Le Club

Découvrez le club Canal Académie et créez votre compte dès maintenant pour profiter des avantages, des exclusivités, des services...

Découvrir le Club

L’essentiel avec... Jean Didier Vincent, de l’Académie des sciences

Le neurobiologiste, auteur de "La biologie des passions" est l’invité de Jacques Paugam

Jean-Didier Vincent est un scientifique remarquable à la fois en raison de la qualité et de l’originalité de ses travaux en neurobiologie et en raison de sa volonté d’établir un lien avec un vaste public à travers la publication d’une vingtaine d’ouvrages dont La biologie des passions ou son audacieux Le Sexe expliqué à ma fille. Il répond ici aux sept questions essentielles posées par Jacques Paugam pour traiter de la foi dans un monde meilleur, l’amour d’autrui ou la découverte scientifique...


Bookmark and Share

Jean Didier Vincent est membre de l’Académie nationale de médecine et de l’Académie des sciences où il a été élu le 18 novembre 2003 dans la section biologie humaine et science médicale.
Interrogé sur le moment, à ses yeux, essentiel, de son itinéraire professionnel et de sa carrière, il répond :

JDV : "Il y a eu plusieurs rencontres. Je n’étais pas destiné à la médecine. J’ai été élevé dans un collège protestant et j’avais pour maître un ancien ambassadeur qui avait le malheur d’exercer ses fonctions pendant le gouvernement de Vichy et qui était un peu en exil. Il était protestant. Ce maitre, monsieur Morriz, qui avait sa propriété dans le voisinage, me destinait à Normale Supérieure. Mes parents ont eu des revers de fortune à ce moment-là et, très prudente, ma mère a décidé que je serais médecin. Car il apparaissait que les médecins n’avaient pas de possibilités de se ruiner comme cet homme terrible qu’elle avait épousé. Je n’ai pas pu la contrarier. Je me suis retrouvé en médecine et il se trouve que la neuropsychiatrie m’a permis de rencontrer un chercheur assez étrange, un penseur original, Jacques Faure. Et je me suis lancé dans la recherche alors que j’étais interne dans des services de clinique. J’ai exercé la profession de neuropsychiatre avec un plaisir de plus en plus important mais la recherche m’a permis d’échapper à la psychanalyse. C’est la première chose qu’il faut signaler".

JP : Quand vous-êtes vous dit pour la première fois que nos structures neuronales expliquaient nos réactions affectives ?

JDV : "J’ai toujours cette ambigüité avec le réductionnisme, le fait de tout ramener à des phénomènes hormonaux. Avec mon patron, nous avons été des pionniers en matière de neuro-endocrinologie, c'est-à-dire les interactions entre les glandes, les hormones et le cerveau. Cela nous donnait une conception du cerveau complètement différente du cerveau-réflexe qui était à l’époque à la mode. Déjà c’était une première difficulté. La seconde difficulté tenait à ce que j’étais réfractaire à la psychanalyse. J’avais l’impression d'une intrusion dans ma vie affective et secrète. Accablé par mon éducation protestante avec un sens du péché très développé, je n’ai pas osé la psychanalyse. Tous mes camarades qui étaient comme moi chefs de clinique, allaient se(...)


© Canal Académie - Tous droits réservés

Notez cette émission :

Pour poursuivre la lecture de cet article et écouter cette émission,
devenez membre du Club pour 25€ par an seulement ! abonnez-vous ici Déjà abonné ? identifiez-vous

Commentaires