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Mme de La Fayette ou Les tourments de la passion au XVIIe siècle

"Figures du Grand Siècle", une série proposée par Yves-Marie Bercé, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

Yves-Marie Bercé, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, évoque Mme de la Fayette (1634-1693) et ses « Questions d’Amour ». La Princesse de Clèves et la Princesse de Montpensier furent les premiers romans d’analyse de la littérature française et restent des modèles du genre. « Anciens » ou « Modernes », romantiques ou réalistes, tous les grands écrivains français ont vibré à ces chefs d’œuvre. Camus disait : « pour Mme de La Fayette l’amour est un péril. C’est un postulat. » Pourquoi cette peur de l’amour chez Mme de La Fayette ? Pourquoi ces analyses de la passion dévorante nous touchent-elles toujours au XXIe siècle ?


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Mme de La Fayette: une « précieuse » pas ridicule


Née à Paris, Marie-Madeleine Pioche de La Vergne reçut une éducation soignée, à la fois littéraire et mondaine. Son père, gentilhomme passionné de littérature, mourut en 1649 et sa mère se remaria avec l'oncle de la Marquise de Sévigné, qui devint son amie intime. Elle fut l'élève du grammairien Ménage et fréquenta de bonne heure les Salons, en particulier l'Hôtel de Rambouillet. En 1655, elle épousa le comte de La Fayette, qu'elle accompagna sur ses terres d'Auvergne où le retinrent d'interminables procès. En 1659, elle choisit de vivre à Paris où son amitié avec Henriette d'Angleterre, future duchesse d'Orléans, lui permit de pénétrer les cercles intimes de la royauté. Elle se consacra, alors, à l'éducation de ses deux enfants, aux relations mondaines et à la littérature.
Dans ce milieu aristocratique et lettré, Mme de La Fayette fut le type même de la femme savante sans être pédante et de la précieuse, nullement ridicule.


L'auteur du premier roman moderne

Sur les quelques cinq cents écrivains que compta le XVIIe siècle, il fut peu de femmes. Le préjugé à l'encontre des femmes savantes était fort. Si « écrire et être femme » était un peu inconvenant, « publier et être femme » était résolument scandaleux: il n'y fallait pas songer! Aussi Mmes de Scudéry et de La Fayette dissimulèrent-elles leur production littéraire derrière la signature d'un homme.
Marie-Madeleine de La Fayette publia en 1662 La Princesse de Montpensier, sous le nom de Segrais - un de ses amis lettrés- et en 1670, toujours sous le nom de Segrais, un roman précieux, Zaïde, précédé d'un Traité de l'Origine des Romans, par Huet.
En 1678 son chef-d'œuvre, La Princesse de Clèves, suscita l'admiration dès sa parution et fit éclore un mythe qui perdure depuis trois siècles: le premier des romans modernes était né.
« Mme de La Fayette a eu raison pendant sa vie. Elle a eu raison après sa mort » disait Mme de Sévigné.
A partir de 1720 parurent, à titre posthume, trois ouvrages de sa main: une(...)


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