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Billet d’Asie : l’île de Tioman, le paradis sur mer

par Françoise Thibaut, correspondant de l’Institut

C’est en Malaysie, dans l’île de Tioman, que nous entraîne Françoise Thibaut, correspondant de l’Académie des sciences morales et politiques et par ailleurs grande voyageuse. Poursuivant sa série de billets qu’elle nous envoie d’Asie, elle sait nous fournir à la fois des anecdotes, des impressions et des éléments d’histoire...


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Tioman est une grande île, plus grande que Singapour, montagneuse, couverte de forêt tropicale, dominant, tout au sud de la mer de Chine un archipel de 5 à 600 îles et îlots. Certains sont de simples cailloux couverts de végétation et d’oiseaux, d’autres sont plats, ornés d’une dentelle de sable très doré. Peu sont habitables, mais offrent de charmants refuges pour de courtes escales. L’ensemble, baigné d’une eau d’une pureté et d’une transparence sans égal, évoque les paysages que l’on trouve aussi au fond du golfe du Bengale, au-delà de Lankawi ou encore dans la baie d’Along. L’archipel appartient à la Fédération de Malaysie (Etat de Johor) qui veille jalousement à la préservation de ce site d’exception. Les ¾ de l’ île et de ses eaux constituent une « réserve » où presque tout est interdit, sauf se promener sur de sinueux sentiers balisés, et, en mer, regarder des poissons qu’il est interdit de pêcher. Une espèce d’antichambre du Paradis, en quelque sorte.

Il est certain qu’un des 2 bateaux commandés par Hyacinthe de Bougainville lors de son expédition en mer de Chine de 1824 fit relâche dans une des accueillantes baies de Tioman. Les marins, éprouvés par une mer difficile pendant des dizaines de jours, eurent hâte de débarquer, croyant avoir trouvé un havre réconfortant : mais la belle était plus farouche qu’ils ne l’imaginaient : le beau sable (très jaune, il est étonnant) cachait d’épineux mollusques, les eaux côtières de joueurs requins, les montagnes, si elles cachaient des sources et d’abondantes cascades d’eau douce, dissimulaient reptiles venimeux, varans peu enclins à la fraternité, une épaisseur de végétation adorée de moustiques aussi assidus que les araignées…
Les navigateurs trouvèrent aussi le long de la côte sud-ouest de l’île de petits villages de pirates, car Tioman, à cause de ses abondantes ressources d’eau douce et ses forêts procurant le bois, était une des bases principales des redoutables pirates malais qui écumaient le Sud de la mer de Chine, bloquaient le détroit de Malacca, rançonnaient nombre de navires marchands prétendant descendre de Calcutta à Singapour pour aller plus loin. Ils attendaient là, bien à l’abri, informés par des feux de signaux, les lourds transports destinés aux Jésuites de Chine ou des Philippines, les chargements précieux venant de Canton ou(...)


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