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Florence Delay, un moment essentiel de ma vie

Extraits de L’essentiel avec... Florence Delay, de l’Académie française . Entretien avec Jacques Paugam.

Avec Florence Delay, de l’Académie française, tout est source de bonheur : l’enseignement, l’écriture, la traduction mais rien n’est aussi essentiel que la liberté, l’oisiveté féconde et la quête d’une vie intérieure... Voici sa réponse à la première question que lui pose Jacques Paugam : Quel est à vos yeux le moment essentiel de votre vie ?


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Florence Delay, élue à l'Académie française en 2000, a succédé à Jean Guitton sur le fauteuil n° 10. Universitaire agrégée d'espagnol, enseignante de littérature générale et comparée, traductrice, essayiste, dramaturge, romancière dont la curiosité et la créativité sont à l'image de sa culture, à la fois impressionnante, originale et éclairée.


- Dans votre itinéraire, votre carrière, quel a été, à vos yeux, le moment essentiel ?

"Je crois que c'est un échec. Je voulais faire du théâtre. A cause du divorce de mes parents, mon père m'a mis un marché en mains : si je choisissais l'agrégation d'espagnol, tradition familiale, il m'offrait un studio. Très bonne décision au fond, car j'ai pu exercer un métier magnifique, l'enseignement. Je remercie mon père."

Dans "Minuit sur les jeux"(1973), elle relate son goût de l'Espagne. La découverte des poèmes de Lorca fait partie de ces étapes qui ont tracé son chemin définitif vers l'Espagne. La littérature espagnole l'a constituée autant que la française. Elle éprouve une passion pour les écrivains espagnols. Avec Calderon, par exemple elle ressent un lien personnel. Elle cite deux titres "La vie est un songe", "le grand théâtre du monde" : "pour moi, ces deux images dramatiques m'ont guidée ; le monde est un théâtre et mon amour du théâtre vient de mon amour du monde, le monde où chacun joue son rôle. En espagnol, il n'existe qu'un seul mot pour dire songe, rêve et sommeil (sueño). Cette confusion est d'une grande fertilité, je la préfère à l'analyse de Descartes".

Autre auteur avec lequel son lien est profond : Bergamín. Florence Delay l'a connu quand elle avait une vingtaine d'années, elle admirait sa radicalité, puis, le temps passant, sont apparues l'acuité mais aussi la cruauté de son intelligence. Ni lutin ni feu follet mais un homme dont les engagements politiques pouvaient mener à l'intransigeance. Son ardeur, son refus des compromis, n'est pas sans rappeler Bernanos. Tous deux ont été des écrivains devant traverser le pire. Bergamín a voyagé jusqu'à Marseille pour remercier l'auteur des(...)


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