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Objets d’art : La table et les couverts
Une chronique de Bertrand Galimard Flavigny
Ne trouvez-vous pas étrange que l’on désigne les cuillers, couteaux et fourchettes sous le nom générique de « couverts » ? Bertrand Galimard Flavigny explique ici l’origine de cette appellation, rappelant qu’on ne met pas la table mais qu’on la dresse. Voici pourquoi...
Il est tout de même surprenant que l’on désigne les cuillers, couteaux et fourchettes sous le nom générique de « couverts ». Les dictionnaires se montrent assez laconiques en la matière. Pour eux, parmi les plus récents, ces éléments plus les assiettes, les verres et les plats sont tout ce dont on couvre la nappe. Les plus anciens dictionnaires, si l’on peut dire, dans le même vocable la nappe qui recouvre la table et le buffet.
Et si l’on se penchait sur cette mauvais habitude de verser du poison dans les plats afin d’éliminer un suzerain, vassal ou autre personnage familier importun ? Durant la période médiévale, afin de se prémunir contre tout danger et de rassurer ses hôtes, on couvrait ledit plat d’un linge avant de procéder au service et distribuer à l’aveugle la nourriture dans leur écuelle. C’était le service « à couvert ». Quant à la table, en fait un plateau porté par des tréteaux, autour de laquelle on prenait ses repas, elle était dressée selon l’humeur ou au gré des besoins dans telle ou telle pièce, auprès des meubles lourds, coffres ou armoires, que l’on ne déplaçait pas. C’est la raison pour laquelle on dresse la table, on ne la met pas.
Les tréteaux, objets d'art eux aussi !
Les tréteaux n’étaient pas de simples bouts de bois sans apprêt. La svv Aguttes en a vendu une paire au décor gothique flamboyant. « Les deux façades adoptent la même disposition, explique l’expert Bruno Perrier. Sur la base en accolade s’élève un triangle découpé à jour. Un registre de lancettes géminées porte une rose centrale : soufflets et mouchettes s’y disposent en hélice autour d’une petite fleurette. Des fleurons la surmontent, dans un cadre de lancettes. Sur les parties pleines, des motifs feuillagés trilobés ornent les écoinçons. Cependant les deux tréteaux ne sont pas identiques. Le gothique n’a pas le goût de la symétrie. Il inféode certes le décor à la structure, mais laisse libre l’exécution du modèle. Art virtuose, il articule en courbes et contrecourbes les lancettes, soufflets, mouchettes, roses et fleurons, tous ornements dont la forme et la composition engendrent le mouvement. » Ces deux pièces, (: H. : 86 cm – L. : 60 cm P. : 80 cm) en bois de chêne, datés du XV° siècle, plus un plateau rapporté, ont été adjugés 29.040 € le mercredi 22 décembre(...)
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