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L’impécunieux Balzac et ses expériences gastronomiques
La chronique "Histoire et gastronomie" de Jean Vitaux
Pour Honoré de Balzac l’amour des belles lettres et celui de la bonne chère allaient de pair. Le docteur Jean Vitaux est lui aussi fin gourmet et il décrypte pour nous les pratiques gastronomiques de l’auteur de La Comédie Humaine, oeuvre gourmande de la littérature française.
Honoré de Balzac est un des plus grands écrivains de la première moitié du XIX° siècle. Il nous a laissé la plus ambitieuse des fresques littéraires romanesques de son temps, La Comédie Humaine. La Comédie Humaine est un mélange d'observations, de souvenirs autobiographiques et d'inventions romanesques, donnant un tableau vivant de la société des deux Restaurations et dressant des portraits types qui sont restés proverbiaux.
C'était un provincial monté à Paris où il rencontra le succès. Il resta toujours attaché à sa Touraine natale. Il parla avec amour et regrets des rillettes de Tours dans le collège de son enfance dans Le lys dans la vallée : « Les célèbres rillettes et rillons formèrent l'élément principal du repas que nous faisions au milieu de la journée (...) Cette préparation, si prisée par les gourmands, paraît rarement sur les tables aristocratiques. Je n'avais jamais eu le bonheur de voir étendre pour moi cette brune confiture sur une tartine de pain ». Quand plus tard, il reçut le bon à tirer d'un de ses ouvrages, il "siffla" pour fêter l'occasion quatre bouteilles de Vouvray, vin de son terroir natal auquel il resta toujours attaché.
La vie de Balzac était passablement déréglée : quand il écrivait, il passait quinze heures à sa table de travail, jusqu'à ce que son ouvrage fût achevé. Il mangeait alors des fruits en grande quantité, surtout des poires, dont il était particulièrement friand et du raisin, parfois des œufs et du jambon, et restait alors parfaitement sobre. Il ne buvait alors pas de vin, mais consommait de grandes quantités de café qui lui éveillait l'esprit. Tout changeait après ces périodes d'écriture. Son éditeur Werdet l'a décrit sobre quand il travaillait, et comme un véritable Vittelius quand il mangeait. Balzac a toujours été impécunieux durant sa vie, dépensant plus qu'il ne gagnait. Il avait une peur panique de la prison pour dettes, mais il alla un jour en prison, non par pour dettes, mais parce qu'il refusait de s'acquitter des obligations de la garde nationale. En prison, il se fit donner deux cent francs par son éditeur, et organisa un véritable festin avec celui-ci et des invités choisis. Son éditeur raconte qu'un jour il ingurgita un cent d'huîtres d'Ostende (c'était la mode à l'époque, depuis que Louis XVIII l'avait fait à Gand(...)
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