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Alfred North Whitehead : sciences modernes et philosophie antique

Bertrand Saint-Sernin, de l’Académie des sciences morales et politiques, présente ce mathématicien métaphysicien

Alfred North Whitehead, mathématicien, logicien et métaphysicien a su concilier la pensée savante du XXe siècle avec les théories platoniciennes. Une preuve d’érudition qui témoigne surtout d’une fantastique audace intellectuelle. L’académicien Bertrand Saint-Sernin nous présente, dans ce cours magistral, l’homme, son oeuvre et sa pensée.


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Whitehead est mathématicien et logicien de profession. Né en 1861, il entre en 1881 à Trinity College, à Cambridge, et y reste jusqu’en 1910. Il enseigne ensuite à l’Imperial College, à Londres. En 1924, il devient professeur de philosophie à l’université Harvard, où il enseigne pendant seize ans. Il meurt aux Etats-Unis en 1947. Son Treatise on Universal Algebra, publié en1898, lui vaut d’être élu en 1903 à la Royal Society. Il est aussi l’un des grands métaphysiciens du XXe siècle.

1. Cosmologie

- Le concept de nature

À ses yeux, les modèles que le mathématicien conçoit font partie de l’univers : dissocier idées et choses est une erreur. Il situe les débuts de sa production philosophique juste après la Grande Guerre en 1919. Il publie en 1920 The Concept of Nature où il se pose la question : comment éviter la dissociation (bifurcation) entre le monde dans lequel nous vivons et le monde dans lequel nous pensons ? Dès ses années de classe à Sherbourne, Whitehead admire les poètes de la nature : ainsi, Shelley et Wordsworth expriment, avec la langue et la perception naturelles, ce que chacun de nous, s’il allait au bout de la connaissance commune, pourrait dire de l’univers. Il déclare : « pour la philosophie de la nature (c’est-à-dire pour la science), tout ce qui est perçu est dans la nature ». La dissociation des caractères perçus en qualités premières et en qualités secondes est donc inappropriée. Whitehead, tout en se situant dans la tradition de l’empirisme anglais, s’emploie à surmonter la réduction du monde perçu à la sphère subjective. Que fait la science, en effet ? Elle détermine les caractères des choses connues, c’est-à-dire les caractères de la nature.
Toutefois, élucider le « concept de nature » exige de mettre au jour les relations complexes qui s’expriment à travers les entités que nous percevons et tentons de comprendre. Whitehead ne se préoccupe pas d’explorer les processus par lesquels la perception et la conception des réalités extérieures se forment dans l’esprit : « La compréhension que cherche à obtenir la science est une compréhension des relations au sein de la nature ».
Dans(...)


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