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Histoire du climat avec Emmanuel Le Roy Ladurie : les fluctuations climatiques depuis le XVIIe siècle (5/6)

L’historien de l’Académie des sciences morales et politiques explique les alternances tiédeur-fraîcheur

Grâce aux dates des vendanges et aux séries thermométriques repérées par Daniel Rousseau, de Météo France, il est possible de voir les fluctuations du climat (alternance de phases tièdes et fraîches) depuis le début du XVIIe siècle en Europe occidentale. Mais depuis 1987, en raison d’un réchauffement marqué, ce mécanisme s’est déréglé…


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Expliquons d'abord le processus des fluctuations (ou oscillations) climatiques. Si leur durée varie (de 15 à 30 ans, voire plus), elles ne concernent que le printemps et l’été, les hivers et les automnes étant les «parents pauvres des études historico-climatiques multi-saisonnières», ainsi que l'explique Emmanuel Le Roy Ladurie dans sa communication sur les fluctuations du climat à l'Institut, lors de la séance du 20 juin 2011. Ces fluctuations ont pour point commun d’être partagées en deux phases, la première tiède, la seconde fraîche (avec des variations). C’est le cas depuis la première fluctuation relevée avec quasi certitude, aussi appelée fluctuation «Galilée», qui va de 1602 à 1634.


Mais cette alternance régulière de tiède à frais est chamboulée depuis l’orée du XXe siècle en raison de l'avènement du réchauffement global. Les fluctuations dites «Arrhenius» (1892-1928) et «Manley» (1929-1986) voient encore le scénario tiédeur-fraîcheur se reproduire, quoique moins nettement en ce qui concerne la phase de fraîcheur, plus douce que les séquences fraîches antérieures.



La fluctuation «Arrhenius» (1892-1928)


On distingue quatre fluctuations au XVIIe siècle, quatre également au XVIIIe siècle, trois au XIXe siècle, et l'on arrive enfin à la fluctuation «Arrhenius», à cheval entre le XIXe et le XXe siècle, «d’autant plus intéressante qu’elle coïncide pour la première fois avec un phénomène indépendant et tout à fait nouveau: le début du réchauffement global, lui-même typique des XXe et XXIe siècles, non sans freinages et ralentissements divers en cours de route».


Svante Arrhenius (1859-1927) est le nom de ce Suédois qui, en 1896, émit «l'hypothèse que la poursuite de la combustion de carburants fossiles (essentiellement du charbon à l'époque) pourrait conduire au doublement de la quantité de gaz carbonique (CO2) dans l'atmosphère, renforçant l'effet de serre, d'où un réchauffement planétaire de 2 ou 3 degrés», comme le rappelle Robert Kandel dans(...)


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