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Le geste libre d’Hans Hartung au sein de l’aventure abstraite

Les peintres du XX e siècle, une chronique de Lydia Harambourg

Peintre majeur de l’abstraction lyrique, Hans Hartung (1904-1989) est à l’origine de l’abstraction gestuelle et du tachisme après la Seconde guerre mondiale. L’historienne et critique d’art Lydia Harambourg, correspondante à l’Académie des beaux-arts dans la section peinture, s’intéresse pour sa première chronique sur l’histoire des peintres du XX e siècle à l’académicien disparu en 1989 qui était membre de l’Académie des beaux-arts.


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Figure pionnière de l’abstraction lyrique, il est reconnu comme le père du tachisme. Il est à l’origine de l’abstraction gestuelle qu’il a contribué à imposer sur la scène artistique française après 1945.
Hartung est né à Leipzig en 1904 dans une famille de médecins, musiciens amateurs dont il hérite une sensibilité musicale, et une curiosité qui va du baroque à la musique dodécaphonique, en écho permanent à sa peinture.
Sa vocation précoce dont il a lui-même raconté la genèse (in Autoportrait, Grasset, 1976) s’enracine dans l’instinct, la fulgurance et le signe.
Tout commence dès sa petite enfance. Il est âgé de six ans. Hans raconte :
Sur un de mes cahiers d’écolier, j’attrapais au vol les éclairs dès qu’ils apparaissaient. Il fallait que j’ai achevé de tracer leur zigzag sur la page avant que n’éclate le tonnerre. Ainsi je conjurais la foudre. Rien ne pouvait m’arriver si mon travail suivait la vitesse de l’éclair. Ils [les éclairs] m’ont donné le sens de la vitesse du trait, l’envie de saisir par le crayon ou le pinceau, l’instantané, ils m’ont fait connaître l’urgence de la spontanéité.


La passion du dessin ne le quittera plus. Il fait ses études de lettres classiques, de philosophie, d’histoire de l’art à Bâle, Leipzig, Dresde et Munich.

Dès 1922, apparaissent les tracés noirs et les taches colorées constitutifs de sa pratique, qui se développera entre volonté et hasard.
Vous faites encore vos horribles taches d’encre pour former le sujet lui disent ses professeurs.
J’aimais mes taches....Ces taches qui peu de temps après, devaient demander leur autonomie et leur liberté entière. Quelle joie ensuite de les laisser libres de jouer entre elles, d’acquérir leur propre expressivité, leurs propres relations, leur dynamisme sans être asservies à la réalité.


Le jeune Hans se passionne pour l’astronomie et construit son propre télescope grâce auquel il observe des fragments du réel, dont l’apparence abstraite anticipe sur ses futures préoccupations plastiques. Il s’intéresse aussi à la photo qu’il pratiquera toute sa vie. Un complément indispensable qui lui permet de fixer l’éphémère, des(...)


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