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La destinée exceptionnelle d’un « demi-roi » : Epernon, le mignon favori d’Henri III

"Figures du Grand Siècle", une série proposée par Yves-Marie Bercé, historien moderniste et membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres

Le duc d’Epernon (1554-1642), compagnon d’Henri III et d’Henri IV, homme de guerre et homme d’État, fut l’un des principaux personnages de la cour de France, pendant soixante ans. L’incroyable ascension de ce cadet de Gascogne, au caractère « malcommode » mais comblé de charges et d’honneurs, est digne des romans de cape et d’épée. Yves-Marie Bercé, historien moderniste, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, poursuit ici sa série sur de grands personnages méconnus des XVIe et XVIIe siècles, et nous permet de comprendre qui était ce "mignon" à la personnalité hors pair.


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Adoré parfois, détesté souvent, et craint -toujours- Epernon servit trois rois et une régente avec sa fougue et sa pugnacité, certes! mais aussi ses colères et ses revirements. Sa longévité, exceptionnelle elle aussi, participa de sa renommée. Il eut, en effet, la chance de vivre sous plusieurs règnes, donc pendant des conjonctures politiques extrêmement différentes. La puissance de son caractère lui permit de s'adapter à toutes les situations et de servir de « mémoire vivante » auprès des jeunes générations. Il est important de constater qu'il bénéficia, de son vivant, de plumes favorables. Les écrivains -Brantôme et Guez de Balzac, entre autres- lui consacrèrent des textes glorifiant son charisme de meneurs d'homme et ses qualités de chef de guerre. Ces témoignages d'hommes de lettres attestent que c'était, vraiment, une personnalité hors pair.




De la Gascogne à la « petite bande » d'Henri III

La famille du futur duc d'Epernon était issue de la petite noblesse catholique du sud-ouest. Son grand[ère et son père, Pierre et Jean de Nogaret de La Valette, seigneurs du château de Caumont en Gascogne, combattirent lors des Guerres d'Italie. Selon la tradition familiale, Jean Louis embrassa la carrière militaire et participa aux batailles des guerres de religion : Mauvezin avec son père en 1570, puis le siège de La Rochelle (1573) et ceux de La Charité sur Loire et d'Issoire (1577). Dès 1573, le jeune Jean Louis n'eut de cesse de se faire remarquer à la cour du duc d'Anjou, le futur Henri III.
Dans les bivouacs de campagne, il s'appliqua à dresser sa tente personnelle le plus près possible de celle du prince. Il dépensa une fortune considérable dans l'apparat, très luxueux, de son campement et de son équipage. Ces opérations de prestige et de vanité réussirent fort bien : Anjou, devenu Henri III en 1574, en fit un de ses plus proches amis.


« Henri III : mon maître, mon tout »

Epernon aima profondément Henri III et fut toujours fidèle au souvenir de ce royal protecteur à qui il devait tout.
Les mignons du dernier roi Valois étaient des gentilshommes de sa génération, catholiques, beaux, talentueux et indéfectiblement fidèles. Un ensemble de qualités qui égayaient et rassuraient le souverain, conscient des dangers qu'il encourait en raison des déchirements politiques et religieux du royaume. Entre Henri III et ses(...)


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