|
|
ES598
Alain Besançon : la religion de Flaubert
Entre histoire des religions et mépris des Eglises : Une communication à l’Académie des sciences morales et politiques
Flaubert avait le sens du sacré mais le mépris des Eglises et des prêtres ! Il aborde le christianisme en historien -sa culture sur l’histoire des religions est vaste. Pourquoi la religion qui occupe une large place dans ses oeuvres, est-elle absente de l’Education sentimentale ? Alain Besançon se penche sur tous les livres de l’écrivain pour le découvrir à la fois tenté par la religion et la rejetant... et s’interroge au final : que nous dit cet auteur et ses écrits sur l’essentiel humain ?
Alain Besançon commence par rappeler qu'il a traité ce sujet dans l'un des chapitres de son récent ouvrage "Cinq personnages en quête d'amour. Amour et religion" en soulignant le fait que la religion qui abonde dans les ouvrages de Flaubert, est ostensiblement absente dans l'Education sentimentale, alors que l'époque, celle de Louis-Philippe, déborde de piété. Or, dit Alain Besançon, "le jugement de Flaubert sur la religion commande son jugement sur l'amour. Ils sont parallèles jusqu'à la condamnation finale de l'un comme de l'autre".
Puis il cite deux lettres de Flaubert, la première (en termes crus) à Louis Bouilhet de Jérusalem (20 août 1850) et celle du même jour à sa mère. "Je vois dans cette double lettre un concentré du rapport de Flaubert à la religion..." dit Alain Besançon qui distingue quatre traits constants :
- Flaubert aborde la religion sous l'angle historique (et non pas sous l'angle philosophique ou métaphysique).
- il réfléchit sur le Christ (alors que la figure de Celui-ci se détache peu au cours du Moyen-Age et au Grand-Siècle.)
- il a un mépris définitif des Eglises et des prêtres dont il fustige la bêtise ! "Son anticléricalisme est sans faille"
- Cependant, il éprouve un vague désir de religion, obsédant.
Alain Besançon est ainsi amené à examiner de près des titres comme "La Tentation de saint Antoine", "Bouvard et Pécuchet", "Un coeur simple" et, nous l'avons dit, "l'Education sentimentale".
Au fond, Flaubert reste-t-il un mystique sans religion ? "Je suis un mystique qui ne croit à rien" a-t-il écrit. Alain Besançon explique en quel sens il faut entendre cette déclaration.
Puis il conseille : "l'évolution des conceptions religieuses de Flaubert, si jamais elles furent des conceptions déterminées, se lit en suivant ses deux veines principales : la "romantique" ou antique, et la "réaliste" ou moderne".
Comme "La Tentation" (dont il détaille les scènes) est l'histoire d'une descente, Alain Besançon a été amené à réfléchir sur d'autres "descentes", celles aux enfers antiques, et celles plus modernes de la "caverne intérieure" (le freudisme).
Il en vient à la figure du prêtre telle que Flaubert la décrit par exemple dans Salammbô : "Le prêtre des(...)
© Canal Académie - Tous droits réservés
|