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Les langues régionales de France : nissart, provençal, languedocien, gascon (12/20)
12 ème émission de la série proposée par la linguiste Henriette Walter
De nos jours, par provençal tout court, on entend en fait provençal maritime, que l’on distingue du provençal alpin (sujet d’une précédente émission). On le distingue également du languedocien, plus à l’ouest, et du nissart, qui est une variété de provençal maritime, à l’est, plus proche des dialectes de l’Italie. Et entre Océan et Pyrénées, on trouve aussi le gascon...
- Le nissart ou niçois
On pourrait préciser que le nissart lui-même est multiple, selon qu'il s'agit de la partie orientale plus proche des dialectes d'Italie, de la partie septentrionale, qui partage certains traits archaïques avec le provençal alpin, ou occidentale, souvent confondue avec les usages du provençal maritime plus généralisé.
- Le souvenir de Mistral
C'est une des variétés de la langue d'oc centrale qui a connu son heure de célébrité mondiale grâce à Frédéric Mistral, qui, avec Mireio, a reçu en 1904 le prix Nobel de littérature.
On sait bien que toutes ces langues jouissaient à l'origine d'une certaine unité, mais la fragmentation était réalisée depuis longtemps lorsque, au milieu du XIXe siècle, six jeunes poètes provençaux, parmi lesquels Frédéric Mistral, se réunissent pour créér le Félibrige, une sorte de Pléiade provençale dont le but était de faire renaître une véritable langue commune, avec comme premier objectif la constitution d'une orthographe unifiée.
C'est que Frédéric Mistral avait été très affecté par les brimades que subissaient au collège les enfants qui parlaient provençal. Il écrivait, en 1867 :
« Je n'aspirais qu'à une chose, venger un jour et réhabiliter cette langue maternelle sacro-sainte que l'on nous apprenait, à force de brocards et de pensums, à mépriser, à oublier. »
Cette phrase de Mistral rappelle la coutume du « symbole » telle que l'a également évoquée Pierre-Jakez Hélias pour le breton.
Pour forger une orthographe commune, il était apparu comme nécessaire de choisir un dialecte de référence, et comme ils étaient tous de la même région, entre Arles et Avignon, c'est tout naturellement que leur choix s'est porté sur le dialecte de Maillane, patrie de Mistral, comme modèle. Pourtant, malgré la célébrité de Mistral, dont Lamartine avait dit :
« Un grand poète épique est né...un poète qui, d'un patois vulgaire, fait un langage classique, d'image et d'harmonie, ravissant l'imagination et l'oreille ; un poète qui joue, sur la guimbarde de son village, des symphonies de Mozart et de Beethoven. » (Alphonse de Lamartine,(...)
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