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Notice sur la vie et les travaux de Jean Foyer par Pierre Delvolvé

Retransmission de la séance de l’Académie des sciences morales et politiques
Retransmission de la séance du lundi 2 mai 2011 au cours de laquelle Pierre Delvolvé a, selon la tradition et la formule consacrée, lu la notice sur la vie et les travaux de son prédécesseur, le juriste et homme politique Jean Foyer, élu à l’Académie des sciences morales et politiques le 5 mars 1984 et décédé à Paris le 3 octobre 2008.


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Référence : ES616
Adresse directe du fichier MP3 : http://www.canalacademie.com/emissions/es616.mp3
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Date de mise en ligne : 22 mai 2011

C’est le président en exercice pour l’année 2011, Jean Baechler, qui a invité son confrère Pierre Delvolvé à lire la notice sur la vie et les travaux de son prédécesseur Jean Foyer. Pierre Delvolvé a donc été accueilli, dans la grande salle des séances des académies, par une brève allocution de Jean Baechler que vous entendrez au tout début de cette retransmission.

Allocution de Jean Baechler, Président de l’Académie des sciences morales et politiques :

« Mon cher Confrère,

Élu le 14 décembre 2009 et introduit dans notre compagnie le 25 janvier 2010, vous avez eu déjà le loisir de relever que notre vie académique a ses mœurs et ses rites. Ils sont rarement sanctionnés par un règlement explicite, sinon dans leur principe du moins dans leur application. Comme tout ce qui est destiné à la sanctification par l’immémorial, nos rites sont nés par rencontre et ont été retenus par l’usage, en raison de leur convenance pratique ou pour leur teneur symbolique. Il m’apparaît que la cérémonie qui nous réunit aujourd’hui vaut avant tout par son côté symbolique. Pour le percevoir dans sa lumière juste, il convient, me semble-t-il, de mettre l’accent sur ce qu’elle n’est pas, plutôt que sur ses expressions positives.

Votre tâche explicite, aujourd’hui, est non pas de prononcer l’éloge funèbre de votre prédécesseur, mais d’en lire la notice, c’est-à-dire de rappeler et de souligner ce qui fut notable dans sa vie, sa carrière et son œuvre. Notez bien qu’il n’est guère question dans cette notion de notice de la trace laissée par le défunt dans la vie académique, mais de la place qu’il occupe désormais dans la mémoire des vivants en proportion de ses mérites et de ses accomplissements. Le devoir qui vous incombe est particulièrement délicat à remplir, car comment saisir en quelques paragraphes la figure et le rayonnement de Jean Foyer ? Vous avez été jugé par vos confrères digne de lui succéder et je ne doute pas que vous saurez relever le défi. Je ne voudrais pas blesser votre modestie et encore moins flatter votre vanité, en soulignant à quel point la confiance que nous avons placée en vous se trouve justifiée par tous les titres que vous pouvez faire valoir... »

- Lire la suite sur le site de l’Académie des sciences morales et politiques
- Puis le président a donné la parole à Pierre Delvolvé devant une assistance nombreuse :

"Avec Jean Foyer au titre de la Section législation, droit public et jurisprudence, l’Académie des sciences morales et politiques a compté un membre qui a combiné heureusement le droit et la politique. Il était prédisposé plus au premier qu’à la seconde. Sa vie et ses travaux l’ont conduit à utiliser la politique pour réaliser le droit et le droit pour faire aboutir la politique. Il n’a pas conçu de « plan de carrière » pour y arriver. Il y a été conduit par des circonstances qui, se produisant comme des hasards, sont vite apparues comme des nécessités.

Ses ascendants, paternels et maternels, étaient de familles de notaires...

(lire la suite sur le site de l’Académie)

Après avoir évoqué la famille, les études au collège et l’apprentissage du chant grégorien auquel Jean Foyer est resté toute sa vie attaché, Pierre Delvolvé a rappelé sa carrière juridique avant d’évoquer sa carrière politique :

« Député, il a toujours assuré ses cours. Il n’a renoncé à enseigner que lorsqu’il fut ministre. La perspective de ne plus l’être lui ouvrait le bonheur de retrouver l’Université. Car l’Université, c’est, ou c’était, la liberté. Il n’est pas nécessaire de faire de l’indépendance des professeurs d’université un principe constitutionnel, surtout si c’est pour en tirer de si faibles conséquences en législation, en jurisprudence et en pratique. Elle est d’abord en eux. Le 23 décembre 1959 , Jean Foyer rappelait à l’Assemblée nationale « la liberté de parole du professeur et l’indépendance de son statut ». Mais aussi, étant à la fois « juriste et universitaire », « un devoir rigoureux d’objectivité » devait l’inspirer. C’est tout autant nécessaire en politique. Il y est entré incidemment, et par le droit. À la Faculté, plusieurs professeurs, dont les frères Mazeaud, « prêchaient la résistance ». Il participa au réseau Orion dont faisait partie Michel Alliot, à la libération de Paris dans une unité dirigée par Jean-Baptiste Biaggi , qui, de la résistance aux Allemands, passa plus tard à une rébellion contre celui qui fut le chef de la résistance. Le Professeur Le Bras, qui, d’un côté, avait reconnu Jean comme un étudiant exceptionnel, de l’autre, lui avait fait porter de la presse clandestine, le désigna à René Capitant, ministre de l’Éducation nationale du gouvernement provisoire, pour le prendre dans son cabinet.

Ce fut le début d’une collaboration qui devait se renouveler à plusieurs reprises, en particulier lorsque, Jean Foyer étant garde des Sceaux, René Capitant présidait la Commission des lois de l’Assemblée nationale. Auparavant, elle avait pu encore s’exercer à l’occasion des travaux menés par un comité d’étude des problèmes de l’outre-mer où allait se constituer avec Françoise Duléry, Michel Aurillac et Alain Plantey, une « bande des quatre » qui se retrouvera en 1958 ; cette même année, il entre au cabinet de Félix Houphouët-Boigny, ministre d’État du Gouvernement constitué par le Général de Gaulle revenu au pouvoir.

Le pli politique était pris. Aux élections législatives de novembre 1958, Jean Foyer fut élu suppléant de Victor Chatenay qui, sur les conseils de Michel Debré, l’avait choisi parce qu’il était de l’autre partie de sa circonscription. Il ne devait pas rester longtemps suppléant : dès mars 1959, à la suite d’une confusion qui valut à Chatenay d’être nommé au Conseil constitutionnel, il devint pleinement député... »

Lire l’intégralité de cette notice sur le site de l’Académie :

A écouter aussi avec Jean Foyer nos émissions :

- Jean Foyer et ses souvenirs de Seconde Guerre mondiale
- Jean Foyer : le droit et le latin
- Sur les chemins du droit avec le Général
- La redécouverte du chant grégorien
- Souvenirs de famille : Jean Foyer, de l’Académie des sciences morales et politiques

Et notre émission avec Pierre Delvolvé : Pierre Delvolvé : enseigner le droit, un métier comme les autres ou un sacerdoce ?






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