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Jésus de Nazareth par Joseph Ratzinger-Benoît XVI
Alain Besançon a lu le livre de son confrère à l’Académie des sciences morales et politiques
Joseph Ratzinger-Benoit XVI (toujours membre associé étranger de l’Académie des sciences morales et politiques) a fait paraître le second tome de son Jésus de Nazareth. Nous avions rendu compte du premier (publié en 2007), et, nous avons demandé à Alain Besançon de nous donner son point de vue sur le deuxième, lui qui a écrit un article sur ce livre et qui réfléchit depuis longtemps au christianisme à l’époque moderne. Quels sont, selon lui, les points les plus importants de cette lecture des épisodes évangéliques qui vont de la montée à Jérusalem à la Passion et la Résurrection ?
Joseph Ratzinger, né le 16 avril 1927, pape depuis la mort de Jean-Paul II, a été reçu le 6 novembre 1992 à l’Académie des sciences morales et politique. Dans ce second des trois tomes qu’il devrait consacrer à l’histoire de Jésus, il passe en revue les différents épisodes de la vie du Christ, relatée dans les Évangiles qui vont jusqu’à sa mort et sa résurrection. Le troisième tome, lui, sera consacré, à l’enfance de Jésus.
Alain Besançon, spécialiste du communisme, du totalitarisme et auteur d'un ouvrage intitulé Trois tentations dans l’Eglise, est membre du comité de rédaction de la revue Commentaire et, lui aussi, membre de l’ASMP – et ce depuis 1996. Il vient de faire paraître, en 2010, Cinq personnages en quête d’amour.
Dans cet entretien, il met en lumière différents points saillants du livre de Joseph Ratzinger-Benoit XVI (car, l’auteur signe sous ses deux noms – ce qui est unique dans l’histoire de la papauté) :
- Pour le Pape, Jésus n’était pas un acteur politique ni un révolutionnaire et encore moins un adepte de la violence. Il n’est donc pas un zélote mais prône, dit-il, « le zèle de l’amour qui se donne ». Cette rectification va à l’encontre de toute une tradition chrétienne qui est, pour Alain Besançon, une des tentations de l’Église.
- Pour le Pape il importe de sortir des impasses d’une lecture stricto sensu symbolique de la Bible (faite, surtout, par Rudolf Bultmann). Non pas la refuser mais ne pas s’en contenter – ce qui fut fait dans les années 1970. Et surtout conjuguer une compréhension, en même temps, des réalités historiques et des vérités de foi.
- Le Pape réaffirme que le peuple juif n’est pas le peuple déicide. Il n’y a pas de responsabilité collective et donc de culpabilité collective. Les pécheurs seuls et la part de péché en nous sont coupables.
A ces différents points Alain Besancon ajoute une analyse du pontificat de Benoit XVI comme un moment de « redressement de l’intelligence chrétienne ». Il faut dire que l’auteur des trois tentations de l’Eglise (Perrin, 1996) est assez critique(...)
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