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Alain Besançon : Cinq personnages en quête d’amour

Promenade dans quelques grands textes littéraires, autour de l’amour et de la religion, avec l’académicien des sciences morales et politiques

Amour et aventure sont les deux gonds sur lesquels roulent les passions humaines ! S’attachant à l’amour, Alain Besançon nous fait relire quelques chefs d’oeuvre de l’Odyssée à l’Education sentimentale. Selon lui, le monothéisme, rendant l’individu responsable de ses actes, a modifier la façon d’aimer... On se laisse avec plaisir guider par l’académicien dans le labyrinthe des histoires d’amour et de littérature.


D'emblée, Alain Besançon nous avertit : cet essai n'est pas une étude savante mais une promenade littéraire, un voyage avec étapes, dans quelques unes des grandes oeuvres dans lesquelles amour et aventures se cotoient. Mais, laissant de côté les aventures, il s'attarde sur les relations d'amour, entre amants ou entre époux. Son regard, original et personnel, nous fait découvrir autrement des personnages que nous pensions connaître : Ulysse et Pénélope, David et Bethsabée, Tristan et Yseut, Julie la Nouvelle Héloïse, et le Frédéric de l'Education sentimentale.
L'auteur ne s'interdit aucune référence à d'autres oeuvres et c'est ainsi qu'il nous renvoie à Ovide autant qu'à Saint Augustin, à Rousseau, à Wagner ou à Dostoïevski.

Sa "thèse" (si l'on peut ainsi qualifier l'argument sur lequel il revient plusieurs fois au cours de cet essai) c'est que la religion monothéiste, le Dieu de la Bible, a introduit une nouvelle façon d'aimer... "Dans le monde grec et latin, la faute est rejetée sur les dieux. Or, dans le récit biblique, elle ne peut être rejetée sur Dieu. D'où une extraordinaire différence de résonance... Il n'y a aucune raison d'aimer les dieux de la Grèce. Ni d'espérer qu'ils vous aiment... le Dieu de David est redoutable...mais simultanément, il est miséricordieux. Il s'ensuit un considérable élargissement de l'âme... Y prennent place la conscience, l'interrogation sur la faute, la supplication, la joie d'être gracié..."

Alain Besançon l'avoue ici : il se délecte des cavernes ! Entendez des "descentes aux enfers" descentes antiques et initiatiques comme celle d'Héraklès, d'Enée ou de Dante, ou descente plus "positiviste" telle celle de Jules Verne au centre de la terre... et plus moderne, comme celle proposée par Freud, à l'intérieur de soi, qui n'offre en vérité qu'un leurre ! "Les hommes souffrent d'un embouteillage interne qui se traduit en symptômes, en névroses... La cure est un "do it yourself". Elle dégage un plaisir : celui qui sourd d'une longue, d'une interminable contemplaction de soi-même. L'automatisme des associations libres procure une sorte de cinéma permanent, dont le patient est le scénariste, le metteur en scène, l'acteur principal et le spectateur".

Il s'interroge aussi sur le fait que Flaubert, qui met de la religion dans toutes ses œuvres et dans toutes ses histoires d'amour, ne l'évoque même(...)


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