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Les mille et une nuits, une nouvelle traduction pour La Pléiade

présentée par André Miquel, ancien professeur au Collège de France

André Miquel explique le travail de traduction entrepris par lui et Jamel Eddine Bencheikh sur Les Mille et une nuits pour la collection La Pléiade. André Miquel est historien et géographe, spécialiste de la langue et de la littérature arabes.


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Sur la naissance du recueil plane le plus épais mystère. Le premier témoignage connu du Xème siècle de notre ère. Il est dû à un savant, Mas'ûdî, qui évoque un ouvrage intitulé Alf khurâfa (Mille récits extraordinaires), mais connu du public sous le titre Alf layla wa-layla : Mille Nuits et Une Nuits. Une chose est sûre : pour les Arabes, le livre est étranger. On parle d'Alexandre le Grand comme d'un possible initiateur. L'Inde a eu sa part dans l'affaire, et l'Iran semble avoir joué le rôle décisif. Le recueil, bien sûr, est anonyme : les Nuits sont une œuvre de compilation. Leur histoire est donc celle d'une acclimatation assez réussie pour que ces contes puissent figurer dans la panoplie culturelle de l'honnête homme. Pourtant, les Nuits vont connaître une longue éclipse. Elles ont pu payer le prix d'une oralité trop marquée, ou, ce qui est plus grave, passer pour un poison : par la diversité de leurs origines, ces récits seraient étrangers à la pensée et aux lettres arabes, et à l'islam. Ils ont, il est vrai, de ce point de vue, un défaut majeur : les auteurs des contes font parler les bêtes, imaginent des métamorphoses, mettent en place mille fantasmagories ; le tout va à l'encontre du dessein de Dieu, à qui est réservé le privilège de toute création.

Eclipse, donc, mais non disparition. Ecartées du trésor des savants, les Nuits vont circuler en coulisse, notamment en Egypte, comme une littérature de seconde zone. Puis vient le temps de la redécouverte. Au début du XVIIIe siècle, un érudit français, Antoine Galland, découvre le conte de Sindbâd de la Mer. Il s'informe, apprend qu'il appartient à un ensemble plus vaste et finit par recevoir de Syrie un manuscrit qui date sans doute du XVe siècle et qu'il va traduire à partir de 1704. C'est le texte fondateur de la carrière universelle des Nuits. Le succès est immédiat, considérable, constant. Des traductions fondées sur celle de Galland paraissent dans de nombreuses langues européennes. Bientôt, le monde entier lit Les Milles et Une Nuits. Trois cent et un an après Galland, Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel proposent une traduction nouvelle, intégrale, appelée à faire date. Elle comptera trois(...)


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