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Alain Besançon : la religion de Flaubert

Entre histoire des religions et mépris des Eglises : Une communication à l’Académie des sciences morales et politiques
Flaubert avait le sens du sacré mais le mépris des Eglises et des prêtres ! Il aborde le christianisme en historien -sa culture sur l’histoire des religions est vaste. Pourquoi la religion qui occupe une large place dans ses oeuvres, est-elle absente de l’Education sentimentale ? Alain Besançon se penche sur tous les livres de l’écrivain pour le découvrir à la fois tenté par la religion et la rejetant... et s’interroge au final : que nous dit cet auteur et ses écrits sur l’essentiel humain ?


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Référence : ES598
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Adresse de cet article : http://www.canalacademie.com/ida6575-Alain-Besancon-la-religion-de-Flaubert.html
Date de mise en ligne : 6 février 2011

Alain Besançon commence par rappeler qu’il a traité ce sujet dans l’un des chapitres de son récent ouvrage "Cinq personnages en quête d’amour. Amour et religion" en soulignant le fait que la religion qui abonde dans les ouvrages de Flaubert, est ostensiblement absente dans l’Education sentimentale, alors que l’époque, celle de Louis-Philippe, déborde de piété. Or, dit Alain Besançon, "le jugement de Flaubert sur la religion commande son jugement sur l’amour. Ils sont parallèles jusqu’à la condamnation finale de l’un comme de l’autre".

Puis il cite deux lettres de Flaubert, la première (en termes crus) à Louis Bouilhet de Jérusalem (20 août 1850) et celle du même jour à sa mère. "Je vois dans cette double lettre un concentré du rapport de Flaubert à la religion..." dit Alain Besançon qui distingue quatre traits constants :
- Flaubert aborde la religion sous l’angle historique (et non pas sous l’angle philosophique ou métaphysique).
- il réfléchit sur le Christ (alors que la figure de Celui-ci se détache peu au cours du Moyen-Age et au Grand-Siècle.)
- il a un mépris définitif des Eglises et des prêtres dont il fustige la bêtise ! "Son anticléricalisme est sans faille"
- Cependant, il éprouve un vague désir de religion, obsédant.

Alain Besançon est ainsi amené à examiner de près des titres comme "La Tentation de saint Antoine", "Bouvard et Pécuchet", "Un coeur simple" et, nous l’avons dit, "l’Education sentimentale".

Au fond, Flaubert reste-t-il un mystique sans religion ? "Je suis un mystique qui ne croit à rien" a-t-il écrit. Alain Besançon explique en quel sens il faut entendre cette déclaration.

Puis il conseille : "l’évolution des conceptions religieuses de Flaubert, si jamais elles furent des conceptions déterminées, se lit en suivant ses deux veines principales : la "romantique" ou antique, et la "réaliste" ou moderne".

Comme "La Tentation" (dont il détaille les scènes) est l’histoire d’une descente, Alain Besançon a été amené à réfléchir sur d’autres "descentes", celles aux enfers antiques, et celles plus modernes de la "caverne intérieure" (le freudisme).

Il en vient à la figure du prêtre telle que Flaubert la décrit par exemple dans Salammbô : "Le prêtre des anciennes religions est un sujet poétique. Le prêtre catholique, lui, est cerné d’un trait épais de vulgarité prosaïque. Rien de divin autour de lui. Par lui-même, il crée un vide spirituel. Il coupe court à l’imagination poétique. Il n’est bon qu’à exercer la satire romanesque". Et en effet, beaucoup de prêtres grotesques composent le monde de Flaubert. Ce mépris-là le rapprochera d’ailleurs de George Sand.

Alain Besançon s’attarde également sur "Bouvard et Pécuchet" lesquels reprennent de façon sécularisée les mêmes "tentations" que celles de saint Antoine car ils passent par les tentations culturelles de l’époque. Puis il évoque "Saint Julien l’Hospitalier", où il lit de nombreux fantasmes freudiens, terminant son analyse par "Un coeur simple".

"Il n’y a pas de doute, conclut-il, que Flaubert ait été hanté toute sa vie par un grand rêve religieux. Il n’y a pas non plus de doute qu’il ait été hanté par un grand rêve d’amour. Ils remplissent sa vie et imprègnent son oeuvre. Ces deux rêves ont été censurés dans sa conscience."

Pour aller plus loin :

- Lire l’article d’Alain Besançon dans la revue "Commentaire" n° 132.

- prochainement (à partir du 14 février 2011), Canal Académie vous offrira une interview d’Alain Besançon sur son livre "Cinq personnages en quête d’amour" publié aux éditions de Fallois.






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