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Monter sur ses grands chevals ?

Mot pour mot, la rubrique de Jean Pruvost

Le cheval, endurant au labeur, preste à la course, brave à la guerre, mais indomptable en linguistique ! Si son accord au pluriel est le cauchemar des jeunes écoliers, les multiples expressions qu’il a inspirées n’en sont pas moins absconses pour les plus grands érudits. Heureusement le lexicologue Jean Pruvost est là pour nous éclairer.


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Monter sur ses grands chevaux, la formule n’est pas vraiment transparente et on se posera donc plusieurs questions. La première ne surprendra pas. Quel animal a été le plus utile à l’homme ? Buffon y répond dans le chapitre consacré au cheval dans son Histoire naturelle des animaux : « La plus noble conquête que l’Homme ait jamais faite est celle de ce fier et fougueux animal qui partage avec lui les fatigues de la guerre et la gloire des combats », déclare-t-il au cœur du XVIIIe siècle qui n’est pas épargné par les guerres. Quant aux expressions qui concernent le cheval, elles sont nombreuses : échanger un cheval borgne contre un cheval aveugle, avoir une fièvre de cheval, être un vieux cheval de retour, enfourcher son cheval de bataille…

- Cheval, chevaux, la plus belle conquête de la langue française.

Pour la seconde question, on passera par les enfants : quel est l’animal dont le pluriel n’est en général pas respecté par les enfants ? On n’hésitera pas longtemps : « cheval ». Rappelons d’ailleurs pour la petite histoire que lorsque les enfants disent « les chevals » pour « les chevaux », en réalité, historiquement, ils n’ont pas tort. On prononce en effet aujourd’hui chevaux, parce qu’au Moyen Âge les scribes, plutôt que d’écrire chevals, « l » et « s », pour aller plus vite, abrégeaient en remplaçant « l », « s » par un « x » : « chevax ». Or, plus tard, par analogie avec les pluriels se terminant en « aux », on a écrit « aux » et on a prononcé non plus chevals au pluriel, mais chevaux.

- Monter sur ses grands chevaux, un numéro d'équilibriste.

Quant au verbe « monter sur ses grands chevaux », s’il correspond bien à l’usage, son complément peut surprendre… Comment peut-on en effet monter sur deux chevaux à la fois ?
De fait, l’expression se trouve dans notre tout premier dictionnaire de langue française, en 1680, dans le Dictionnaire françois de Richelet, entre « c’est un cheval de carrosse, c’est-à-dire un grand sot », et « il n’est cheval si superbe qui ne bronche, c’est-à-dire qu’il n’y a personne si habile qui ne fasse quelque faute ». Monter sur ses grands chevaux désigne alors le fait(...)


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