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Dans Actualité et Société, la chronique de François d’Orcival, de l’Académie des sciences morales et politiques :


Francfort, plus 16, Paris, moins 2 … Une chronique de François d’Orcival.

de l’Académie des sciences morales et politiques

François d’Orcival reprend ici, au micro de Canal Académie, la chronique qu’il donne, le samedi, dans Le Figaro Magazine. Cette semaine, l’académicien nous fait part du classement effectué par les marchés sur nos places financières. Classement difficile à accepter. Il en ressort que la France n’inspire ni confiance ni méfiance...


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La distribution des notes de fin d’année a eu lieu. Celles que les marchés attribuent à nos places financières. Rien n’est dû au hasard. En tête du classement : l’Allemagne, son indice de Francfort a gagné 16% en 2010 ; derrière elle, les Etats-Unis, où New York s’est appréciée de 11%, et quasiment ex-æquo, le Royaume Uni, dont l’indice a augmenté de 10,35%. Les moins bons sont sans surprise les places européennes qui ont chahuté l’euro : Athènes est la plus sanctionnée (- 35%), suivie par Lisbonne (-10), Madrid (-7) et Dublin (-3). Une sanction quasiment proportionnée à la vigueur des efforts de remise en ordre des finances publiques. Et la France ? Elle fait moins 2. Exceptés ceux qui n’ont acheté que des valeurs de luxe et d’automobile, les investisseurs et épargnants qui ont placé leurs capitaux à Paris ont perdu de l’argent l’an dernier. Alors que les Allemands, les Américains, les Britanniques (et les Suédois aussi) en ont gagné.

On aurait pu croire qu’avec la mondialisation et la circulation des capitaux à la vitesse d’Internet, il n’y aurait plus qu’un seul marché : mais non. Les marchés ne sont pas aveugles. Ils font confiance à la politique financière de l’Allemagne, à l’assainissement de ses comptes, à la puissance de son industrie ; de même ils parient sur la capacité de rebond de l’économie américaine, et ont salué la nouvelle équipe aux commandes à Londres, engagée dans le redressement rapide d’une situation budgétaire quasi désespérée (-11% de déficit, le pire du G20). Peu après la présentation des futurs budgets, les taux d’intérêt ont baissé, et les capitaux ont afflué. Le chancelier de l’Echiquier, George Osborne, a expliqué sa politique d’une phrase : « Franchement, vivre aux dépens de l’Etat n’est plus un choix possible. »

A moins 2, la France n’inspire ni confiance ni méfiance. Ni la confiance en ce qu’elle dit, ni la méfiance à l’égard de ce qu’elle fait. Les marchés n’ont pas tranché. La diminution de la dette et des déficits est engagée ; certes, par une certaine baisse des dépenses, mais aussi par des impôts supplémentaires. Pourtant, Edouard Balladur l’a encore rappelé : « Le plus dangereux pour la croissance, c’est la hausse des impôts. C’est la réduction des dépenses qui est prioritaire… » Et que fait-on cette année? Ceux qui ont(...)


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