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L’oeuvre ultime de Matisse : La grande décoration aux masques
1ère émission d’une série animée par Jacques-Louis Binet, correspondant de l’Académie des beaux-arts
Henri Matisse fut à la fois peintre, dessinateur, sculpteur, graveur et architecte. Il vivra pleinement jusqu’à 85 ans, malgré une opération qui le contraint les dix dernières années de sa vie à peindre en restant alité. Jacques-Louis Binet, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie de médecine et correspondant dans la section membres libres de l’Académie des beaux-arts commente pour nous La Grande décoration aux masques, reconnue comme œuvre ultime par le grand critique d’art Pierre Schneider. Cette émission est la première d’une série consacrée à "l’oeuvre ultime" animée par Jacques-Louis Binet.
Texte de Jacques-Louis Binet
Matisse a toujours voulu faire deux choses en même temps : Rechercher l’accord entre des objectifs qui semblaient contradictoires, la couleur et le dessin, l’espace islamique et celui de la perspective, la ressemblance et le signe pour les portraits.
Dans ces trois domaines le critique d'art Pierre Schneider, auteur de Matisse nous entraîne « dans un va et vient, une navette du regard qui les entretisse » .
Pour l'auteur, l’œuvre ultime de Matisse est sans conteste La Grande décoration aux masques de 1952 (situé à la National Gallery of Art de Washington), où les inconciliables se sont conciliés, et ont pu être montrés ensemble malgré leur incompatibilité apparente.
L ’Œuvre ultime de Matisse
La Grande décoration aux masques est une immense gouache découpée – dix mètres de long et trois mètres de haut- débutée en 1952 et achevée un an plus tard.
Ce découpage papier sur toile réunit tout à la fois : les gravures et la quarantaine d’aquatintes exécutées de 1948 à 1953, l’année de sa mort, mais aussi l'’ensemble de ses peintures, de ses dessins et ses sculptures. Matisse l'écrira même à son fils Pierre, en 1953 : « Je crois, vraiment, que c’est mon chef d’œuvre » .
Avec La grande décoration aux masques Matisse a résolu le problème qui l’a toujours hanté : concilier « les inconciliables », accorder couleur et dessin, tache et contour, Orient et Occident, portrait ressemblant ou masque… Il en a beaucoup souffert et s’en est souvent plaint : « Toujours cette même lutte ! » répète-t-il après Gertrude Stein. Grâce à la gravure, Matisse a pu y mettre fin, un an avant sa mort.
Premier inconciliable : couleur et dessin
Le conflit entre la couleur et le dessin, la tache et le contour, n’est pas(...)
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