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Le SMI nouveau va-t-il arriver ?

La chronique économique de Philippe Jurgensen

Philippe Jurgensen aborde ici non pas le FMI, mais une notion plus large : le système monétaire international, SMI. Selon lui, il est possible, en effet, que le désordre monétaire international que nous subissons commence à se réformer à la faveur de la crise.


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Les caractéristiques de ce qu’il faudrait plus justement appeler le « non-système » actuel sont connues. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, les accords de Bretton-Woods avaient organisé un système dit étalon de change-or (« Gold exchange standard »), où toutes les devises étaient définies par un cours fixe par rapport au dollar, avec une marge de variation autorisée de + ou – 1% seulement. Le dollar était lui-même rattaché à l’or au cours fixe de 35 $ l’once – soit 43 fois moins que le cours de marché d’aujourd’hui, ce qui, disons-le en passant, montre l’ampleur de l’inflation intervenue depuis lors. Il était possible de réévaluer ou (plus souvent…) de dévaluer sa monnaie sur accord du FMI, le Fonds monétaire international, institution multilatérale et clef de voûte du système. Le Fonds surveillait les situations de balance des paiements et donc les politiques économiques susceptibles de compromettre leur équilibre. Et chaque pays apportait sa cotisation, la quote[art ou quota, à une caisse commune, à laquelle il pouvait emprunter en fonction de son quota en cas de crise, à condition de souscrire à un plan de redressement – c’est la fameuse « conditionnalité » du Fonds.

Ce système a tenu pendant un quart de siècle, ce qui n’est déjà pas si mal ; il avait même progressé, car les monnaies européennes, initialement soumises à un contrôle des changes très strict, sont peu à peu devenues convertibles, c'est-à-dire que chacun pouvait acheter ou vendre une devise contre une autre au cours officiel, en fonction de ses besoins. Mais l’inflation et les « déficits jumeaux » (budgétaire et extérieur) qui, comme aujourd’hui, affligeaient les États-Unis, pays ancre du système, ont eu raison de cette organisation. Elle s’est détruite, en trois chocs successifs :
- en 1968, une première dévaluation, encore modeste, portait le cours de l’or à 38 $ l’once ;
- en 1971, les accords du Smithsonian Institute décrochaient carrément le dollar de sa référence or : le système monétaire international n’était plus calé que par rapport au seul roi-dollar.
- enfin et surtout, en mars 1973, le flottement généralisé des monnaies était décrété, c’est à dire que leur valeur n’était plus définie par un cours fixe, défendu par les autorités publiques, mais par un cours variable, défini chaque jour par(...)


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