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La peinture onirique de Lucien Coutaud (1904-1977)

Les peintres du XX esiècle : la chronique de Lydia Harambourg, correspondant de l’Académie des beaux-arts

Lucien Coutaud, artiste de génie, a fréquenté la plupart des grands noms de la scène intellectuelle et artistique de Paris (Pablo Picasso, Jacques et Pierre Prévert, Jean Paulhan, Jean Cocteau, Jean-Paul Sartre..), sans jamais pour autant perdre son indépendance. Illustrateur, graveur, peintre, décorateur pour le théâtre, de nombreuses expositions et rétrospectives dans les plus grands musées ont émaillé sa carrière, dont la dernière en date, "Les tissages du rêve", a eu lieu à la galerie Les Yeux fertiles, à Paris. Dans cette chronique, Lydia Harambourg, correspondant de l’Académie des beaux-arts, retrace la vie et l’oeuvre de cet artiste inclassable.


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Entre peinture et théâtre, Coutaud (né à Meynes, dans le Gard, en 1904, et mort à Paris en 1977) développe un langage onirique dont les résonances poétiques participent des milieux existentialistes de Saint-Germain-des-Prés autour de Boris Vian qui écrit en 1948 dans la revue « Derrière le Miroir » éditée par la galerie Maeght : « Coutaud, homme du Sud, se fabrique son monde et se moque de l’autre ».

Inclassable. Tel est Lucien Coutaud qui sans s’être jamais rallié au surréalisme d’André Breton, demande à sa peinture d’être l’interprète de ses rêves et de ses fantasmes. Il qualifie sa peinture de « surréelle ». Un monde dont il réécrit le réel sous la pression d’un imaginaire nourri de ses souvenirs, de ses rencontres, des lieux aimés. De ses origines occitanes aux rivages normands, de l’espace théâtral au métier de haute lisse -au renouveau duquel il contribue avec Lurçat dès la fin de la guerre-, il crée un monde où le merveilleux et l’étrange tissent leurs métamorphoses visuelles.

Arrivé à Paris en 1924, il fréquente les académies libres de Montparnasse, et est reçu à l’Ecole des arts décoratifs. Sa collaboration avec Charles Dullin l’introduit dans le monde du théâtre qui restera prioritaire. Dès 1942 il rejoint comme décorateur de théâtre la troupe Renaud-Barrault, travaille avec Jacques Copeau, Roland Petit, Serge Lifar. Ce goût pour la fiction caractérise sa peinture au réalisme minutieux et aux couleurs contrastées, gardés de son apprentissage d’orfèvre auprès de son père.
C’est un univers de cités crépusculaires évoquant Kafka, que découvre le public parisien en 1946, aussitôt rattrapé par Raymond Roussel qui lui inspire des pointes qui envahissent ses compositions. Coutaud s’impose rapidement comme l’une des figures majeures de la Jeune Peinture Française, ce que confirment sa sélection à la Biennale de Menton de 1951 et sa présence au sein du Comité du Salon de Mai dont il est un des membres fondateurs aux côtés de Gaston Diehl.

La métamorphose est au cœur d’un monde qui propose plusieurs lectures. Celles des mythes, des paysages et des architectures familiers, de ses villégiatures à Lacoste où planent les mânes du marquis de(...)


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