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Dinosaures à adopter

L’Institut de Paléontologie Humaine accueille jusqu’au 15 Septembre 2011 les fossiles qui seront vendus le 14 Octobre par Sotheby’s
Suwassae Emiliae, Ténontosaure, ou encore Prosaurolophus Maximus, tels sont les noms des nouveaux locataires de l’Institut de Paléontologie Humaine. Les fossiles de ces monstres du Mésozoïque s’y sont installés pour l’été afin de séduire de potentiels acheteurs en vue de la vente organisée par Sotheby’s le 14 Octobre. C’est l’occasion de partir pour un voyage dans le temps.


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Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida7362-Dinosaures-a-adopter.html
Date de mise en ligne : 10 juillet 2011


Du 1er juillet au 15 septembre 2011, l’Institut de Paléontologie Humaine à Paris accueille la remarquable exposition « Trésors de dinosaures ». Pour la première fois en France, et dans le monde, des squelettes d’une qualité inédite sont présentés au grand public avant la vente aux enchères organisée par Sotheby’s le 14 octobre.

Les dinosaures, chaînon manquant dans l’Histoire de l’humanité ?

Il est en effet très surprenant de voir un institut consacré à la paléontologie humaine, exposer des fossiles de dinosaures. Henry de Lumley, directeur de l’IPH, nous rassure : son établissement n’est pas destiné à devenir un nouveau Jurassic Park.
Voici comment a commencé cette aventure qui nous fait remonter au Mésozoïque : En septembre 2009 la prestigieuse société de ventes aux enchères, Sotheby’s, expose au grand Palais à Paris un squelette complet de rhinocéros laineux vieux de 100 000 ans. Vendue 72 750 euros, cette pièce époustouflante trouve un acquéreur en la personne de Gérard Reynaud, un généreux mécène qui décide en Octobre 2010 de laisser la garde de ce fossile de compagnie un peu trop encombrant à l’IPH. Bien qu’honorée, la direction de l’Institut est tout de même étonnée. Une telle pièce peut-elle trouver sa place dans un musée dédié à la paléontologie humaine ? Force est de constater qu’une fois exposé au cœur de la bibliothèque, le spécimen fossilisé est du meilleur effet. En réalité, l’œuvre et son cadre ont un succès tel que la maison Sotheby’s n’a pas hésité à demander à l’IPH d’accueillir sa nouvelle exposition de fossiles, de servir de « prestigieux écrin pour la Rolls Royce des dinosaures » comme le dit si bien Eric Geneste, spécialiste d’histoire naturelle.

Squelette de Rhinocéros laineux exposé dans la bibliothèque de l'IPH
Squelette de Rhinocéros laineux exposé dans la bibliothèque de l’IPH
© Canal Académie / Michael Ducousso

Présentation des vedettes

Passée la porte d’entrée, les amateurs de paléontologie se retrouvent immergés dans un monde sauvage vieux de plusieurs millions d’années. Parmi les différentes pièces exposées et proposées à la vente, quatre se démarquent du lot par leur impressionnant état de conservation.
Premier fossile exposé à la vue des futurs acquéreurs, ou des simples curieux : un gigantesque crâne de Tricératops. Ses mensurations sont telles (2,3 mètres de long pour 1,5 mètre de large, auxquels s’ajoutent des cornes d’un mètre chacune) que la pièce n’a pu être déposée dans la salle d’exposition, trônant majestueusement dans l’entrée de l’Institut.

Crâne de Tricératops
Crâne de Tricératops
© Canal Académie / Michael Ducousso

Ainsi, dès son arrivé le visiteur ne manquera pas d’être émerveillé, sans se douter cependant qu’il est encore loin d’être au bout de ses surprises. La salle d’exposition renferme en effet un spectacle des plus rares : trois monumentaux fossiles de dinosaures prennent vie sous vos yeux. Le premier, un Prosaurolophus Maximus (un ornithischien de la famille des Hadrosaures, dinosaures « à bec de canard ») vous regarde, pour ainsi dire, droit dans les yeux. Allongé sur le flanc, comme au repos, il vous faut l’imaginer il y a quelque 150 millions d’années, à la fin du Crétacé, lorsqu’il pouvait tenir ses prédateurs en respect du haut de ses 11 mètres (pour plus d’une tonne !), et s’adonner placidement à la dégustation de végétaux, littéralement broyés sous ses rangées de milliers de dents. Si son enveloppe charnelle a disparu, il n’a pas pour autant perdu de sa splendeur et, fait extrêmement rare, quelques parcelles de peaux ont subsisté sur les ossements de ce « dinosaure momie ».

Prosaurolophus Maximus
Prosaurolophus Maximus
© Canal Académie / Michael Ducousso

Autre attraction phare de l’exposition : un Suuwassae Emiliae (« lézard du tonnerre » en langage amérindien Crow). Ce fossile, vieux de 147 millions d’années a conservé 85 % de son squelette, ce qui est remarquable pour une sous-espèce de Diplocidés pouvant mesurer jusqu’à 15 mètres de long pour quatre mètres de haut. L’état de minéralisation exceptionnel de ce véritable « diamant noir » nous permet de distinguer sur les vertèbres, des traces de lésions laissées par les combats durant lesquels le dinosaure utilisait sa queue comme un fouet capable de fracturer les os d’adversaires au moins aussi imposants que lui.

Suuwassae  Emiliae
Suuwassae Emiliae
© Sotheby’s

Enfin, le joyau de l’exposition : un Ténontosaure (Ornithischien de la famille des Iguanodontidés). Encore engoncé dans son linceul de boue il est moins impressionnant que les deux autres, et pourtant il est comparable à un « diamant de petite taille, certes, mais très pur ». Car le fossile est complet à un os près ! Ce qui n’est pas une mince affaire lorsqu’on prend en compte la taille du dinosaure (7 mètres) muni d’une queue extrêmement longue où subsistent encore les traces des nombreux tendons qui lui ont valu son nom. Les chercheurs eux-mêmes se sont particulièrement attachés à cette pièce qu’ils ont baptisée « Clover », le combattant. Les os mis à jours racontent en effet l’émouvante épopée de la bête dont une partie de la queue a gardé les séquelles d’une agression par une « meute » de Deinonychus affamés.

Clover le Ténontosaure
Clover le Ténontosaure
© Sotheby’s

Vers une nouvelle disparition des dinosaures ?

Une exposition qui s’avère donc intéressante et attrayante pour les grands, mais surtout pour les petits paléontologues en herbe. Cependant une question demeure : Que deviendront ces fossiles après la vente aux enchères ?

Le professeur Henry de Lumley, correspondant de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et directeur de l'IPH
Le professeur Henry de Lumley, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, et directeur de l’IPH
© Canal Académie / Michael Ducousso

Quand on demande au professeur de Lumley, directeur de l’IPH, s’il n’éprouve pas un léger pincement au cœur à voir partir ces pièces merveilleuses dans une collection privée plutôt que dans un musée, il répond : « Nous ne pouvons nous empêcher de penser qu’un généreux mécène, impressionné par l’exposition, acceptera d’acheter ces fossiles mais de les laisser ici. » Et de poursuivre avec un sourire malicieux aux lèvres : « Et puis, ce qui entretient nos espoirs, c’est que peu de personnes peuvent exposer ces pièces dans leur salon. » Gageons que l’exposition aura donné envie aux acheteurs potentiels de laisser ces perles scientifiques dans leur écrin.

Dans ce monde de lézards terribles terminons sur une touche de douceur enfantine. Un Petit Prince paléontologue demande au chercheur chargé de présenter les pièces : « Mais comment on trouve des dinosaures ? » Et celui-ci de répondre : « Il faut marcher dans le désert en rêvant. »

Michael Ducousso


En savoir plus :

- l’Institut de Paléontologie Humaine ouvre ses portes du 1er juillet au 15 septembre 2011.
Entrée libre et gratuite tous les jours de 11h30 à 17h30
1, rue René Panhard
75013 Paris
Tel : 04-43-31-62-91
- Plus d’informations sur le site de l’IPH
- Retrouvez le professeur Henry de Lumley, correspondant de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, sur Canal Académie






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