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Lire Éric Faye (1/3) : Un goût pour l’absurde, la fuite et la disparition

1er volet d’une série proposée par Jean Roulet

Avec le grand prix du roman 2010 de l’Académie Française pour Nagasaki (chez Stock), Éric Faye poursuit un parcours ponctué de prix littéraires. Coup de cœur pour cet auteur de nouvelles dont l’œuvre — déjà une vingtaine d’ouvrages — est marquée par une récurrence de thèmes qui invitent à une approche transversale. Nous lui consacrons une série d’émissions en compagnie du comédien Arnaud Victor. Celle-ci met l’accent sur le thème de la fuite et de la disparition.


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Un poète de l’absurde

Dès ses premières nouvelles Éric Faye s’inscrit parmi les écrivains de l’absurde, bien connu pour être la forme polie du désespoir, une façon non violente de dénoncer par l’humour ce qui ne peut se combattre ni encore moins se changer.
Plus que politique, son refus est existentiel. Ses récits nous entraînent dans des fables métaphysiques. Simplement, elles sont écrites non par un philosophe mais par un poète. Sa prose l’apparente aux symbolistes, sa révolte aux surréalistes. Même distance observée par rapport aux standards habituels du roman. Breton l’eût considéré comme l’un des siens. Nul doute qu’à cinquante ans près il lui eût réservé une place dans son anthologie de l’humour noir.

L’éloge de la fuite

Ayant soumis ses personnages à l’asservissement d’un système, Éric Faye les regarde vivre.
Mais leur vie est-elle encore une vie ?
Si beaucoup se résignent - la ligne de plus grande pente -, l’auteur attend des autres le courage de disparaître. Car là est le courage dans un monde ou tout est conçu pour perpétuer l’absurdité tout en bouclant les issues de secours.

La disparition, mode d’emploi

L’obsession de la fuite va s’installer dans une suite de récits qui voisinent avec le fantastique. Las de l’indifférence des autres ou d’une vie sans surprise, au bout de l’ennui ou au bord d’une vaine révolte, le personnage est donc résolu à fuir et disparaître. Pour ne pas manquer son échappée, il doit jouer de ruse. Ne donner aucun signe avant-coureur d’une fin de course. Il lui faut par exemple, obtenir de sa hiérarchie un banal congé, ou bien, avec ses proches, simuler la routine du quotidien : « Laisse je mettrai de l’ordre… »
Tout doit s’opérer en marge de tout, clandestinement. Il faut prendre ce monde à revers, sans laisser de traces.

À la recherche d’un sens

Éric Faye tisse une thématique bien à lui. Elle se décline tout au long de son œuvre et va s’élargissant à la façon d’un fleuve à mesure qu’elle s’alimente de nouveaux thèmes qui prolongent celui de la fuite.
C’est ainsi que ses(...)


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