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L’abstraction panthéiste et janséniste d’Anna-Eva Bergman (Stockholm 1909- Grasse 1987)

Les peintres du XXe siècle, une chronique de Lydia Harambourg.

Anna-Eva Bergman fut avec son mari Hans Hartung, membre de l’Académie des beau-arts, une des figures de proue de la peinture au XXe siècle. L’historienne et critique d’art Lydia Harambourg, correspondante à l’Académie des beaux-arts dans la section peinture, s’intéresse dans sa chronique à cette artiste au parcours riche en rebondissements.


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D’une famille d’officiers, elle suit les cours de l’Académie des Arts appliqués à Oslo où elle a passé son enfance. D’un tempérament inflexible, consciente très jeune de l’engagement qu’elle prend avec la peinture, elle se dote d’un langage irréversible. La malveillance d’un jury de peinture qui s’était permis de recouvrir de craie la surface de ses tableaux dorés à la feuille d’or, la décide à adopter définitivement les feuilles de métal comme une expression picturale à part entière. Anna-Eva Bergman n’est pas femme à se laisser décourager, ni par la bêtise des censeurs, ni plus tard par la poursuite des nazis qui la forcent à se cacher dans les montagnes où elle fait des centaines de photographies. Elle fait face à son destin. Elle se passionne pour la physique, lit les philosophes, étudie la symbolique religieuse en attente de définir l’image du monde. Elle peint des paysages fantastiques et des nus sous l’influence de Munch.



À Paris, où elle arrive en 1929, elle fréquente l’Académie Lhote et fait la connaissance d’Hans Hartung. Le couple se marie en 1931 à Dresde, où Anna-Eva fait sa première exposition. Leurs recherches communes sur la section d’or la font réfléchir sur les solutions qu’offre l’abstraction pour percer le secret de l’univers qu’elle place au centre de sa peinture. Hans et Anna-Eva s’installent à Minorque dans les Baléares où ils vivent jusqu’à la guerre. En 1939, de graves problèmes de santé lui font abandonner la peinture et retourner en Norvège à la suite de sa séparation avec Hans Hartung. Quand elle reprend les pinceaux en 1948, elle s’éloigne de la figuration et tend à une construction géométrique de laquelle elle rejette toute allusion et toute émotion dans des peintures qu’elle expose à Oslo en 1950.



En février 1952 le destin la rattrape et lui réserve un ravissement. Elle arrive à Paris et se rend au Musée national d’art moderne où elle rencontre Hartung. Ils se remarient et ne se quitteront plus. À Montparnasse, le couple compte parmi les peintres qui écrivent la nouvelle école de Paris, avec Bryen, Goetz, Schneider, Soulages.
Le couple est dans un dénuement extrême. Il se rend régulièrement chez Lacourière pour faire de la gravure. Anna-Eva travaille le burin, l’eau-forte et la pointe sèche qu’elle a toujours pratiqués(...)


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