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Tout se joue à droite. Une chronique de François d’Orcival

de l’Académie des sciences morales et politiques

L’académicien journaliste François d’Orcival, reprend ici, au micro de Canal Académie, la chronique qu’il donne, le samedi, dans Le Figaro Magazine. Cette semaine, il examine à la loupe quelques pronostics et envisage différents cas de figure pour la prochaine élection présidentielle.


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Les tambours de 2012 ont précédé Dominique Strauss-Kahn au sommet du G20. Ils le donnent en tête au premier tour et bon vainqueur au second. On sait ce que valent ces pronostics, mais la photographie de l’opinion a un sens. Et n’est pas sans surprise. Prenons le sondage de l’Ifop « France Soir » (18 février) sur le premier tour. Onze candidats, une hypothèse Martine Aubry, une autre avec DSK. Dans la première, la candidate socialiste est à 22 (derrière Sarkozy, 23) ; dans l’autre, le candidat du PS grimpe à 26 (devant Sarkozy, 22). Avec Aubry, Marine Le Pen est à 20 ; avec DSK, elle reste à 19.

Mais qui a vu que lorsque Martine Aubry est la candidate PS, les concurrents de droite (Sarkozy, Le Pen, Villepin…) totalisent 51,5% des voix (Bayrou étant à part avec ses 8%), contre 39,5% pour la gauche ? Et même quand c’est DSK, le total des voix de droite est encore de 47,5% - non compris les 7% de Bayrou - contre 45,5% à la gauche. Chaque fois, la droite domine, sans présumer du comportement des électeurs de Bayrou. Ainsi, tout candidat de gauche, Aubry, DSK ou un autre, ne peut être élu au second tour que grâce à des voix de droite du premier (cas de Mitterrand en 1981 et en 1988).

La question posée à Nicolas Sarkozy n’est donc pas de savoir qui il aura en face de lui à gauche, mais le score que fera Marine Le Pen. Elle ne fait plus peur à droite. C’est là qu’elle puise ses voix et, comme son père, dans les catégories les plus populaires (32% chez les employés, 34% chez les ouvriers). Elle attire à elle quasiment le double de ce qu’obtiennent les autres. En revanche, DSK recrute chez les retraités, les cadres, les « bobos ».

Que signifie voter Marine Le Pen aujourd’hui ? Exprimer un mouvement d’exaspération et de rejet. Pas seulement un vote identitaire, sur l’insécurité ou l’islamisme, c’est un vote constamment alimenté par l’actualité : le débarquement des exilés clandestins tunisiens sur une île italienne, par exemple, quand on vend ici « l’espoir » né de leur « révolution », la remise en liberté par un juge de Draguignan de trafiquants de stupéfiants à peine arrêtés, les campagnes insidieuses d’associations écologistes subventionnées contre les agriculteurs ou la condamnation de notre confrère Eric Zemmour pour le priver de parole, etc. Nicolas Sarkozy ne peut pas ignorer que dans le débat final, ces sujets-là feront la différence.(...)


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