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Sur les traces de Corneille à Rouen

Visite de la maison natale de l’académicien, auteur du Cid, en compagnie de Jacques Tanguy
Corneille : "Le temps est un grand maître, il règle bien des choses". 405 années après sa naissance, nous partons sur le lieu d’enfance du dramaturge qui fut célébré de son vivant, à Rouen. Pierre Corneille, le "Grand Corneille", ne se séparera de sa maison natale qu’un an avant sa mort. Il compta parmi les membres de l’Académie française en 1647.


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Émission proposée par : Emilie Joulia
Référence : CARR776
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/carr776.mp3
Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida7075-Sur-les-traces-de-Corneille-a-Rouen.html
Date de mise en ligne : 29 mai 2011

Non loin du lieu du supplice de Jeanne d’arc, à deux pas de la place Saint-Sauveur, rue de la Pie, apparaît la maison de l’auteur du Cid. Elle ne recèle aucun secret pour Jacques Tanguy dont la connaissance de la ville de Rouen reste sans faille. A l’époque, Pierre Corneille occupait cette maison tandis qu’attachée à elle, à droite, une autre maison abritait son frère Thomas. Cette dernière a été détruite.

Jacques Tanguy, dans cette émission, nous raconte que la façade de la maison de gauche a disparu vers 1860 en raison des règlements d’alignement en cours à l’époque. Le reste de la maison (elle fut achetée par le grand-père de Corneille en 1584) reste dans son état initial.

Corneille vend la maison un an avant sa mort pour établir une de ces filles. Par la suite, elle passe de mains en mains pour finalement être récupérée par la ville. Notons qu’elle fut autrefois, au XIXème siècle, un cabaret !

Les frères Corneille avaient chacun leur maison ! A gauche, celle de Pierre, à droite celle de Thomas. Dessin de Polyclès Langlois en 1841
Les frères Corneille avaient chacun leur maison ! A gauche, celle de Pierre, à droite celle de Thomas. Dessin de Polyclès Langlois en 1841

Petit rappel d’une œuvre immense

Pierre Corneille, né le 6 juin 1606, à Rouen, est issu d’une famille de petite-bourgeoisie, dont le père avait la charge de maître des eaux et forêts (La Fontaine obtiendra la même charge plus tard). Il est l’aîné de six frères et sœurs et l’un de ses neveux sera Fontenelle, homme de science et de lettres, futur académicien centenaire ! Pierre Corneille envisage, après de solides études chez les Jésuites, une carrière d’avocat avant de se tourner vers la littérature. Il écrit d’abord des comédies : Mélite (1629, sa première œuvre, La Place royale (1634), L’Illusion comique (1636) ou plus tard Le Menteur (1643). Mais à partir de 1637, il se tourne vers le genre tragique avec en 1637, une tragi-comédie qui fait grand bruit Le Cid. Suivront des tragédies aux sujets romains : Horace (1640), Cinna ou la Clémence d’Auguste (1641), Polyeucte (1642), Rodogune (1644) ou encore Nicomède (1651).

Corneille fait des études brillantes dans un collège de Jésuites à Rouen, et reçoit le Premier Prix de vers latins de la classe de rhétorique à 13 ans. Il se passionne pour les stoïciens latins, et pour leur éloquence logique et raisonneuse, ce qui marquera profondément la construction de ses tirades. Comme tous les aînés, il est amené à poursuivre des études de droit, et devient avocat en 1624. Mais Corneille a un handicap : grand timide, l’aisance verbale des grands maîtres du barreau lui manque cruellement. Il préfère écrire.

Rendez-vous avec l’Académie française puis descente aux enfers

Son œuvre importante, riche de 32 pièces, est diverse. A côté de comédies proches de l’esthétique baroque comme L’Illusion comique, Pierre Corneille a su donner sa véritable dimension à la tragédie moderne naissante au milieu du XVIIe siècle. Il a marqué de son empreinte le genre par les hautes figures qu’il a créées : des âmes fortes confrontées à des choix moraux fondamentaux.

Façade de la maison natale de Corneille © Jacques Tanguy
Façade de la maison natale de Corneille © Jacques Tanguy

Après une décennie de gloire – l’apogée étant son élection à l’Académie française en 1647 -, ses pièces rencontrent moins de succès et Pierre Corneille cesse d’écrire pendant près d’une dizaine d’années. Il revient au théâtre en 1659 mais la faveur nouvelle pour les œuvres de Jean Racine moins démonstratives relègue ses créations - encore nombreuses - dans l’ombre. Il cesse d’écrire après l’échec de Suréna en 1674 et sa vie devient difficile (il doit être pensionné par Louis XIV), même si ses anciennes pièces continuent à être représentées.

Corneille, amoureux de Rouen...

Jacques Tanguy nous raconte que l’essentiel de son oeuvre d’immortel a été écrite dans cette maison (où l’on trouve d’ailleurs toujours des éditions originales de ses oeuvres). Citant Le Cid, il nous lit un passage de la pièce qui est censée se passer à Séville, mais est-ce vraiment Séville lorsque l’on lit :

« Cette obscure clarté qui tombe des étoiles

Enfin avec le flux nous fait voir trente voiles ;

L’onde s’enfle dessous, et d’un commun effort

Les Maures et la mer montent jusques au port. »

(Corneille, Le Cid, (1682), Acte IV, scène 3.)

Corneille, dans ce magnifique oxymore, est supposé nous faire découvrir Séville ! Et pourtant, « ce qu’il décrit ici, c’est Rouen ».

Il reste de cette petite maison de Corneille une atmosphère d’époque, meublée dans le style Louis XIII, évoquant bien l’esprit de l’ancien maître des lieux, figure majeure du classicisme français.

Pierre Corneille (1606-1684)
Pierre Corneille (1606-1684)

En savoir plus :

- Pierre Corneille à l’Académie française
- Fontenelle à l’Académie française
- Site de Jacques Tanguy

- Adresse du Musée Corneille : 4 rue de la Pie, 76000 Rouen / Tél : 02 35 71 63 92

Livres disponibles sur le site web Rouen histoire :





Retrouvez notre rubrique « Les demeures des académiciens »






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