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Louis-Philippe : l’autre roi maudit

Restauration ou réparation ? Arnaud Teyssier est l’invité de Christophe Dickès

Arnaud Teyssier redore le blason terni d’un roi oublié. Louis-Philippe, marqué par son hérédité, reste dans la mémoire des Français comme un roi maudit, descendant d’un traître, Philippe Egalité, qui a voté la mort de son cousin, Louis XVI. Mais cantonner précisément le roi des Français à son hérédité serait une erreur. Arnaud Teyssier nous montre avant tout qu’il fut "réparateur" d’un ordre français plutôt que le "restaurateur" d’un passé révolu.


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Louis-Philippe : son nom est entré dans le langage courant pour désigner un physique ou un objet de mauvais goût… Il faut dire que son hérédité ne plaide pas pour lui : fils de Philippe Égalité qui vota la mort du roi, Louis-Philippe a souffert toute sa vie de cette ombre paternelle admirablement décrite par la maîtresse du duc d’Orléans, Mme Elliot. Or le père et le fils sont bien différents. Louis-Philippe nous apparaît d'abord bien plus intelligent et garde étonnamment à l’égard de ce mouvement révolutionnaire un recul étonnant.

En dépit de son éducation éclairée par le siècle des Lumières, Louis-Philippe apprend en contemplant la déferlante révolutionnaire sur ce pays où ne se trouvaient que « déshonneur et malheur sur malheur. ». Il tire deux leçons de cette désolation. Il comprend d’abord qu’en temps de crise, il faut savoir faire preuve d’autorité, « prendre un parti et s’y tenir ». Il comprend aussi que la crise française résulte d’une impréparation des élites : « Une des principales sources des malheurs de la Révolution a été l’ignorance complète et générale de la conduite que chacun devait tenir dans une semblable crise ; et cette ignorance était commune aux hommes de tous les partis et de toutes les opinions. Il n’y avait plus de devoirs clairement définis. »

Le sens du devoir est précisément ce qui constitue, d'après son biographe, le fondement de l’œuvre et de l’action politiques de Louis-Philippe. Mais le traumatisme révolutionnaire, le sens du tragique qui domine notre personnage, génèrent en lui une prudence excessive et une forme de résignation qui lui seront fatale. Malgré tout, son devoir ne l’empêche pas de tout faire pour « réparer » la France, moins la restaurer tant l’idée de retour en arrière lui apparaît comme une forme d’anachronisme à rebours. Même s’il prend la mesure du nouveau rôle de l’opinion publique, les journées de 1848 lui rappellent néanmoins la fragilité d’une œuvre face à ce rouleau compresseur que sont les passions révolutionnaires.

Pour Arnaud Teyssier, le roi a été perdu lui aussi par « une humanité excessive, une défiance inconsciente à l’égard de sa propre légitimité ». Il s’est attribué un péché(...)


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