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La place particulière des femmes en Europe

Mariage tardif, monogamie et longue vie font de la femme européenne une exception dans le monde, par Françoise Thibaut, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques

A l’occasion de la semaine de l’Europe, Françoise Thibaut revient sur la condition des Européennes dans un monde où priment les droits de l’Homme. La correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques dresse la liste des avancées, mais surtout des lacunes, qu’accumulent nos sociétés dites modernes. Une émission "Point de vue" à partager ou à critiquer...


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Les femmes d’Europe (les Européennes, au sens large, y compris les Américaines du Nord, car les Américains blancs sont des Européens) ont encore beaucoup à revendiquer. Elles ont de nombreux sujets de mécontentement, de frustration, de colère. Parmi elles les Françaises bataillent durement, avec des procédés très divers, pour la reconnaissance de droits, l’abandon de préjugés et d’inégalités. Pour être « reconnues » tout simplement, en tant que femmes, en tant qu’individus à part entière.

Le chemin est long et tumultueux, chargé de l’histoire de siècles sinistres. Mais aussi de périodes moins sombres, et de grandes diversités selon les lieux géographiques, les types de sociétés et de catégories sociales. Les hommes, c’est bien connu, ont peur de ce qu’ils connaissent mal et de ce qui possède un pouvoir hors de leur portée . Pour maîtriser cet inconnu et leur peur, les hommes asservissent les objets de leur crainte : la nature, les animaux, les femmes. Ils éliminent ou maîtrisent. Les femmes sont porteuses d’un inconnu incontournable qui interdit de les éliminer : la perpétuation de l’espèce, le secret de la vie ; donc on ne peut s’en passer. Alors, les hommes les asservissent, les enserrent de règles aliénantes, les enferment, les réduisent parfois à une quasi « inexistence » pour qu’elles ne leur échappent pas, pour qu’elles ne les dominent pas. Ils leurs inventent des pieds minuscules qui ne les portent plus, les parent de crinolines qui les empêchent de passer dans les portes, les affublent d’un régime matrimonial qui leur vole leurs noms, leurs biens, jusqu’à leur intégrité physique. Certes, il existe quelques sociétés où les femmes sont dominantes, mais cela est rare, et continue d’être présenté de nos jours comme une exception.

Bref, tout cela n’est pas très glorieux. Longtemps considérée comme physiquement faible, ou bien mentalement bécasse, exploitable au delà du possible, la femme se délie progressivement de ses chaînes, mais c’est pénible, long, difficile, et toujours remis en cause. Certes, certaines périodes sont favorables : les romaines parfois, certains milieux médiévaux, lorsque les hommes étaient à la Croisade, une brève embellie révolutionnaire…avec toujours cette différence de sort due à la naissance, à l’accès à l’éducation, à la fortune et aux héritages. Ne parlons pas des veuves britanniques exclues de la(...)


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