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Paul Klee : des traces de maladie invalidante dans sa peinture

L’oeuvre ultime, une série animée par Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Académie des beaux-arts

Issu d’une famille de musiciens, pratiquant lui-même le violon, Paul Klee décida cependant de se consacrer à la peinture en déclarant : « La peinture et moi ne faisons plus qu’un ». Le peintre poète, témoin de la montée du nazisme, contraint à l’exil en Suisse, se lancera dans une production effrénée de toiles jusqu’à sa mort, alors même qu’une maladie invalidante l’accaparait progressivement. Détails en compagnie de Jacques-Louis Binet, correspondant dans la section membres libres de l’Académie des beaux-arts, et Secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie nationale de médecine.


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C'est très rapidement que le « motif » disparaît dans l’œuvre de Paul Klee au profit d'une perception synthétique. Préparant la structure en carrés de son œuvre future, Klee « s'attaque », selon ses propres termes, « à la synthèse architecture urbaine-architecture du tableau ».
En 1920, il est engagé au Bauhaus, Institut des arts allemand créé en 1919. Paul Klee y enseigne dans la branche de la peinture sur verre, puis du tissage. Plus tard, il se voit confier personnellement un cours de peinture. Mais trop pris par sa propre production, il finit par démissionner en 1931.
Il est alors appelé à l'Académie de Düsseldorf. Mais l'arrivée d'Hitler au pouvoir en 1933 change profondément le paysage culturel et artistique du pays : le Bauhaus est fermé et Paul Klee, accusé de « bolchevisme culturel » est destitué de ses fonctions de professeur.



Le peintre retourne à Berne en Suisse, pays qu'il connait bien. C'est là-bas qu'il entame la dernière phase de son œuvre. Ses toiles gagnent en format, il se lance dans une production effrénée (il passe de 36 toiles pour l'année 1936 à 1200 toiles en 1939) et retire tout ce qui lui semble superflu.

Pourtant, dès 1935, Paul Klee commence à ressentir les premiers effets d'une affection maligne de la peau, la sclérodermie (ndlr : durcissement et épaississement de la peau qui s’attaque ensuite aux organes). « Cette profusion est une manière de lutter contre son mal, mais aussi de lutter contre la solitude » nous dit Jacques-Louis Binet. Exilé, vivant dans une Europe mutilée, il regrette l’Allemagne romantique qu’il a connue.
Mais cela n’empêche pas l’artiste de d’approfondir le sujet de son œuvre :

« Klee a essayé de retrouver les origines de la peinture… sa grammaire ; d’où ce côté qu’on a trop souvent appelé enfantin. Mais son travail servira à d’autres artistes comme le groupe Cobra, fondé 30 ans après ».

Si la maladie ne l’empêche pas de travailler, elle s’exprime cependant dans ses toiles, à travers des fonds très étudiés, des traits noirs violents « qui en dehors de la peinture n’a rien d’esthétique » précise Jacques-Louis(...)


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