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Thésée d’André Gide : le combat contre le minotaure réinventé

Etude du mythe de Thésée par l’un des grands écrivains du XX è siècle

Les écrivains, romanciers, essayistes, se sont largement penchés sur la scène du combat entre Thésée et le minotaure, notamment André Gide dans son essai Thésée(1946). Les élèves de l’école d’art proposent une lecture de ce texte. Cette émission fait partie de la série des mythes grecs, avec Prométhée et Narcisse, proposée par Canal Académie.


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André Gide, qui reçut le prix Nobel de littérature en 1947, publia en 1946, Thésée, un livre qu’il aura mis plus de 20 ans à élaborer.

Dans cet ouvrage, un essai, Thésée est le personnage principal et l'auteur revient sur les différentes étapes de sa vie. Intéressons-nous au passage où Thésée, après s’être entretenu avec Dédale, s’apprête à pénétrer dans le labyrinthe pour y aller affronter le minotaure.

Un minotaure peu effrayant

Dans cet extrait, le personnage du minotaure est loin de l'image du mythe grec. Celui-ci apparaît comme un monstre fabuleux avec un corps d’homme et une tête de taureau. Mais André Gide nous présente ici un minotaure qui n'a pas l'air si méchant que ça finalement ! Dédale va même jusqu’à dire à Thésée en parlant du minotaure : « On a dit qu’il se nourrissait de carnage ; mais depuis quand les taureaux n’ont-ils dévoré que des prés ? » Il relativise donc la cruauté de ce monstre. Et finalement cela tend à rendre l’épreuve plus bénigne. L'auteur dédiabolise donc le minotaure, il en fait une proie facile pour Thésée, et pourtant le héros grec doute à l'approche du premier coup à porter à son adversaire.

Thésée charmé?

La première fois que Thésée voit le Minotaure, il le trouve allongé au milieu des fleurs, dans un jardin paradisiaque qui n’est pas sans rappeler l’Eden. Thésée va même jusqu’à trouver qu’il existe une certaine harmonie entre son côté homme et bête. Il insiste également, sur sa jeunesse qui lui donne quelque charme. Et cette beauté, cette jeunesse, Thésée les voit comme des armes. Thésée dit : « Et je ne pouvais le haïr», alors que la bête est en train de dormir. Mais, finalement, il décide « d’y aller » selon ses termes. Curieusement, le lecteur ne sait rien du combat, cette scène est éclipsée du récit. Thésée, lui-même, est incapable de se souvenir réellement de ce qui s'est passé. L'auteur a donc(...)


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