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Les mésaventures des Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar...

par Bertrand Galimard Flavigny, bibliophile et bibliologue

Marguerite Yourcenar s’était vu refuser son manuscrit "Antinoüs" qui devait devenir "Les mémoires d’Hadrien" ! Ce n’est là qu’un épisode des mésaventures de cette publication... Bertrand Galimard Flavigny, en amateur de versions originales, en a découvert une, dédicacée de la main de l’académicienne à André Malraux. Une histoire qui finit bien somme toute !


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Répondant à une question de Jacques Chancel, à propos de sa présence dans ses œuvres, Marguerite Yourcenar (1903-1987) avait simplement dit : « Non. J’y suis un peu comme dans le théâtre chinois, à la manière des fonctionnaires vêtus de gris qui se promènent au milieu des personnages ». La première académicienne française ne s’est rendue à l’Institut de France que deux fois, en 1980, pour y être présentée et pour y être reçue. Ce fut un évènement très mondain et un peu littéraire. Elle repartit ensuite pour son île dans le Maine aux Etats-Unis où elle avait choisi de vivre dans un quasi anonymat et ne revint plus. Là-bas, les habitants la croisaient et lançaient : « Hello, Marguerite ! » Ce n’était certainement pas « Petite Plaisance », sa maison toute blanche de Northeast Harbour qui pouvait être comparée à la Villa Hadriana. Ce fut lors d’une visite à Tivoli, avec son père en 1924 qu’elle eut l’idée d’évoquer l’empereur. Plus exactement l’ami de celui-ci Antinoüs. Deux ans plus tard, elle déposait chez Fasquelle, un manuscrit intitulé Antinoos qui lui fut refusé.



Cela ne la découragea pas, elle reprit la plume et publia, après deux recueils de poèmes, son premier roman et le dernier qu’elle ait signé du pseudonyme « Marg Yourcenar », Alexis ou le Traité du vain Combat (Au Sans Pareil, 1929, in-16, carré). Et avec la régularité d’un métronome, elle sortit un titre par an. André Fraigneau qui était directeur littéraire chez Grasset et qui publiait alors les ouvrages de Marguerite Yourcenar, racontait que chaque année, Bernard Grasset consultait les registres de vente. L’éditeur considérant les quelque 800 exemplaires de ses livres vendus dans l’année, levait les bras au ciel et s’adressait à Fraigneau : « Mon petit, qu’est-ce que nous faisons ? » - « Monsieur, de toute façon, c’est la qualité » - « Eh bien, si c’est la qualité, allons-y ». C’est ainsi que Marguerite Yourcenar, au bout du compte totalisa une cinquantaine de titres. Le plus célèbre d’entre eux, s’intitule Les Mémoires d’Hadrien. Nous avons eu(...)


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