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Michel Déon, de l’Académie française : "Les poneys sauvages ? j’ai corrigé quelques défauts" !

Entretien avec l’académicien à propos de la réécriture de son livre... et de quelques souvenirs

Michel Déon nous explique ici les motivations qui l’ont amené à se pencher à nouveau sur son ouvrage "Les poneys sauvages" qui a enchanté trois générations depuis sa première édition en 1970. A l’occasion de sa réécriture et de la nouvelle réédition dans la prestigieuse collection blanche de Gallimard, l’auteur confie, pour notre grand plaisir, bien d’autres souvenirs...


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"Je ne suis pas du tout un voyageur, je suis, -c’est ainsi que Paul Morand m'avait qualifié dans un article- un « nomade sédentaire », c'est-à-dire que je vais dans un pays, je m'y installe, j'essaie d'apprendre plus ou moins la langue, de connaître sa littérature, sa musique et sa cuisine, les choses absolument indispensables, ce qui demande du temps… Je me suis ainsi installé en Grèce, en Italie très longtemps, beaucoup au Portugal et finalement même aux Etats-Unis. Je ne me prends pas du tout pour un voyageur, d'ailleurs je n'aime pas tellement le voyage, j'essaye de l’éviter au maximum ; en revanche, je tente plutôt de comprendre l'esprit d'un pays, ses mœurs, ses habitudes, son passé, les secrets de sa langue, de sa musique, de ses mots. Connaître les gens, cela ne se fait pas en un voyage de 48 heures ! La recherche de l'autre, comprendre ce qui vous lie à ces gens-là, pourquoi votre curiosité s'est dirigée là, cette relation s’opère souvent par le biais des livres, de la littérature, de la poésie, de la musique. "

Souvenir du loup qui m'a mordu avenue Mozart...

"Je suis né à Paris, d'un père parisien et d'une mère quasi parisienne. Je me suis souvenu d'une chose que je n'avais pas oubliée mais reléguée à l’arrière[lan comme minime : nous habitions dans le XVIe de Paris, avenue Mozart. A l’âge de quatre ou cinq ans, je fréquentais à un petit cours où j'appris à lire en une quinzaine de jours seulement. Dans une classe supérieure, il y avait une jeune fille qui habitait le même immeuble et qui avait l’habitude de me raccompagner. Elle me prenait par la main et nous revenions en descendant l'avenue Mozart, puis elle me déposait devant chez moi. Un jour, au cours de notre chemin-retour, je suis tombé ; rien de grave, je me suis ouvert un peu le genou, je saignais. Nous arrivons à la maison. Ma mère voyant que ce n'était pas très grave, exagérait à plaisir l’incident : « mon pauvre petit, c'est affreux, que t'est-il arrivé ? » Je lui répondis : « nous sommes sortis de l'école, et avenue Mozart, j'ai été attaqué par un loup qui m'a mordu mais j'ai trouvé un bâton et je l'ai tué, et je suis revenu avec Yvonne qui me tenait la main ». Evidemment on aurait pu me dire « petit menteur, fabulateur, cet enfant est fou… » Mais pas du tout. Le soir, mes parents m'ont dit : « Merveilleux, mon petit garçon comme tu es gentil,(...)


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