|
|
A23502
Basile de Césarée et Grégoire de Nysse, deux frères hommes de science et philosophes
présentés par Bertrand Saint-Sernin, de l’Académie des sciences morales et politiques
Voici une chronique aussi passionnante qu’un cours d’amphi ! Dans la série "Grandes figures de la philosophie des sciences", le recteur Bertrand Saint-Sernin, de l’Académie des sciences morales et politiques, explique la réflexion et les interrogations de deux hommes de science et philosophes du IVe siècle ap.J.-C., que tous les grands penseurs du Moyen-Age ont cités ou commentés : Basile de Césarée (329 ?-379) et son frère Grégoire de Nysse (330-395 ?), issus d’une grande famille de médecins, qui se donnèrent pour but d’articuler la révélation chrétienne et la science de leur temps.
Le texte ci-dessous, rédigé par Bertrand Saint-Sernin, reprend l'intégralité de ses propos que vous pouvez ainsi lire et écouter en même temps.
I. Révélation et science selon Basile de Césarée
Dans ses neuf Homélies sur l’Hexaéméron, Basile décrit les six « jours » de la création. Son livre, achevé, pense-t-on, en 370, fut traduit en latin par Eustathe à la fin du IVe siècle et saint Augustin utilisa cette traduction dans Genesin ad litteram vers 401. L’ouvrage, au cours du Moyen Âge, est cité par Isidore de Séville, Bède le Vénérable, Thomas d’Aquin, etc.
Observer la nature
Basile est un botaniste : son dessein est de relier l’enseignement des Écritures et la science, c’est-à-dire la médecine de Galien. Il raisonne ainsi : dans le livre de la Genèse, il est dit que Dieu a créé l’homme « à son image et à sa ressemblance. La parole créatrice « devint comme une loi de la nature, et demeura dans la terre pour lui donner, à l’avenir, le pouvoir d’engendrer et de fructifier ». » Il est donc légitime de penser que l’esprit humain peut pénétrer, au moins dans une certaine mesure, les phénomènes naturels. Ainsi, Basile sait que beaucoup de plantes terrestres sont hermaphrodites, qu’elles « ont à l’intérieur(...)
© Canal Académie - Tous droits réservés
|