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Jean-Marie Rouart, de l’Académie française : La guerre amoureuse

Une réflexion sur les poisons de l’amour. Entretien avec Jacques Paugam

Jean-Marie Rouart raconte dans son livre La guerre amoureuse la lente dérive d’un homme entraîné dans une aventure sadomasochiste par une belle étudiante aux allures d’ingénue... Comment explique-t-il qu’une femme puisse faire souffrir un homme ? Dans quelle mesure exprime-t-il sa vision personnelle de l’amour ? Réponses au micro de Jacques Paugam.


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Notre invité, Jean-Marie Rouart, reçu à l’Académie française le 12 novembre 1998, a publié chez Gallimard un roman sombre, profond, aux accents parfois raciniens : La guerre amoureuse. Sa belle étudiante fait atrocement souffrir le narrateur du roman qui devient de plus en plus lâche. Tout en étant au moins conscient d’une chose : sa lâcheté. Et le plus étonnant c’est l’ivresse qu’il éprouve dans l’abaissement.

J.M R : Cela fait partie des poisons de l’amour. Il y a dans ces moments où l’on souffre, où l’on tombe dans les abîmes du cœur, des moments de désespoir, et d'autres où une petite lumière s’allume. On se dit que l’on vit plus intensément que les autres, que l’on est une sorte d’élu et que l’on partage ce que la poétesse Anna de Noailles appelait « l’honneur de souffrir ». Ce privilège de la sensibilité d’être un amoureux, un passionné, donne une sorte d’ivresse. L’amour donne un éclairage sur tout ce que nous sommes ; il révèle non seulement notre sensualité mais notre amour de la vie, notre désespoir aussi. Mon héros s’est inventé une passion. Cette femme est-elle réelle, est-elle imaginaire ? Ce qui est fascinant dans l’amour, c’est ce phénomène de création. L’amoureux invente un personnage à partir d’éléments réels.


A propos du masochisme, Jean-Marie Rouart cite la phrase : « Le masochiste s’avilit pour élargir la distance entre lui et l’idéal". Selon lui, cette question du masochisme – de ce désir de souffrir que l’on retrouve chez Dostoievski, chez Proust-, fait partie d’une forme d’érotisme.

Rouart se révèle fasciné par la beauté des femmes surtout lorsque cette beauté est associée à la pureté et l’innocence même si ce n’est qu’une apparence. Il aborde aussi l'image de la mère, belle et protectrice, avec cette phrase terrible : « Avec l’amour d’une mère, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne tient jamais. »

J.M. R :(...)


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