Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

Histoire du climat avec Emmanuel Le Roy Ladurie : la Révolution française, une révolution climatique ? (2/6)

L’historien, de l’Académie des sciences morales et politiques, raconte les deux grandes crises climatiques de l’époque

La Révolution française et le climat est un thème qui a fait couler beaucoup d’encre et donné lieu à bien des fantasmes. Emmanuel Le Roy Ladurie revient dans cette émission, deuxième de notre série sur l’histoire du climat, sur les deux grandes crises climatiques qui ont précédé et terminé la Révolution française : 1788-89 et 1794-95.


Bookmark and Share

Nul historien sérieux n’oserait affirmer que les mauvaises conditions météorologiques de l’année 1788-89 sont responsables du déclenchement de la Révolution française. Celle-ci a bien d’autres origines : économiques, politiques, culturelles, sociales, etc. Il n’en reste pas moins que le contexte climatique ayant précédé 1789 (printemps-été chaud suivi d’intempéries, puis grand hiver) ont créé un terreau favorable à l’éclosion de la Révolution – sans toutefois mettre le feu aux poudres.


Voilà pour l’ouverture de la Révolution française, qui se termine en 1794-95 - du moins pour ce qui concerne sa phase radicale, politiquement parlant - , dans un contexte écologico-climatique comparable à celui de 1788-89. Soit un printemps sec et un été pluvieux suivi d’un grand hiver froid.
Emmanuel Le Roy Ladurie explique en détail dans cette émission le déroulement de ces deux périodes. Nous nous attarderons ici sur la seconde phase, moins connue : 1794-95. Ce qui nous amènera nécessairement à parler de 1788-89.



1788-89 et 1794-95 : ressemblances et différences


L’an II et le début de l’an III (1794) de la Révolution est une année « chaude » non seulement au point de vue politique, mais aussi au point de vue météorologique. Comme le printemps 1788, le printemps 1794 est marqué par l’échaudage des blés. L’été qui suivit fut, comme six ans auparavant, un été pourri. Conséquence : les récoltes furent mauvaises. Le grand hiver 1794-95 n’arrangera rien à l’affaire, il l’aggravera même plutôt, comme c'était arrivé, une fois de plus, en 1788-89. Encore faut-il préciser que ces grands hivers ne peuvent être tenus pour responsables des désordres frumentaires et subsistantiels, comme l’ont pensé certains historiens ; le mal était fait dès les étés 1788 et 1794.


Quoi qu’il en soit, les mauvaises récoltes provoquèrent une hausse des prix du grain et des émeutes de subsistances (où le rôle des femmes est important), comme après l’été 88 du reste. Mais à la différence de 1788-89, la France est en guerre en 1794-95 et la mortalité consécutive aux mauvaises récoltes est élevée. Les émeutes sont aussi plus violentes. C’est donc en termes démographiques que la différence est la plus notable entre les deux périodes, même s’il demeure difficile de chiffrer avec précision le nombre de morts(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires