-il ? et Vladimir Trouplin, conservateur au Musée de l’Ordre de la Libération. Que demander de plus ?

Image emblématique du film de René Clément : le drapeau nazi déchiré par les Parisiens libérés.
Image emblématique du film de René Clément : le drapeau nazi déchiré par les Parisiens libérés.
© PARAMOUNT HOME ENTERTAINMENT

Ce film à l’économie pharaonique, co-produit avec la Paramount, a été tourné dans les rues de Paris pendant l’été 1965, entre cinq et sept heures du matin pour ne pas trop gêner la circulation. On retrouve, aux côtés de nos stars, des dizaines de milliers de figurants, réunis dans le centre de la capitale, là où les combats ont eu lieu en août 44. Notre cinéma n’a rien à envier à Hollywood, même si le producteur Paul Graetz a dû couper l’herbe sous le pied à Darryl Zanuck, le grand patron de la Fox, qui voulait remettre le couvert après le succès international du Jour le plus long. Effectivement, il faut que notre film à puisse rivaliser avec cette référence du film de guerre, ce qui explique l’importance des vedettes présentes dans Paris Brûle-t-il ?. Rappelons tout de même que Le Jour le plus long était une œuvre collégiale, signée par plusieurs réalisateurs, alors que René Clément était seul maître à bord de son film.

Orson Welles interprète le rôle du consul de Suède Raoul Nordling
Orson Welles interprète le rôle du consul de Suède Raoul Nordling
© PARAMOUNT HOME ENTERTAINMENT

L’histoire est avant tout celle du Général Dietrich von Choltitz, dernier Consul de Paris sous l’Occupation, qui va, pour la première fois de sa carrière, désobéir aux ordres lorsque Hitler décide de faire brûler la ville. Dans l’ombre, la Résistance se coordonne tant bien que mal. Le Colonel Rol Tanguy veut plus d’armes pour la Résistance communiste et se cache dans les catacombes. Jacques Chaban-Delmas veut s’assurer de son soutien, mais sans lui donner les moyens d’un coup d’Etat. Le Général Leclerc prépare son entrée par le sud de la ville avec sa division blindée. Les Américains arrivent par l’ouest et ont hâte de découvrir Paris. Le récit de la Libération se tisse peu à peu en toile d’araignée, construisant ainsi un film bien moins linéaire que Le Jour le plus long, où était reconstitué le débarquement du 6 juin 1944.

Paris Brûle-t-il ? dure presque trois heures. C’est après l’entracte que les affrontements commencent pour de bon, mais avec un enthousiasme que René Clément a très bien su reconstruire. Chaque acteur de la Libération devient aussi spectateur, comme vous et moi. Aussi bien les Résistants qui, depuis le quai des Orfèvres et les catacombes, attendent l’arrivée de l’armée, que les Américains, incarnés par Anthony Perkins et George Chakiris, qui aimeraient bien faire un peu de tourisme en passant. Et, surtout, les Parisiens, toujours en toile de fond, qui sont ravis de participer cet évènement historique et d’être aux premières loges. Ainsi cette vieille dame qui ouvre son appartement à l’armée française pour que les soldats puissent tirer depuis ses fenêtres, tout en prenant le thé dans son salon, alors que des petits bouts de son plafond tombent dans sa tasse. Ou cet ancien combattant qui tient à descendre dans la rue avec son fusil pour tirer une unique cartouche avant de se faire réprimander par un officier, qui lui dit : « Courrez-vous abriter, maintenant. Ce n’est pas sérieux ! ». Paris devient à la fois un théâtre et un champ de bataille. Attention tout de même à ne pas tourner le dos au combat pendant trop longtemps, comme ce soldat américain qui, content de boire enfin un petit verre de vin dans un bistrot typique, se fait abattre par l’occupant.

Soldat allemand qui s'apprête à lancer une grenade dans le jardin des Tuileries.
Soldat allemand qui s’apprête à lancer une grenade dans le jardin des Tuileries.
© PARAMOUNT HOME ENTERTAINMENT

Bien entendu, même avec tant de moyens, la libération de Paris ne peut pas se reconstruire entièrement sur un plateau de cinéma. C’est pourquoi René Clément a souvent recours aux images d’archives pour compléter son film, particulièrement dans la dernière séquence, où le Général De Gaulle descend les Champs Élysées dans une capitale enfin libre. Vous remarquerez bien sûr que le film passe du noir et blanc à la couleur, dans le générique de fin, qui présente Paris vu du ciel dans les années 1960, brossant ainsi en guise d’épilogue un petit portrait d’une ville aujourd’hui prospère, libre et en paix.

Alors n’attendez pas que le film repasse à la télévision. Procurez-vous ce DVD superbe, avec un film à très grand spectacle et des compléments essentiels. Une fois le tout visionné, vous serez incollables sur cette grande page de l’Histoire, qui a marqué un tournant décisif dans l’issue de la Seconde Guerre mondiale.

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